Considérations sur l'hygiène [microforme]
Des plumes plus autorisées que la mienne ont, maintes reprises, traité cet important sujet. Des hygiénistes distingués ont écrit des volumes sur cette question vitale ; des savants professeurs ont donné des cours Spéciaux — privés ou publics — sur cette partie de la médecine qui me paraît être la plus négligée, quand il s’agit de la mettre en pratique, et qui, cependant, est la base de la santé pour toutes les classes de la société. En rffet, ne dit-on pas: l'hygiène c'est la santé ”” ou l’art de conserver ce bien si précieux qu'on appelle ‘une bonne até ‘’ ! N'est-il pas vrai que la vie, même chez : devient un long martyre, quand une fois du ce don inappréciable de Dieu ! !
Cepend. ., ‘aucoup de gens, les ‘‘ masses ” Ssurtout, re paraissent pas comprendre l'importance de l'hygiène au point de vue du ‘ bien être ” et de la longévité humaine. L'éducation hygiénique du peur ple est à faire tous les jours ; il importe donc aux classes dirigeantes, aux médecins surtout, de guider l'opinion des classes moins privilègiées. Les manufacturiers, qui amassent bien souvent des fortunes colossales, aux dépens des sueurs des pauvres ou-
vriers, devraient être forcés de leur donner des usines modernes et hygiéniques, avec les systèmes de ventilation, de chauffage et d'aération les plus perfectionnés. Nous avons tous été condamnés au travail, chacun dans la position où nous a placé la Providence, mais il faut que les groupes d'hon nes, comme les individus, fournissent leur quote-part au bien-être général. A propos de manufactures, il y a un abus criant qui révolte tous les vrais amis de l’enfance—je veux parler de ces malheureux enfants que des pères sans £œur envoient aux usines dès l’âge de 10, 12 à 15 ans, au lieu de leur faire fréquenter les écoles ! n'est-ce pas révoltant ? Je crois pourtant qu'il ya déjà une loi existante défendant aux enfants l'entrée des manufactures avant l’âge de 16 ans ;'si elle existe, très-bien, mais qu'on la fasse mettre en pratique. Si elle n'existe pas qu'on légifère à cet effet, voilà !
Comme le titre de cette causerie l'indique, je ne ferai pas de ‘‘particularités’”, mais je me contenterai de généralités. Il ne sera donc pas question iei d'un système de ventilation plutôt que d'un autre, d'un agent désinfectant quelconque, je laisse ces détails aux professeurs d'hyviène, ou aux auteurs qui ont le talent d'écrire, pour nous instruire.
J'ai déjà attiré l'attention du 3ème Congrès des Trois-Rivières sur l'importance de l'hygiène : j'ai parlé surtout de l’inspection des boulangeries et du pain, ‘notre nourriture première ‘ ; l'inspection du lait, de la viande et en général de tous les produits qui servent à soutenir notre existence, sera donc ie sujet du présent petit travail «ui est forcément très abrégé.
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Vous savez comme moi, Messieurs, que la tuberculose fait d'énormes ravages dans la grande famille humaine, et que les causes de cette épouvan table maladie sont très multiples.
Le Conseil d'hyviène de la province s'occupe, de concert avec ses ‘* succursales ” des différentes villes ou villages, d'enrayer les maladies contagieuses telles que la variole, la divhthérie, la scarlatine, ete., très bien, mais qu'a-t-il fait jusqu'ici pour prévenir la consotiption ? presque rien ! sans doute parce qu'il n'a pu faire plus.
Il serait done de la plus haute importance qu'il «e mit à l'œuvre ** sérieusement nour étudier cette question, en demandant à tous les médecins de ce eraad Congrès leur opinion personnelle, et les moyens qu'ils pourraient suggérer pour arriver à un but pratique. Il n'y a plus à terwiverser si nous voulons sauver une grande partie de notre population menacée par ce terrible fléau, la pluie blanche : |
Il fuut se servir de tous les moyens hyviéniques puisque ce sont Îles seuls remièdes connus pour enraver sa marche progressive.
Et quels sont ces moyens : une nourriture saine, des logements sains, et éviter les abus de tous genres ; telles sont les grandes lignes qui nous conduiront aux détails que nous cherchons.
