I. Sliakspeare, Romeo et Juliette
L’ORIENT
point le mensonge : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. »
« J’invoque, est-il dit au début du Zend-Avesta, j’invoque le créateur Ormuzd, le lumineux!... Je vénère toutes les créations de l'être saint et céleste, cette terre et ce ciel, le souille pur du vent, ce pays, cette maison, et le lieu où le blé est mis en réserve, avec le jardin et les animaux. Je vénère tous ceux qui sont purs et les maîtres de la pureté. Je vénère et j’invoque celui qui a été donné à ce monde, donné contre les dévas, Zoroastre, le maître de la pureté, et la pure parole de Zoroastre notre maître. Je vénère tous les esprits dignes de vénération dans le ciel et sur la terre, qui sont invoqués dans la pureté et que l'on doit vénérer. O toi qui as été donné à ce monde contre les dévas, ô Zoroastre, si je t’ai oll'ensé avec ou sans ma volonté en pensée, en action, en parole, je répète de nouveau cette louange à ton honneur... »
« Je vénère tout ce qu’Ormuzd a pensé de pur et de bon, tous ses dons, tout ce qu’il a de saint, de lumineux, d’éclatant et de parfait, où que ce soit, les créatures de la vie, la pureté, la lumière dont la splendeur partout se répand et qui se communique à tout. »
S’élever dans la lumière et dans la pureté, c’était monter vers Ormuzd. Celui qui avaiten soi augmenté la pureté et la lumière, entrait au royaume des esprits purs après la séparation de l’âme et du corps. Dans la troisième nuit qui suit le trépas, aussitôt que l’éclatant soleil a paru et que le victorieux Mithra a posé ses pieds étincelants sur les sommets, les âmes arrivent à l’entrée du pont de la récompense conduisant à la demeure des dieux bienfaisants. Là, le dernier acte du drame religieux s’ac-
complit; les dieux et les dévas se disputent les âmes; celles-ci sont jugées, Ormuzd les interroge et scrute leur vie. Les pures, dont les dévas craignent le parfum — odeur de sainteté — passent le pont, elles entrent dans la félicité, dans la pureté, dans la lumière. Ormuzd alors s’élève sur son trône d’or, en même temps que tous les bons esprits, il fait accueil à l'âme et lui adresse ces paroles : « Comment, ô pur, as-tu trouvé le passage du monde périssable au monde impérissable? » Mais les âmes qui arrivent sur le pont, enténébrées et malades de péché, ne trouvent pas d’amis pour les recevoir, le méchant esprit les emporte garrottées dans les demeures de la nuit où les mauvais ne recevront qu’une mauvaise nourriture et n’entendront que des discours inconvenants *. Plus tard les bons esprits, les divins Izeds qui transportaient les purs en paradis par-dessus le pont Chinvat, cédèrent la place aux bonnes œuvres; cellesci, sous la figure d’une belle jeune fille, venaient audevant de celui qui les avait accomplies et portaient elles- mêmes son âme au pied du trône d’Ormuzd. Où trouver l’équivalent de cette adorable et profonde allégorie?
Le Boundehesch * indique quatre périodes de création sur la terre, chacune de trois ou de quatre mille ans. Ces périodes écoulées, la terre entière adoptera la loi d’Ormuzd, toute fraude disparaîtra et les hommes n’auront plus besoin de nourriture. Alors aura lieu la résurrection des morts et tous les hommes seront aussi purs qu’un