HISTORIQUE DE LA MALADIE
La poliomyélite est connue depuis fort longtemps. Dès 1840, Heïine la désignait sous le nom de paralysie infantile. Mais à cette époque, on pensait que seule la moelle était intéressée. Puis, en 1887, Médin, un Suédois, l’étudia admirablement et vit que le bulbe et la protubérance pouvaient être atteints. Il en remarqua le caractère épidémique. Mais alors, se basant surtout sur ce caractère épidémique, on voulut voir dans cette maladie infectieuse et épidémique üne affection différente de la paralysie infantile et il fallut attendre les épidémies terribles de 1905 en Suède et en Norvège pour constater l’identité morbide de ces deux maladies, qu’il serait aussi exact d’appeler Maladie de Heine-Médin. Depuis 1905, on eut à regretter de grandes extensions de cette maladie, à New-York en 1907 et dans bien des villes de l’Amérique du Nord. Puis c’est en Autriche en 1908, en Allemagne et en France en 1909. Et depuis, ce sont les épidémies de Westphalie, de Roumanie et surtout d'Angleterre, où elle semble se fixer avec prédilection. La Yougoslavie en 1932, la Nouvelle-Zélande en 1936,
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et surtout la Suède en cette même année, avec ses 3.041 cas, n’ont pas été épargnés. En France, elle a sévi également et peut-être surtout depuis quelques années. On se souvient encore de cette épidémie qui sévit en 1934 dans l’Anjou où on observe de nombreux cas. Depuis, il est courant de voir des poliomyélites dans notre région, surtout vers la fin de l'été et le mois de septembre semble être privilégiés. Fréquemment, les malades se trouvent au bord de la mer au début de leur affection. L'action de l’eau joue-t-elle, ou la clientèle cosmopolite permet-elle un contage plus grand ? Il serait intéressant de le savoir.
Rappelons enfin que c’est en Suisse que Contat fit ses travaux, et que dans l’année 1936, il y fut déclaré 1.263 cas et 1.494 en 1937, alors qu'auparavant, au cours des dix années précédentes, la moyenne était de 160 cas.