OBSERVATION IT
(Service de M. le professeur Imbert).
B. F.., 28 ans. Entre à l’hôpital le jeudi 29 juin 1922. Température : 3995. PA ds ù
Curettage le 1% juillet, sous rachianesthésie à : syncaïne, 10 cer.
Suites utérines normales. La température descend. Mais, le soir, la malade commence à se plaindre céphalée, prédominante à la région de la nuque et au niveau des bosses frontales, céphalée exagérée par la position assise, mais à peu près continue, sans paroxysmes nets, au cours de la journée ou de la nuit. Pas de sommeil. Cette céphalée s'accompagne de vomissements.
Samedi 1% juillet. —- Même tableau.
3 juillet soir. — La malade, outre sa céphalée, présente une raideur de la nuque assez marquée, sans Kernig. Photophobie.
Ponction lombaire (docteur M: Arnaud). — Liquide claire, qui s'écoule très difficilement, on a peine à en retirer quelques gouttes, en faisant tousser ou parler la malade. On pense à l’hypotension du L. C. R. La nuit suivante, la malade qui paraît soulagée, peut dormir.
+ juillet. — Température descend à la normale, La céphalée reparaît, ainsi que les vomissements, qui surviennent après Ja moindre boisson. Alimentation impossible. Pas de selles sans lavage.
6 juillet.
ade pour la première fois, très rapidement; sa ele s’est améliorée (?) ; elle a pu dormir, Je Juge Run de la ponctionner à nouveau.
T juillet. — Mauvaise journée, la céphalée reparaissant, presque continue. Cependant, la nuit du 7 au 8 est bonne, S juillet, — Céphalée reparue vers 10 henres du matin, avee les
25: — mêmes Caractères; sensation de fatigue générale; Ja malade ne peut s’asseoir qu'avec peine sur son lit. :
Examen. — Motilité normale. Réflexes patellaires vifs et exagérés, surtout à droite, sans clonus. Pas de Babinski : pas de troubles nets de la sensibilité objective. Photophobie. Vaso-moteurs: raie vaso-motrice, surtout nette dans le dos. Rachis: légère raideur de la nuque. Pas de Kernig ni de Brudzinski. Pas de douieur à la percussion, ni à la mobilisation. Pas d ’Argvll- Robertson, ni d’anisocorie.
Ponction lombaire: liquide clair, s'écoule avec une telle lenteur qu’on ne peut en recueillir qu’une ou deux gouttes, même en faisant tousser la maläde: l’aiguille du Claude reste immobile : ten-
sion, 0.
Traitement. — Injection de sérum sous-eutané, 250 ce. Isa nuit est bonne. |
9 juillet. — Céphalée, raideur, photophobie disparues.
10 juillet. — La sédation s’est maintenue.
Cette observation diffère cliniquement de la précédente, car la céphalée s’est accompagnée de vomissements, de vhotophobie, de raideur de la nuque, de raie vaso-motrice, en somme d’un groupement’ méningitique: à ce point de vue, elle est à rapprocher de celle de Hertz, déjà citée; de plus, la malade a paru soulagée par la première ponction. Cependant, la céphalée a reparu le lendemain avec les mêmes caractères; deux ponetions successives ont ramené avec peine quelques gouttes de liquide; à la seconde, l’aiguille du manomètre est restée immobile. Enfin, une seule injection de sérum a suffi à amender les phénomènes précédents. qui n’ont plus reparn depuis. [ s’agit donc encore ici de phénomènes dus à l’hypotension.
; OBSERVATION ITT
(Due *# MM. Marcei Arnaud et Gauthier.)
A. F.. 23 aus. Opérée le 19 avril 1922. Appendiceetomie (docteur de Vendu. rachianesthésie : soustraction de 20 ce. Syn-
caïne, 8 egr. Suites opératoires normales. Mais: céphalée apparaissant progressivement et atteignant en einq jours son maximum. Très pénible. Pas de vomissements, ni de signés méningés. Température ne dépasse pas 37°5 le soir. Pouls: 90. Asthénie notable; pas de somnolence. Appétit conservé.
