Spiegel, ZeDd-Ave»U
r,t CONSIDÉRATIONS SUR L'HISTOIRE.
mes, encore retenus dans le voisinage d’Ormuzd, se réjouissaient de l’ordre qui reliait ensemble les différentes parties de la nature. Ormuzd les envoya sur la terre en leur représentant qu’ils auraient grand avantage de s’unir à des corps, de combattre le mal, et qu’à la fin ils remonteraient dans le monde supérieur pour vivre d’une vie immortelle eu une éternelle jeunesse ; il leur promit jusque-là de les protéger sur terre contre l’ennemi. Les écrits des Perses racontent à cette occasion que lorsque Ormuzd voulut envoyer dans ce monde le feu, les hommes et les animaux, chacune des créatures lyi remontra tour à tour combien elle aurait à souffrir des atteintes d'Ahriman et des siens. Mais Ormuzd leur fit contempler à toutes la série des événements , et par quel enchaînement des choses il les délivrerait enfin du joug des mauvais esprits ; il ajouta que de cette manière elles lui aideraient à renverser son ennemi et leur promit eucore sa protection : c’est ainsi que les créatures apparurent sur la terre *.
Dans les entretiens d’Ormuzd et de Zoroastre qui forment les premiers livres du Vendidad, Ormuzd dit qu’il ordonna à Yima, le premier des mortels auquel il fit connaître sa loi, de la proposer parmi les hommes. Mais afin de prévenir les embûches d'Ahriman, le dieu suprême lui prescrivit en même temps de construire un parc immense dans lequel vivraient, au milieu des douceurs de la paix, de la pureté et du bonheur, tous les" serviteurs d'Ormuzd, avec les animaux, les arbres, les plantes utiles et agréables qui viennent de lui. L’Éden et
ft. JCleukiT, Anltang zum Zend-Ave. ta. — Sadd< r — Uundehesch.
L'ORIENT
la résurrection sont des idées communes au parsisme et au christianisme. Ces idées n’ont rien de judaïque, car la résurrection n’est pas dans le génie de Moïse, et l’Éden de la Genèse n’est plus mentionné nulle part dans la Bible dont il peut être retranché, c’en est la preuve, sans en altérer l’esprit ni l’économie. La notion d’un paradis terrestre et celle d’une résurrection terrestre adoptées par les chrétiens se montrant étrangères à l'esprit de l’Ancien Testament, la conviction s’impose à nous qu’elles furent apportées dans la Judée au retour de la captivité, et que, sans pénétrer au for de doctrines avec lesquelles elles n’avaient point d’affinité, elles ont pris racine à côté dans les sectes qui précédèrent le christianisme. Celui-ci représente un mélauge'd’éléments hébraïques, persans et platoniciens, fondus au creuset de la charité dans le cœur de Jésus. Il est également présumable que les mots « trônes » et « dominations » sont des emprunts faits à la langue mazdéenne; les bons esprits quientourentOrmuzd, comme Ormuzd lui-même, sont assis sur des trônes : ils régnent dans leur ciel. Les anges, les chérubins et les archanges, esprits purs, semblent avoir émigré de Perse avec les démons qui leur sont opposés. L’Évangile parle des anges et des démons en un tout autre sens que la Bible, d’ailleurs assez sobre dans leur emploi. Pour les patriarches les anges sont des envoyés de Jéhovah, pour Jésus ce sont des êtres divins qui font cortège au Père céleste dans les deux, comme les démons à Satan dans les enfers. L’antithèse dualiste est ici bien marquée; or partout où nous trouvons dans l’Ancien Testament des marques de dualisme, nous sommes en droit de les mettre au compte des Perses, puisque l’Ancien Testament n’est ni
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dualiste ni idéaliste, et' qu’il ne respire d'un bout à l’autre que l'anthropomorphisme monothéiste. La parenté mazdéeune est impossible à méconnaître dans l’Évangile. Mais le témoignage le plus concluant de cette parenté ne nous est-il pas donné par les manichéens, qui déduisirent du christianisme sans effort une édition nouvelle du parsisme dont la rapide contagion menaça de couvrir le monde chrétien et ne fut arrêtée que par la violence? L’Éden, le péché, la résurrection rapprochent la doctrine chrétienne de Zoroastre beaucoup plus que de Moïse, et si l'amour humain de Jésus la distingue du Zend-Avesta ce n’est pas pour la confondre avec la Bible : ce fervent amour de l’humanité souiïrante qui constitue l’originalité de l’Évangile, qui en est l’inspiration', la vie, la vérité, rapprocherait son fondateur non de Moïse mais de Bouddha, ce Christ indien également inépuisable en compassion. Satan n’est pas Juif non plus, l’adversaire de Dieu est un frère cadet d’Ahriman installé aux bords du Jourdain. « Quels maux je jetterai sur les hommes purs ! » s’écrie dans l’Avesta ce père du mensonge. Le livre de Job où Dieu et Satan luttent pour une âme pourrait figurer presque sans changement parmi ceux des Perses. Elle serpent de la Genèse? Il est cousin au moins du chef des Amschaspands. Lorsque ceux-ci pressèrent leur chef d’attaquer la créature d’Ormuzd, a Ahriman s’approcha de la lumière en compagnie de tous les mauvais génies. Il combattit contre le ciel et y pénétra; de là il sauta sur la terre sous la forme d’un serpent, gâta tout sous forme de mouches, couvrit la surface de bêtes venimeuses et féroces, et s’insinua dans toute la uature. »
Les Perses sont dualistes en psychologie comme en
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théologie; les âmes humaines, d’essence impérissable et de nature identique, suivant eux so joignent aux corps et ne se confondent pas avec les éléments dont celui-ci se trouve formé: « Le corps de Kaiomorts (l’homme-lype, l'Adam) fut composé d’un assemblage de feu, d’eau, de terre et d’air. Ormuzd y ajouta une âme immortelle, et de cette manière devint l’homme *. » La raison des êtres raisonnables, même des génies, forme un tout avec la raison d'Ormuzd. Les âmes ne sont pas prédestinées au mal par leur créateur, elles sont faillibles et non condamnées à mal faire. Le bien est leur tendance naturelle, elles y aspirent en aspirant vers Ormuzd. Leur destinée est le bonheur. Cette destinée, comment les Perses l’ont-ils conçue?
Même les Chaldéens, qui lisaient la religion dans les astres, n’ont pu rencontrer l’hypothèse des âmes pérégrinaut de monde en monde à travers le firmament. Celte idée d’une métempsycose astronomique ne pouvait leur venir, parce que l’Orient ne plaçait point la terre dans l’ensemble de l’univers qu’iguora leur esprit. L’Orient n’avait le choix qu’entre trois suppositions touchant l’immortalité, — celle de la métempsycose à travers des formes animales, celle de l’entrée des âmes bonnes ou mauvaises dans un lieu de délices ou de supplices ; enfin la supposition d’un sommeil prolongé duquel les âmes se réveilleraient dans un monde renouvelé. Ces hypothèses se mêlent, alternent ou marchent de front chez les Orientaux, les Chinois exceptés et les anciens Juifs, pour qui la question ne s’est point posée. Chez les Perses, la résur-