si Cite antique, par M. Fustel de Coulanges
début de toute organisation sociale, lorsque les éléments rudimentaires de la société, les familles, tendaient à s’associer en tribus pour fonder le village ou la cité d’où l'état futur devait sortir. Chez les peuples agriculteurs qui débutèrent par la vie nomade et pastorale, et les Perses étaient de ceux-là, l’origine patriarcale du culte laisse des traces plus vives du passé dans le présent. Ne faudrait-il pas attribuer en partie à ces origines la plus grande douceur du sacerdoce dans l’Inde et dans l’Iran?
Le feu joue un rôle prédominant chez les deux peuples, il forme un objet primitif de leur adoration; le feu, c’est la lumière et la chaleur, le feu c’est la flamme du foyer, le feu c’est la vie. « Les Perses, dit Hérodote, tiennent le feu pour divin; » Xénophon le désigne sous le nom de Vesta et l’associe aux dieux suprêmes Ormuzd et Mithra. Plus tard, apparemment vers le quatrième siècle avant notre ère, des édifices furent élevés au feu devenu le dieu visible; le cérémonial, la liturgie, les formes extérieures envahirent le culte, tandis que, par une conséquence dont l’histoire des religions nous offre l’invariable spectacle, l’autorité du prêtre s'aggravait au détriment de la religion même. Le formalisme religieux est le matérialisme dans la religion, elle matérialisme est la mort de l'esprit. Lorsque, après la chute des Sassanides, le parsisme eut vécu, l’autorité du prêtre ne laissait plus rien à souhaiter. Le Sadder (les cent portes), livre du quinzième ou seizième siècle, nous le montre qui étend son pouvoir sur tous les détails de l’existence ; il est devenu le directeur des consciences, on lui paie la dîme. Il tient les clefs du ciel qu’il n’ouvre qu'à bon escient ; «Si le destour
L’ORIENT
n'est pas content de toi, tu n’entreras pas en paradis. » Quand le prêtre s’est définitivement emparé des clefs du paradis, il possède l’hommo mais la religion est morte.
Telle était néanmoins la force du spiritualisme dans la religion deZoroastre, que l’entassement des pratiques et les épaississements successifs du dogme n’ont pu avoir raison tout à fait chez les Perses de la substance psychologique; le noyau primitif et sa saveur se retrouvent encore, même aujourd'hui, sous les mortelles enveloppes qui le recouvrent.
Ormuzd et Ahriman se disputent l’homme, ils combattent avec leurs légions autour de lui, pour lui, en lui; proie désignée de leurs combats, il sera le prix de la victoire. Ainsi que Dieu et Satan dans le livre de Job et dans le prologue de Faust, ils semblent avoir parié à qui l’emportera : la religion des Perses est un drame religieux dont la scène est le monde. Mais Ormuzd est tranquille, il connaît sa force plus grande, et le fidèle sait aussi qu’ Ahriman ne prévaudra pas dans son cœur s’il s’appuie sur celui qui est la force, s’il reste dans les voies de celui qui est la lumière, s’il nourrit son âme de celui qui est la pureté, s’il obéit aux commandements de celui qui est la suprême loi et le Bien personnifié.
«Je t’invoque, Ormuzd, le grand, rayonnant et brillant, glorifié par la lumière — parfait — excellent — pUr — tout-puissant — omniscient — dont le corps est pur au-dessus de tout — dont la pensée n’est que le bien môme — source de toutes joies — qui me donne ce que j’ai ; fort et efficace, qui alimentes toutes chosés, et pardessus tout’ plongé dans une gloire inexprimable 1 »
« Qui créa les voies du soleil et des étoiles, dit l’une des
plus anciennes hymnes du laçna, qui donne à la lune sa croissance et la fait se dissiper? Qui soutient la terre et les nuages au-dessus d’elle, qui nourrit les eaux et les prés et les arbres, qui prête aux vents leur rapidité? Qui créa les bonnes lumières et les ténèbres, qui créa la bonne chaleur et les frimas? Qui créa l’aurore, le soir et la nuit? Qui créa Armaiti (la terre) la grande abondante en fleuves, qui soutient le bis et l’élève quand le père meurt, sinon toi, Ormuzd! Toi-même, la pureté, saint entre tous, esprit universel, toi fonds de tous les vivants! »
• « Je loue le créateur Ormuzd, le rayonnant, très-bon et très-grand, très-parfait et très-fort, très-sage et trèsbeau, qui se revêt d’un vêtement orné d’étoiles, chez lequel nulle part l’on ne trouve de fin... »
« J’invoque Ormuzd et Mithra, les sublimes immortels, les purs.
« Lève-toi, soleil éclatant, avec tes chevaux rapides, élève-toi au-dessus du Hara Berczaisti et brille aux yeux des créatures dans le chemin qu’Onnuzd t’a frayé dans les airs... » « Mithra s’élève, le premier des dieux célestes, sur la montagne au levant, traîné par des chevaux rapides, il se place sur les beaux sommets avec leurs pointes dorées. »
NigUt’t candies are burnt out, and jocund day.
Stands tij'toe on the tnisly mountain tops. 1
Mithra est l’Apollon des Perses, amoureux comme les Grecs de la lumière, joie et pureté du monde matériel. La joie et la pureté du monde immatériel, n’est- ce pas la vérité du bien possédée au fond de l’ême que n’obscurcit