‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 72 sur 156 · Eugène Burnouf, Introduction au bouddhUm · texte numérisé non relu

Eugène Burnouf, Introduction au bouddhUm

L’ORIENT

ses

blés à des démons, qu’elle fut saisie d’un vif mécontentement. Pourquoi donc es-tu triste, lui dit sa belle-mère. Sumâgadhâ répondit : O -ma mère, si les personnages respectables sont ainsi faits, comment seront donc les pécheurs? »

Le corps n’a pas de droits aux yeux de l’ascète ; pourvu que l’Ame soit nette, qu’importe la chair ? l’ascétisme a toujours marché de compagnie avec la malpropreté. Les bouddhistes, avant l’établissement des monastères, n’allaient pas aussi loin que les brahmanes dans le mépris du corps, ils appréciaient encore la beauté :

« La femme de Bouddha Rakchita mit au monde un fils beau, agréable à voir, ravissant, ayant le teint blanc, la peau couleur d'or ; sa tête avait la forme d’un parasol*, ses bras étaient longs, son front large, ses sourcils réunis, son nez proéminent*. »

Bouddha est un dialecticien doux, pénétrant et triste; une influence pereuasive se. dégage de ses lèvres et de sa personne. Il aime à converser avec les humbles et les pauvres sans dédaigner les théologiens et les philosophes. Un jour il s’endormit dans l’assemblée de ses auditeurs, piès de la ville de RAdjagrika, dans un bois de bamlxius, au lieu nommé Karanda nivApa. S’étant réveillé, il prit la'parole pour enseigner à l’assemblée une loi agréable, « douce comme le miel de l’abeille et pleine de saveur. » a Un mendiant vit Bhagavat qui enseignait la loi, placé au milieu d’un cercle qui se déployait dechaque côté comme le croissant de la lune. »

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