Denis, / lèes morales de l’antiquité
J.A GHÈCK.
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au moins la pairie dans la personne de leurs maris et de leurs fils ! Devons-nous croire que le bruit de la place publique les laissait impassibles, muettes, et que les hommes rentrés sous le toit domestique excluaient tout à fait de leurs préoccupations journalières celles qu'ils y retrouvaient, mères, épouses, filles ou sœurs! Cela n’arrivait sans doute guère plus que chez nous. Pourquoi nous représenter à distance les choses si différentes de ce qu’elles sont dans le présent, alors qu’en tous lieux les hommes ont tant de ressemblance? Les différences étalées à la surface sont plus frappantes, les analogies enve. loppées dans la substance même de l’humaine nature veulent être approfondies. Il est vrai : des femmes hommes d'Élat, Athènes, Sparte, Corinthe n’en connurent point; toutefois Clytemnestre gouverne Argos. Et les perspectives restent ouvertes largement du côté de la femme émancipée. Aspasie inspire Périclès, Socrate lui rend visite et s’entretient avec elle ; sa maison est le rendez-vous d’Athènes cultivé. Nous entretenons à présent les femmes libres sans guère nous entretenir avec elles. C’est qu’une Aspasie, et même une Phryné, gardent quelque chose d’athénien : l’art , la philosophie , l’intelligence et la beauté les environnent, elles s’en laissent pénétrer, et pour plaire — c’est partout leur métier— il faut qu’elles charment des hommes que leur culture a rendus difficiles. Nous sommes devenus moins exigeants, et nous allons droit à l’hétaïre sans passer par Aspasie et par Phryné. Encore l’hétaïre, celle de Corinthe, recevaitelle une éducation comme telle 1 ; n'arrivait pas en ce