Le lait de ia mère est la première nourriture de l'enfant. Si une femme souffre d’une maladie quelconque, réputée contagieuse, surtout de la tuberculose, elle ne doit pas allaiter, c'est élémentaire. Tout médecin consciencieux devrait lui conseiller de faire ce que font les mères françaises, choisir une
nourrice qui pourrait donner toutes les garanties voulues. On me répondra peut-être que cette ma nière d'élever les enfants ne se pratique guère dans notre pays, et que, d'ailleurs, on expose les nourrissons à contracter les maladies, les défauts, même les vices de leur nourrice ; c'est possible, mais peu probeble quand on a fait un choix judicieux. Une femme qui ne nourrit pas son enfant parce que c'est trop fatigant, parce qu'elle à peur de perdre de ses ‘* charmes ‘, parce qu'elle ne veut pas se priver de telle où telle promenade, de telle ou telle réception, de tel ou tel bal, ete., n'est pas dirne au beau
titre de mère ! c'est mon opinion, et je jetterais ce
cri d'indignation à la face de n'importe quelle femme, fut-elle duchesse ou reine : ‘ Honte à vous mère ‘‘ sans cœur ! ‘’ non, non, vous n'êtes pas Giune du beau, du noble et du saint titre de mère
Si la mère ne peut nourrir son enfant, ni trouver une nourrice pour la remplacer, il faut nécessai rement lui donner le lait de vache où de chère — car les ‘‘ laits de fabrique ‘ ne valent ouère à mon Toute femme, qu'elle habite une chaumière ou un palais, qu'elle soit assise sur un trône même si vous voulez-comme je l'ai dit plus haut—du mo ment qu'elle devient mère, le fruit de ses entrailles acquiert des droits imprescriptibles à sa tendresse ;
sens.
la nature, telle que Dieu l’a créée, parle à son cœur, et elle doit se faire un ‘‘ point ‘ d'honneur de nourrir et d'élever elle-même son enfant, ‘‘ l'enfant de ses amours : ”
Est-ce qu'une femme, ‘‘ce chef-d'œuvre de la création ‘’, comme l’appellent les poètes, est-ce qu'un être humain, est-ce qu une mère, ‘une mère!”
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sait
mot plein de douceur, serait plus marâtre que les bêtes qui allaitent leurs petits ? Voyez, nos animaux domestiques donnent l'exemple à bien des femmes sous ce rapport, même les animaux sauvages, la louve, la lionne, la tigresse, la hyiène sont mères, et de tendres mères pour leurs petits, malgré leur férocité. Eh bien ! ‘emmes, qui que vous soyez, nourrissez VOS ni nts quand vous le pouvez, vos maris vous en aimeront que mieux, et le bon Dieu vous bénira dans vos fils !
Muis, je le répète, si quelques mères ne peuvent nourrir, faute de santé—et que £a soit la seule raison—eh bien ! donnons üu moins aux enfants un lait pur ; que les misérables frelateurs soient punis suivant toutes les rigueurs des lois, car ils commettent un crime de lèse-humanité, de lèse-enfance ! Ils sont les bourreaux de ces pauvres petits sans défense, qui ‘ boivent la mort ” avec le lait ‘“‘impur” qu'ils vendent sans pudeur pour du lait ‘pur ” par cupidité. Oh ! les infâmes !
La viande, qui forme une grande partie de notre nourriture journalière, doit être inspectée avec le plus grand soin.
N'oublions pas que la race humaine n’est pas l'1 seule qui soit atteinte de tuberculose. Le châtiner infligé à notre premier père Adam apr: sa chu” s'est étendu à tout ce qui l’entourait. - ‘oi déch: de la création a été puri, même dans les animaux qui avaient été créés pour son usage. L'horrible mort, que Dieu, dans sa justice, a placée ‘aux abords ”’ du paradis terrestre, Pour que ‘‘ personne ”, pour qu'aucun être créé n'échappe à son glaive, a bien rempli sa mission depuis cette sentence
terrible : ‘Tu mourras ! ” qui a été exécutée à la lettre, hélas ! Et, n’arrive-t-elle pas sous toutes les formes et bien souvent au moment où nous nous y attendons le moins ? Oh ! elle a le don par excellence de la métamorphose : aujourd’hui, elle a pris la forme de la foudre, qui lance son fluide invisible, qui tue si sûrement le malheureux qu’elle atteint ! Demain, Ça sera sous celle d’une bête fauve qui se jette à l'improviste sur sa victime ! Une autre fois, e» sont les engins destructeurs, ces monstres produits par le génie de l’homme et que sa main puissante ne peut plus gouverner, parce que Dieu veut s’en servir pour réaliser ses desseins insondables ! L’impitoyable mort se cache “en grimaçarnt ‘” dans leurs flancs monstrueux, puis, soudain, sème l’épouvante et l'horreur dans nombre de familles, en faisant des monceaux de victimes dans un hécatombe de chemin de fer, par exemple, ou dans une explosion. Je n’en finirais plus, si J'étalais à vos yeux toutes les formes qu’elle prend pour exécuter la sentence portée contre le genre humain par son Créateur offensé ! Mais dans le cas qui nous occupe, elle se métempsycose, si je puis m'exprimer ainsi: elle pénètre insidieusement en nous sous forme d’infiniment petits, en animalcules, que les savants ont appelés bacilles, microbes, et que sais-je ?
