USAGE DU CHEORATE DE POTASSE
Depuis fort longtemps, le chlorate de potasse a eu la faveur de nos devanciers qui l’employaient surtout comme topique sur les muqueuses et notamment sur la muqueuse bucco-pharyngée.
Le sel découvert par Berthollet à la fin du xwm: siècle était entré en 1796 dans le domaine de la thérapeutique. Fourcroy en 1796, et Bouchardat en 1839, l’étudièrent spécialement. B. Thomas l’avait employé aussi dans les angines malignes. Mais il était à peu près tombé dans l’oubli lorsque Blache, reprenant les expériences que Hunt et West avaient faites en 1847 avec ce médicament dans le traitement de la gangrène de la bouche, et dans celui de la stomatite couenneuse, fut amené à l'essayer dans le traitement de l’angine couenneuse et du croup, et c’est en 1856 que nous en voyons une première et excellente étude
faite par Isambert, interne de Blache. Les résultats
dans l’angine ulcéro-membraneuse furent excellents. Et Trousseau lui-même reconnaît ce médicament comme « pouvant rendre de grands services dans
langine diphtérique ».
EN
En 1877, Seeligmüller accuse « d’homicide par imprudence » les médecins qui n’emploieraient pas le chlorate de potasse à hautes doses contre la diphtérie. Cancalon également emploie cette méthode avec succés en 1893. |
Peut-être, depuis ce temps, le chlorate a-t-il perdu sa faveur auprès d’une partie du corps médical. Toujours est-il que, depuis, nous assistons à une recrudescence de la maladie de Heine-Médin. Autrefois, elle ne se voyait que sous forme de petites épidémies sporadiques qui, à cette époque, n’étaient pas considérées comme épidémiques. [ serait peut-être osé d'affirmer qu’au fur et à mesure de l’abandon -du chlorate de potasse, on ait assisté à une recrudescence du virus neurofrope, mais en tout cas, il est toujours
permis d'en émettre l’hypothèse.