‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 134 sur 156 · HUME · texte numérisé non relu

HUME

peuple. Le Grec esl principalement artiste ; l’Indou et le Juif considèrent les choses plus volontiers sous leur aspect religieux et moral, quoique d’une façon très-différente ; les Carthaginois les envisagent en négociants — les Romains en conquérants dressés à la domination. Puisque toute qualité se paie d’un défaut, nous ne demanderons pas aux Romains d’être autre chose que des Romains, mais nous constaterons qu’ils ont comme tels fait à la civilisation plus de mal que de bien : l’histoire nous impose ce jugement.

« Fabricius, grand citoyen et bon général, étant allé au camp de Pyrrhus comme négociateur, le confident du roi d’Épire, Ginéas, le soir à souper vint à parler de la Grèce et de ses philosophes. Il exposa la doctrine d’Épicure, mais avant qu’il eût fini : « Grand Hercule I s’écria Fabricius, puissent Pyrrhus et lesSamnites avoir de telles opinions tant qu’ils seront en guerre avec nous *. »

C’était alors le beau temps de la république romaine, qui n’avait point encore le monde à dos. La charrue délaissée quand approche le déclin, contrebalançait encore l’épée, les travaux des champs tempéraient les luttes du forum au-dessus duquel s’élevait le sénat ; tout n’ailluait pas dans Rome, il y avait un peuple où plus tard il n’y eut plus qu’une plèbe. La Rome agricole n’est pas une invention, Cinciunatus n’est pas un mythe. « Numa institua les fêtes fomacales, dit Bonstetten *, appelées de la sorte parce que dans ces jours-là chacun faisait rôtir sou blé au four. Il institua les fêtes terminales en l’honneur des dieux qui président aux limites des champs. Ces deux fêtes étaient

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