Tête orale
S. Légende de Samgha. — Type de la beauté aryenoe, tris-différent du nègre ou du mongol.
Bouddha répandait autour de soi cet amour de la dialecti(jue qui est le caractère intellectuel de sa prédicatiou. Une femme portée vers ses idées convainc sou frère, un brahmane, d’une faute de raisonnement ; le brahmane aussitôt de se retirer dans la solitude et de se mettre à étudier, il devient bouddhiste. Voici un échantillon de la manière de Bouddha où se trouve en même temps résumée sa doctrine :
U Ce corps naturel et grossier, ô Agni vairyâyana, est formé des cinq grands éléments. Un auditeur respectable doit s’arrêter dans la considération que le corps est perpétuellement soumis à la naissance et à la mort. Il doit s’arrêter dans la considération de l’absence d’attachement, dans celle de l’anéantissement, dans celle de l’abandon. Quand un auditeur respectable s’arrête dans la considération que le corps est perpétuellement soumis à la naissance et à la mort, aloi-s ce qu’il éprouve en son corps d’amour, d’attachement, d’^affection, de complaisance, de passion pour ce corps même, tout cela, vaincu par son esprit, ne subsiste pas.
« Il y a, ô Agni vaiçyâyana, troisespèces de sensations; et quelles sont ces trois espèces? Ce sont la sensation agréable, la sensation désagréable et la sensation qui n’est ni agréable ni désagréable. Dans le moment où un auditeur respectable et qui a beaucoup étudié perçoit une sensation agréable, les deux autres sensations, à savoir la sensation désagréable et la sensation indifférente, n’existent pas pour lui ; l’auditeur respectable ne perçoit en ce moment que la sensation agréable ; mais cette sensation elle-même est passagère et soumise à l’anéantissement. Dans le moment où un auditeur respectable perçoit
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mie sensation désagréable, les deux autres sensations, à savoir la sensation agréable et la sensation indiiïérente, n’existent pas pour lui: l’auditeur respectable ne perçoit en ce moment que la sensation désagréable, mais cette sensation elle-même est passagère et sujette à l’anéantissement. Dans le moment où un audiieur respectable perçoit une sensation indiiïérente, les autres sensations, à savoir la sensation agréable et la sensation désagréable, n’existent pas pour lui, l’auditeur respectable ne perçoit en ca moment que la sensation inditïérente ; mais cette sensation elle-même est passagère et sujette à l’anéantissement.
a Alors il fait cette lêdexion : quelle est la cause, quelle est l’origine, quelle est la naissance, quelle est la production de ces sensations? C’est le contact qui est la cause, l’origine, la naissance, la production de ces sensations. Quand a lieu la production de tel et tel contact, telles et telles sensations sont produites; quand a lieu la cessation de tel et tel contact, telles et telles sensations cessent également, sont calmées, sont refroidies et disparaissent. Quelle ^ que soit la sensation qu’il perçoive, qu'elle soit .agréable, désagréable ou indiiïérente, il en connaît dans leur réalité l’origine, l’anéantissement, la diminution, l’apparition et la production. Connaissant ainsi dans leur réalité, l’origine, l’anéantissement, etc., de ces sensations, (piand ces sensations viennent à se produire, il s’arrête <lans la considération qu’elles sont passagères, dans la considération de l’anéantissement, dans celle de l’absence d’attachement, dans celle de la cessation, dans celle de l’abandon. Éprouvant une sensation qui dure autant que dure son corps, il connaît telle qu’elle est cette vérité : je
perçois une sensation qui dure autant que mon corps. Éprouvant une sensation qui dure autant que sa vie, il connaît telle qu’elle est cette vérité : j’aperçois une sensation qui dure autant que dure ma vie. Et après la dissolution de son corps, comme aussi quand sa vie n’atteint qu’à la moitié de sa durée, toutes les sensations perçues par lui en ce monde môme, cessent sans qu’il en reste rien, disparaissent, sont détruites, sont anéanties sans qu’il en reste rien. 11 fait donc la réflexion suivante : Même pendant que je percevrai une sensation agréable, la dissolution de mon corps aura lieu; c’est là qu’est le terme du plaisir. Même pendant que je percevrai une sensation désagréable, ou une sensation indilTérente, la dissolution de mon corps^ aura lieu ; c’est là qu’est le terme de la douleur. Même quand il perçoit une sensation agréable, il la perçoit détaché et non attaché. Même quand il perçoit une sensation désagréable ou indifférente, il la perçoit détaché et non attaché. Et de quoi est-il détaché? Tl l’est de l’attachement, de l’aversion, de l’erreur; il l’est de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort, du chagrin, des lamentations, de la douleur, des inquiétudes, du désespoir, des misères. Voilà, ô Agni vai- . çyâyana, ce que je dis. »
