Dieu des moris
3. Synonyme de dévas, par opposition à asouras. le mauvais esprit.
4. Epithète donnée à Cdma, l’amour indien, littéralement : troubU-caur.
i. ii
ment ; un désir qu’il ne peut vaincre s’empare de ses sens, et laissant tomber de ses mains le véda profané, il vole vers l’enchanteresse qu’il détermine facilement à venir habiter son ermitage. »
La Ramayana nous parle d’un solitaire qui, bien supérieur à Siméon stylite sur sa colonne, « assis sur une pierre et n’ayant que le vent pour seule nourriture, soutint di.v mille années une pénitence douloureuse. Effrayés d’une telle énergie, tous les dieux, Indra à leur tête, de s’écrier ; « Cet anachorète a l’ambitiou de nous enlever notre place. » Cependant ils avisent et lui envoient, pour assurer le trône des immortels, cin(| apsaras qui firent tomber sous le pouvoir de l’amour le grand ascète, « de ({ui le regard embrassait le passé et l’avenir du monde. »
Un magistrat disait de nos jours qu’eu toute cause qu’il avait à instruire il se posait d’abord cette question : ouest la femme? Certainement la femme n’est pas tout l’homme, mais elle en est, s’il faut eu croire la Bible et le code civil, la moitié. Dans tous les cas, elle est un désir de l’homme, désir sur lequel repose l’espèce et sa continuation; désir que par conséquent les dieux qui veulent cette continuation ont pris soin de faire le plus impérieux de tous les désirs. Ces dieux que l’Inde connaissait ont veillé à ce que l’homme ne les détrônilt point; ils peuvent se rassurer : la femme est là et leur cause gagnée même contre les saints, le monde ne ünira pas. Bouddha ne l’emportera point et l’on no cessera de renaître en ce monde, et peut-être dans l’autre, car le paradis pour l’homme c’est d’abord la femme. Mahomet était de cette opinion, et les Indous qui ne se résignaient pas à se laisser absorber dans l’àme universelle ou dans le uirvâna
L’ORIENT
bouddhiste n’eussent point renoncé davantage à ne plus retrouver de sexe dans le ciel : ils avaient peuplé celui d’Indra de nymphes qui l’unissaient à la terre où, types de l’idéale beauté, elles descendaient quelquefois parmi les mortels éblouis.
« Ah I si celte l)elle nymphe avait touché la terre avec ses pieds, dans les sentiers sablonneux de la foret mouillés par la pluie, on apercevrait l’empreinte de ses beaux pieds colorés de laque rose, laissée derrière elle et distinctement marquée par le poids de ses hanches *. »
La nymphe c’est toujours la femme, mais la femme telle que la caresse, telle que la rêve l’imagination plutôt que le cœur des Indous : la pure volupté. L’Indou nous a fourni la preuve qu’il comprenait la vierge et l’épouse — il comprend aussi l’amante et la femme idole des sens. Jamais néanmoins la volupté chez lui ne descend à la lubricité ni à la grossièreté ; la sensualité quelque flamme qu’elle jette est encore resplendissante d’amoureuse poésie. Rien de moins cynique que l’Indou, il aime trop la femme pour cesser de la respecter, son délicat instinct l’avertit que la saveur de la jouissance c’est un reste de pudeur conservé jusque dans les derniers sacrifices de la pudeur. L’Indou est le plus amoureux en même temps que le plus pudique des peuples. Dans SacountalA règne la langueur, mais voici le brasier des voluptés qui s’allume. Ce n’est plus la vierge qui s’offre à l’imagination du poêle et qui l’impressionne, ce n’est plus une tendre mélodie qui s’élève dans sou cœur à l’aspect de la candeur rougissante ; l’idylle est finie, les sens