DE L'HOMME OPULENT
Le passage rapide de la poussière d'un hameau, à l'habitation d'un palais magnifique, ne lui a pas permis de connoître aucune des nuances de la politesse, des convenances de la société.
Cf. St-Evremond, St-Evremoniana : « La fortune met l'homme dans l'état de pure nature^ c'est-à-dire dans la tranquille possession de tous ses défauts. Crispin si sage dans sa misère, si officieux et si plein d'égards, qu'à peine est-il parvenu, qu'ayant quitté toutes ses bonnes inclinations, il se fait connoître tel qu'il est : il parle d'un ton impérieux, il gronde, il insulte, il s'en va allumé de colère, on ne peut le retenir, il éclate en marchant, il s'enferme et devient inexorable, il ne craint personne, et dit hautement qu'il a la force à la main ; enfin Crispin possède tous
ces défauts ; et sa fortune est le titre de sa possession. »
Le désintéressement^ V occupation de grands objets peuvent faire négliger les affaires domestiques et ne rendent que plus propres à celles du gouvernement.
Cf. La Rochefoucauld : « Il y a de la diflFérence entre un esprit utile et un esprit d'affaires ; on peut entendre les affaires sans s'appliquer à son intérêt particulier : il y a des gens habiles dans tout ce qui ne les regarde pas, et très malhabiles dans tout ce qui les regarde ; et il y en a d'autres au contraire qui ont une habileté bornée à ce qui les touche, et qui savent trouver leur avantage en toutes choses. »