La céphalalgie atteint son maximum d'intensité vers 10 heures du matin et 4 heures de l’après-midi; elle est intolérable en position assise. La malade repose la nuit, mais s’endort très tard.
4 mai. — Injection sous-cutanée de sérum glycosé isotonique, 150 cc., sans résultat.
5 mai. — Injection sous-cutanée de 150 cc. de sérum artificiel, procure un soulagement notable et rapide.
6 mai. — 17 heures: céphalée reprend, deuxième cette de 150 ce. de sérum artificiel, plus 1 gr: théobromine. Ta douleur se calme dans la nuit. Dès le lendemain, la malade demande à se lever. La céphalée a totalement disparu dès lors.
Tei, céphalée progressive, intolérable en position assise, à maximum ‘oin des repas, non amendée par le sérunt glucosé, Mais totalement soulagée par deux injections sutcessives, à 24 heures de distance, de 150 ec. de sérum artifciel, dont une associée à 1 gr. de théobromine. Bien que la tension n’ait pas été mesurée, il est très vraisemblable que les symptômes étaient dus à l’hypotension.
.IT. — TRAUMATISMES NERVEUX
OBSERVATION IV (Service de M. 1e professeur Roger.)
Crises épileptiques fréquentes chez un ancien commotionné syphilitique. Hémiparésie gauche sans signes organiques. Hypotension: 10 cm.
P. M... 30 ans. Entré le 20 octobre 1920.
À. H. — Père éthylique et épileptique, mort à la guerre. A. P. — Ethylisme. Paludisme. Caractère violent et irritable
dans l’enfance.
rte
H. M. — Le 2 février 1917, enterré par un obus. Otorragie bilatérale. À pu marcher de suite après l’accident, puis, quelques minutes après, chute brusque avec perte de connaissance. Deuxième chute cinq à six heures après. Il $ ‘aperçoit dès le début d’une hémiparésie gauche. Entré à l’hôpital, il y reste huit jours; puis il est évacué sur un service d’épileptiques où il.a des crises tous les deux jours. Depuis, crises survenant très fréquemment (vingt däns le dernier mois), plus fréquentes quand il a des souis; précédées de prodromes: lourdeur de tête, hallucinations visuelles (éclatement d’obus): Puis, chute brusque à l’endroit où il se trouve, avec blessures. Perte. de connaissance et amnésie complète. Pas d’écume à la bouche. Pas d’énurèse. Pas de cri initial. Morsure de la langue rare. Torpeur consécutive durant un quart -d’heure où une demi heure.
Examen. — Démarche normale. Pas de Romberg. Pas de dys-
métrie. Pas d’adiadococinésie. Epreuve stato-cinétique normale.
Force musculaire diminuée à gauche. Epreuve de la position
gynécolegique et de la jambe de Barré donnent une diminution
nette de la force à gauche. Légère hypotonie musculaire du M. S. C. Stabilise aussi bien à droite qu’à gauche pour s’asseoir.
Réflexes: rotuliens et achilléens vifs des deux côtés. Plantaire en flexion. Pas de Mendel. Crémastérien normal. Pas de clonus du pied.
Pupilles: égales, régulières, contractiles. Pas de paralysie oculaire. Vision de près difficile.
Face: régulière. Pas de paralysie.
Sensibilité : hypoesthésie légère à gauche. Céphalée continuelle.
Quelques vertiges.
Tube digestif : normal. Grosse rate. Cœur et poumons normaux. Urines : ni sucre, ni albumine.
Sang: B.-Wassermann positif.
Rachicentèse le 16 octobre 1920. — Hypotension: 10 cc. au dé- part. Liquide légèrement teinté de sang. Albumine: 1 1/2 au Sicard après vingt-quatre heures. B.-W.: positif. Cytologie : 0,4 1ympho., nombreuses hématies. Tension artérielle: 14-7 avant, 14-8 après. Pouls: 70 avant, 76 après. Compression abdominale, Pas de céphalée consécutive.
Traitement. — Cyanure Hg. Pas de crises à l’hôpital. Sort le 3 novembre 1920.
Noter dans cette observation l’association de la commotion et de la spéficité, bien que les crises semblent être nettement sous la dépendance de la commotion.