Suivant une légende populaire, ces paroles se font entendre dans le ciel, quand y pénètrent les rayons lumineux produits par le sourire de Çakya :
t Cela est passager, cela est misère, cela est vide, cela est privé de substance. »
Ce fils de roi qui a descendu les marches du trône pour s’en aller, le sac du mendiant sur les épaules, prêcher la délivrance aux malheureux vivants, ne redoute rien :
L'ORIENT
comment craiuJrait-il la mort qu’il a vaincue en détruisant le germe des renaissances I Mais ses disciples auront-ils la même fermeté et leur courage ne faiblira-t-il pas devant les obstacles ? C’est en ces termes qu’il met à l’épreuve un néophyte impalientd’aller répandre la bonne nouvelle :
« Par cette e.xposition, ô Pùrna, je viens de t’instruire d’une manière abrégée. Où veux-tu maintenant habiter? où veux-tu fixer ton séjour? — Par cette exposition, seigneur, répondit Pùrna, Bhagavat vient de m’instruire d'une manière abrégée ; je désire habiter, je désire fixer mou séjourdausle pays desÇrônùparùntakas. — Ils sontviolents, 6 Pùrna, les hommes du Çrônàparâuta ; ils sont emportés, cruels, colères, furieux, insolents. Lorsque les hommes du Çrônàpardnta, ô Pùrna, t’adresseront en face des paroles méchantes, grossières et insolentes, quand ils se mettront en colère contre toi et qu’ils t’injurieront, que penseras-tu de cela? — Si les hommes du Çrônùparànta, ù seigneur, m’adressent en face des paroles méchantes, grossières et insolentes, s’ils se mettent en colère contre moi et qu’ils m’injurient, voici ce que je penserai de cela : ce sont certainement des hommes bons que les Çrônùparùntakas, ce sont des hommes doux, ceux qui m’adressent en face des paroles méchantes, grossières et insolentes, ceux qui se mettent en colère coiUre moi et qui m’injurient, mais qui ne me frappent ni de la main ni à coups de pierres. — Ils sont insolents, ô Pùrna, les hommes du Çrônilparùuta (etc. comme ci-dessus). Si les hommes du Çrônàpaiùnta te frappent de la main ou à coups de pierres, que penseras-tu de cela? — Si leshorames du Çrônùparânta,ôseigneur, me frappent delà main ou à coups
de pierres, voici ce que je penserai d’eux : ce sont certainement des hommes lx)ns que lesÇronaparântakas.cesont des hommes doux, eux qui me frappent de la main ou îi coups de pierres, mais qui ne me frappent ni du k\lou ni de l’éi^ée. — Ils sont violents, ô Pûrna, les hommes duÇrônAparùnta... Si les hommes du Çrônâparàn fa tefrappent du bâton ou de l’épée, que penseras-tu de cela? — Si les hommes du (Jrônâparânta, ô seigneur, me frappent du bâton ou de l’épée, voici ce que je penserai de cela : ce sontcertainemeutdes hommes bous que les Çrônâparâutakas, ce sont des hommes doux, eux qui me frappent du bâton ou de l’épée, mais qui ne me privent pas complètement de la vie. — Ils sont violents, ô Pûrna, les hommes du Çrônâparâuta... Si les hommes du ÇrônâparâiUale privent complètement de la vie, que penseras- tu de cela? Si les hommes du Çrônâparâuta, ô seigneur, me privent complètement de la vie, voici ce que je penserai de cela. Il y a des auditeurs de Bhagavat, qui, <à cause de ce corps rempli d’ordures, sont tourmentés, couverts de confusion, méprisés, frappés àcoups d’épée, qui prennent du poison, qui meurent du supplice de la corde, qui sont jetés dans les précipices. — Ce sont certainement des hommes bons que les Çrônâiiarântakas, ce sont des hommes doux, eux qui me délivrent avec si peu de douleur de ce corps rempli d’ordures. — Bien, bien, Pûrna; tu peux, avec la perfection de patience dont tu es doué, oui, tu peux habiter, fixer ton séjour dans le pays des Çrôuâparântakas. Va, Pûrna, délivré, délivre ; arrivé à l’autre rive, fais-y arriver les autres; consolé, console; parvenu au Nirvâifa complet, fais-y arriver les autres. »
Un jour que Bouddha prêchait la loi de la délivrance.