Oh ! c’est sous cette dernière forme que je la déteste le plus, la traîtresse, car elle se cache pour mieux nous atteindre, et elle est sûre, oh ! bien sûre, d’avoir raison de notre pauvre vie qui ne sera plus désormais qu’un long martyre ! Ces bacilles, qu’elle lance par légions invisibles dans nos pou-
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mons et dans toute notre économie, nous rongeront, nous émacieront jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’un homme fort et vigoureux, ou d’une femme jeune et belle, qu'un squelette ambulant qu’elle réluira bientôt en un cadavre hideux !.........….
Les anciens Brames, Pytagore et ses adhérents croyaient à la métempsycose, c’est-à-dire à la migration des âmes dans le corps des animaux : c’était une grossière et imparfaite ébauche du dogme de l'immortalité de l'âme. Ils défendaient à leurs co-religionnaires de se nourrir de la chair des animaux, parce qu'ils craignaient, en la mangeant, manger celle de leurs parents ou amis défunts. Le catholicisme est venu renverser les idoles aux pieds d'argile, et a fait bonne justice de toutes ces croyances erronnées sorties de cerveaux humains !
La mort impitoyable ne sème donc pas la vie dans les corps, mais l'éternelle destruction jusqu'à la résurrection ! La viande des animaux que nous mangeons est un de ses principaux véhicules. Un inspecteur d'animaux s'impose donc dans chaque localité, car partout se rencontre des êtres vils, avares, sans conscience qui, pour quelques piastres, ne craignent pas de vendre sur le marché des viandes impropres à la consommation ! Ce sont des meurtriers qu’on peut placer au côté des frelateurs de lait, et qui doivent être punis sévèrement comme ces derniers !
Que ne frelate-t-on pas aujourd'hui ? On vend de tout frelaté : le thé et le café, qui sont d’un usage journalier, ne méritent guère ce nom. On fait griller des feuilles de toutes espèces qu’on empaquette duns de beaux papiers argentés et qu’on éti-
quette du nom pompeux de ‘“ Thé de Ceylan ou du Japon ”’ ! et bien souvent ce sont des poisons lents, mais qui tuent sûrement. On vend aussi une espèce de café composé de pois, de fèves, et que saisje ? grillés et concassés sous le nom alléchant de ‘ Café de Moka ou de Java ” !
Les manufacturiers de bonbons de choix, au sucre pur, qui mélangent de la farine, de la chaux, etc., à leurs produits, qu’ils colorent de teintures délétères, ne sont pas moins coupables que les deux autres dont j'ai parlé !
Que dire maintenant des distillateurs éhontés, ces empoisonneurs ‘‘ patentés ‘’, Gont les boissons, et les alcohols, non seulement tuent le corps, mais auparavant empoisonnent toutes les facultés de l’âme. Ah! malheur aux fabricants de ces boissons maudites ! oui, maudites par Dieu, maudites par les pauvres femmes des ivrognes, maudites par les enfants de ces pères sans entrailles qui boivent ces liqueurs qui leur font perdre même l'instinct de la bête ! En effet, que reste-t-il d’humain d’un homme privé de raison par la boisson ? rien ! c’est une brute qui parle, mais qui parle le lanvage de l'enfer ! qui lance vers le ciel des blasphèmes horribles, dont les conséquences terribles retomberont sur les fabricants de boissons et sur les hôteliers sans cœur et sans honneur, qui sont pires que les vampires qui se gorgent du sang de leurs victimes ! Ils sont maudits dès cette vie et ils brûleront pendant l'éternité dans les flammes allumées par leur alcohol maudit ! C'est ici ‘ surtout *’ qu’il faudrait des inspecteurs honnûtes, consciencieux, chrétiens enfin, qui ne reculeraient pas devant leur de-
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