‹ Considérations sur l'état présent du Canada [microforme]Chapitre 4 sur 6 · EN · texte numérisé non relu

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Observations Dans le nombre des marchandises qui viennent d'Europe, pour api le commerce de pelleteries, il y en a quelques-unes qu’on tire de ere pr dE l'étranger : comme les tavelles, les vermillons, et surtout de certains ee ls draps fabriqués en Angleterre. Les Sauvages du Canada employent

: les écarlatines angloises à faire des couvertes qui leur servent d’habillemens et de parure. Ces draps sont teints partie en rouge, partie en bleu presque noir, et la consommation de ces derniers est la plus forte, parce que les femmes et les hommes en font également usage. Ceux et celles qui veulent plaire, ou qui sont dans Paisance, ajoutent au bas de ces convertes plusieurs bandes de ruban ou de tavelle de différentes couleurs ; les Sauvages les plus pauvres, car depuis que les Européens se sont établis en Amérique, les Sauvages connoissent la pauvreté, se contentent d’une couverte blanche de quatre points et demi, qu’ils barbouillent avec du vermillon. Les écarlatines entrent donc nécessairement dans les présens que le Roy fait aux Sauvages, et c’est un tribut que nous payons aux Anglois. Pourquoi faut-il que nous soyons à cet égard dans la dépendance de leurs manufactures, tandis que nos habitans en Languedoc pourroient les imiter ? Déjà nous les avons supplantez, dans le Levant, non-seulement par le bas prix et le long terme auquel nous avons donné nos draps, mais encore par la variété de nos couleurs que ne peuvent imiter les teinturiers de Carcassone, qui se sont depuis perfectionnés au point qu’ils rivalisent dans leur teinture toutes les couleurs de la nature et de Part. Echoueronsnous dans les écarlatines seules ?

Je n’ignore pas que l’on a fait, à cet égard, plusieurs efforts infructueux ; mais le mauvais succès en est venu de ce que dans ces tentatives les fabriquans ont moins cherché à imiter la qualité des draps, qu’à en faire qu’ils puissent donner au même prix que les Anglois : économie mal entendue qui toujours a ruiné les établissemens nouveaux.

Lorsque Colbert voulut former des manufactures de draps en Languedoc, il fit payer, par la province, à chaque entrepreneur d’une manufacture royale, 3000 livres par an, et à chaque habitant parti-

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Blier une gratification de dix livres par pièce de drap. Quel a été l’Europe, pour 4 ffet de mesures si bien prises ? à peine, avant ce ministre, faisions- * qu’on tire de Æêus passer 100 pièces de drap chaque année dans le Levant ; il en out de certains “Misse actuellement aujourd’hui 80,000 pièces. Cette fabrication

ada employent Même à si fort augmenté qu'il a fallu fixer Pindustrie, et fixer des i leur servent eines à chaque manufacture ; en sorte que les habitans sacrifieroient artie en rouge, L lonticrs la gratification de 10 livres par pièce, et qu’ils donneroient es derniers est “Mésque autant pour en fabriquer plus qu’il ne leur est prescrit. ont également ose avancer que si l’on suit le même esprit, il en sera de même des

dans laisance, c rlatines angloises, Il a été envoyé Pannée dernière, à cet égard, e ruban ou de #@8s mémoires et des échantillons à des fabriquans. Les commen-

pauvres, car M@Bmens sont coûteux et dificiles : mais que le ministre prenne que, les Sau- pbjet à cœur ; que la cour récompense, ou au moins indemnise, verte blanche "feux qui voudront tenter l’imitation des écarlatines en tout point, du vermillon. ‘@halité, largeur, couleur, et lizière, nous les atteindrons, nous les s présens que rpasserons même : car le génie du François est d’imiter parfaitepayons aux “ilent sans pouvoir être que contrefait.

gard dans la Ron | , r ‘ Passons maintenant à un article mal connu, mal représenté à habitans en

s supplante l Cour, et négligé en Canada, mais qui pourroit être de la plus LC Le Z ! , | .

né Es fande importance pour cette Colonie, et pour l'Etat : la construc- 5 e | 4 it des vaisseaux.

la variété de P0n pin ohi

Carcassone, } [y a une Construction royale établie à Québec ; le Roy y entreent dans leur ent un Constructeur en chef, et tous les ouvriers nécessaires ; Echouerons-

“ais cette construction est aujourd’hui décriée, et l’on dit que le Roy va la faire cesser pour les raisons suivantes :

sieurs efforts e que dans r la qualité prix que les les établis-

En premier lieu, on prétend que les vaisseaux bâtis à Québec oûtent beaucoup plus que ceux bâtis dans les ports de France ; ais on m’ajoute pas que ce n’est qu’en apparence, attendu qu’il Passe sur le compte de la construction beaucoup de dépenses qui D’y ont aucun rapport.

2 En second lieu, que ces vaisseaux jusqu’à présent ont été de ps en Lan- dès-peu de durée ; d’où Pon conclut que les Lois du Canada ne neur d’une

itant parti-

alent rein,

Détails sur la Construction Royale établie à Québec.

Pour juger sainement de la qualité de ces bois, il faut entre dans le détail de ce qui en regarde la coupe, le transport à Qué bec, et l’employ à la construction.

di ; Premièrement : Les bois du Canada sont extrêmement droits us sur l'em- . .

ploy des bois Ce n’est qu'avec beaucoup de peine qu’on trouve dans leurs ragine du Canada des bois tords, propres à la construction.

Deuxièmement. Jusqu’à présent on n’a exploité que les Chè nières les plus voisines des rivières, et conséquemment situées dan les lieux bas, à cause de la facilité du transport.

Troisièmement. Les bois sont coupés en hiver ; on les traîne sur la neige jusques au bord des rivières et des lacs ; lorsque k fonte des neiges et des glaces a rendu la navigation libre, on les me en radeaux pour les descendre à Québec, où ils restent longtem dans l’eau, avant d’être tirés à terre, et où ils en contractent un mousse qui les échauffe ; encore imbibés d’eau, ils sont exposé dans un chantier à toute l’ardeur du soleil de l’été ; l’hiver qui succède les couvre une seconde fois de neige, que le printems fai fondre, et ainsi successivement jusqu’à ce qu’ils soient employés ; enfin, ils restent deux ans sur les chantiers, où de nouveau ik essuyent deux fois extrémité du froid et du chaud qu’on sent dans ce climat.

Cause du peu Voilà les causes du peu de durée de ces vaisseaux. de durée des vaisseaux qu’on y construit.

Si on coupoit les bois sur les hauteurs ; s’ils étoient transportés à Québec dans des barques ; si on les garantissoit des injures du tems dans des hangards, et si les vaisseaux ne restoient qu’une

année sur les chantiers, il est évident qu’ils dureroient plus long» tems. Dans la démolition de ceux qui ont été condamnés en

France, on a reconnu que les bordages s’étoient bien conservés, et qu’ils étoient aussi bons que ceux qu’on tire de Suède ; mais que les membres en étoient pourris. Est-il étonnant que les bois tords pris à la racine d’arbres qui avoient le pied dans Peau, qu’on n’a pas eu attention de faire sécher à couvert, s’échauffent quand ils se trouvent enfermés entre deux bordages ?

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