L’ORIEXT.
un néophyte qui n’avait reçu l’investiture que depuis un demi-mois se tenait derrière lui, ayant à la main un chasse-mouche avec lequel il éventait son maître. Cette réflexion lui vint alors à l’esprit : t Bhagavat célèbre le détachement, la cessation, le renoncement. Pourquoi ne m'arrêterais- je pas dans la considération de l’abandon, dans la considération du déUrchement, dans celle de la cessation, dans celle du renoncement? Eu conséquence le respectable Çàriputra s’étant arrêté dans la considération que les conditions étaient passagères, qu’elles étaient sujettes à périr; s’étant arrêté dans la considération du détachement, de la cessation, du renoncement, débarrassa, en n’en admettant aucune, son esprit de toutes ses imperfections. »
Écoutez, vous qui êtes travaillés et chargés; le Nirvana * est l’asile, le Nirvênaest le refuge, le Nirvêua est le port:
« Beaucoup d’hommes, chassés par la crainte, cherchent un asile dans les montagnes et dans les bois, dans les ermitages et auprès des arbres consacrés.
« Mais ce n’est pas le meilleur des asiles ; ce n’est pas là le meilleur refuge, et ce n’est pas dans cet asile qu’on est délivré de toutes les douleurs.
« Celui, au contraire, qui cherche un refuge auprès de Bouddha, de la loi et de l'assemblée, quand il voit avec la’sagesse les quatre vérités sublimes,
« Qui sont la douleur, la production de la douleur, l’anéautissement de la douleur et la marche qui y conduit... voie sublime, salutaire qui mène au Nirvana,
« Celui-là connaît le meilleur des asiles, le meilleur refuge; dès qu’il y est parvenu, il est délivré de toutes lesdouleurs. »
•»72 CONSIDÉRATIOMS SUR L’HISTOIRE.
Le formalisme s’évanouit devant Bouddhaelses apôtres, le formalisme aussi n'est que vanité :
« En consétiuence le respectable Samgha Rakchita se mit à instruire cette réunion de brahmanes ‘ : ce n’est ni la coutume de marcher nu, leur dit-il, ni les cheveux nattés, ni l’usage de l’argile, ni le choix des diverses espèces d’aliments, ni l’habitude de coucher sur la terre nue, ni la poussière, ni la malpropreté, ni l’attention à fuir l’abri d’un toit, qui sont capables de dissiper le trouble dans lequel nous jettent les désirs non satisfaits ; mais qu’un homme maître de ses sens, calme, recueilli, chaste, évitant de faire du mal à aucune créature, accomplisse la loi, et il sera, quoique paré d’ornements, un brahmane, un çramana, un religieux. »
Ne croit-on pas entendre Jésus parlant aux pharisiens?
« Les brahmanes l’entendirent et firent cette réflexion: Ce langage est conforme aux sentiments d’un brahmane ; et par suite, il vint auprès de lui un brahmane d’abord, puis deux, puis trois, jusqu’à ce qu’enfin ils vinrent tous auprès de lui.
« Bhagavat leur donna ensuite l’enseignement ; et après de longs eflbrls, après des études et une application profondes, ils obtinrent par l’anéantissement de toutes les conceptions du mal de voir face à face l’état cf’arhat. Devenus arhats, affranchis de tout attachement pour les trois mondes, envisageant du même regard l’or et une motte de terre, considérant comme égaux l’espace et la paume de leur main, ayant les mêmes sentiments pour