I. Humana
S. Emile Humour.
I/OKIKNT.
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corps ? Leur instinct métaphysique les spiritualisait, leur instinct poétique aimait à les laisser flotter dans ce demijour si favorable, dans cette pénombre sacrée dont ils se sentaient eux-mêmes enveloppés et qui les maintenait dans l'ordre surhumain où se complaisait leur imagination. Des dieux matériels figés dans leurs attributs, incapables de se perdre les uns dans les autres, eussent dissipé le charme des formes encore inaccusées et vaporeuses où se jouait le reflet des Ames. A leurs dieux incorporels, ou dont le corps plutôt restait invisible, les Aryens ne sacrifiaient pas non plus d'êtres corporels et vivants. Une seule exception, mais très-rare, se rencontre dans le Véda. Elle concerne le cheval, offert en sacrifice dans des circonstances solennelles.
La cérémonie de l’acwaméda, mentionnée dans le Rig-Véda, a passé dans la période brahmanique, et l’on trouve, dans le premier livre du Ramayana, une description détaillée de cette grande fête religieuse. L’Inde avait pour le cheval une vénération, un culte, et c’était presqu’un dieu qu’elle sacrifiait à des dieux en immolant le noble animal. Nous le trouvons même dans l'hymne de Dirgatarnas identifié avec le soleil en ses trois stations; c’est le coursier d'Indra qui traîne son char à travers l’espace :
« ... O cheval, ta naissance est grande et digne de nos louanges.
« O cheval, tu es Yama, tu es Aditya, tu es Trita, par un mystérieux accord. A des moments marqués tu es arrosé de sôma : car on te reconnaît dans le ciel trois stations.
ïlâ CONSIDÉRATIONS SCR L’HISTOIRE.
« O cheval, ce sont là tes relais...
« Je t’ai reconnu de loin ; c’était bien toi-même, volant à nous du haut du ciel. J’ai vu une tête s’avancer rapidement par des routes faciles où la poussière est inconnue.
« O cheval, après toi, les mortels, et leurs chars, et leurs vaches, et le bonheur des jeunes filles! Tous les vivants recherchent ta faveur ; les dieux voudraient égaler ta force.
« Sa crinière est d’or; ses pieds, rapides comme la pensée. Indra est descendu, les dieux sont réunis pour consommer l’holocauste de celui qui le premier a monté le cheval.
« Voici le cheval arrivé au lieu du sacrifice, l’air pensif et l’àme soumise aux dieux. Devant lui est mené le bouc enchaîné à ses destins. Voici venir aussi les sages et les chantres. »
« Quand tu t’en vas, dit l’Açwaméda, no te chagrine pas de ton sort. Que la hache ne s’appesantisse pas longtemps sur ton corps. Qu’un barbare et indigne victimaire n’aille pas, par ignorance, taillader tes membres avec le fer.
« Ce n’est pas ainsi que tu dois mourir; la souffrance n’est pas faite pour toi. C’est par des voies heureuses que tu vas vers les dieux. Pour te porter, tu as les -deux coursiers, les deux antilopes et le char léger traîné parundne.
« Si ceux qui voient le cheval cuit, disent : « il sent bon, coupez-en un morceau, » accueillez la demande de quiconque voudra de cette chair.
« Que ce cheval nous procure des vaches nombreuses, de bons chevaux, des guerriers, des enfants, une abondante opulence. Toi qui es pur et sain, rends-nous saints et purs ; que le cheval, honoré par l’holocauste, nous donne la puissance. *