OBSERVATION V
(Service de M. le professeur Roger.)
Crises épileptiformes. Etat de mal épileptique, chez un ancien commotionné. Hypotension: 8.
S. G... Entre à la Clinique neurologique, le 5 de 1922, pour crises épileptiformes.
A. H.— Rien à signaler. -
A. P. -— Pas de chancre ( B.-W. négatif le 12 avril 1922). Deux enfants dont un strabique. Femme: un avortement.
Histoire. — Commotion en 1918, avec perte de connaissance. Réformé pour épilepsie Bravais-Jacksonienne. Crises comitiales survenant à intervalles irréguliers, précédées au début d’aura sensorielle à prédominance droite; sensation de bourdonnements ; courants électriques dans les membres droits. À eu chaque fois une série de crises successives, assez rapprochées, pendant quelques jours, à prédominance faciale. Traité par le borade de soude, qui l’a amélioré.
Il y a quinze jours, crise précédée d’une gêne dans la prononciation que ses camarades remarquaient depuis huit jours. N’a repris connaissance que chez lui. Depuis, les crises se sont rapprochées. =:
+4 juillet, — Cinq crises dans la journée.
5 juillet (entrée). — Quatre crises pendant la visite, à un quart d'heure les unes des autres.
Examen. — La crise: le malade pousse un grognement pro:
longé, porte le m. s. gauche, puis les deux, à la face, et appuie fortement les doigts sur les joues, comme pour atténuer la douleur qu'il ressent. Contractions de la face, peu marquées, qui a la fin semblent prédominer à gauche. Pas de déviation de la tête et des yeux. La langue est paralvsée. Quelques mouvements de soulèvement Seulement. Le voile du palais est rouge et contrac- : tile. Pas de diplopie. Pupilles régulières, contractiles. Pendant la
crise, il garde sa lucidité. Au bout d’une minute environ, il ouvre les yeux, s’assied sur son lit, à un mouvement de déglutition, mais passe son mouchoir sur ses commissures pour essuyer la salive.
Au début de la crise, la tension artérielle tombe à 17. Au cours de la crise, elle se maintient à 20-9, sans variations. Urines postcritiques : traces d’albumine. Dans l'intervalle des crises: le ma-
iade comprend tout ee qu’on lui dit; il répond par signes ou par écrit, mais ne peut parler.
Suite de l’examen. — M. sup.: motilité spontanée normale; la force semble un peu diminuée à gauche, Mobilité provoquée. bis d’hypotonie. Tr. sensitifs: pas de douleurs spontanées. Sensibilité diminuée à droite. Réflexes: plus vifs à gauche.
M. inf.: troubles moteurs: dans la -position gynécologique, stabilise un peu moins bien à gauche. Dans l’acte de $ ’asseoir, SOU-
‘lève un peu moins la jambe gauche. Une crise étant survenue pendant l’épreuve de Barré, il maintient ses jambes en demi extension, mais la droite tombe un peu. Réflexes: rotulien un peu plus vif à gauche, vif à droite. Plantaires, normaux. Sens stéréognostique intact. - c
Crâne et face: à la percussion, souffre un peu plus à gauche.
Examen oculaire (professeur Aubaret) : rien à signaler. Autres. appareïls: rien à signaler. | \
Rachicentèse : tension, 8. On retire 8 ec. Albumine: 10 1/2 au Sicard. B.-W négatif.
Traitement. —- Injection intraveineuse de CaCl2: 0 gr. 30 à 10 pour 100.
Le soir, le malade peut sortir la langue, avaler par petites gorgées, tendance à s’engouer. Peut prendre du gardénal Die la bouche. 4 r
Jours suivants: gardénal, 0 gr. 20 pro die.
6 juillet. —- Nouvelle injection de CaCL2: 0 gr. 20.
8 juillet. — Le malade est très amélioré: parle normalement, cort très bien la langue: voix un peu nasonnée. Plus de cerises.
11 juillet. — Rachicentèse : tension, 15-7.
Le malade va bien et peut bientôt sortir.
Dans cette observation, il est très intéressant de remar- ‘quer l'amélioration rapide à la suite d'injection intraveineuse de CaC12 en solution hypertonique, ce qui paraît
PAS (Noa
‘contraire aux idées admises: le CaCP, associé au gardénal, a agi comme sédatif nerveux, et l’hypotension du
hquide (. R. semble avoir été la conséquence, non la cause
de l’état de mal.
OBSERVATION VI (Service de M. le professeur Imbert).
Fracture de Ja base du crâne avec écoulement de I. ©. R. par l'oreille. Paralysie faciale tardive, Hypotension secondaire du 14 © R.
G. J..., 24 ans. Entré le 13 juillet 1922, à 3 heures du matin. A 2 heures, a fait une chute de la « bagnolle » des tramways, ‘projeté en bas par un fil qui s’eët rompu. Tombé sur le sol, perd connaissance, est transporté à l’Hôtel-Dieu dans le coma.
A son entrée... — Coma. Otorragie et écoulement de IL. C. R. par l'oreille droite. Légère voussure au niveau de Ta région temporale droite. Rien aux membres, ni à la face, ni aux yeux.-Pas d’autres hémorragies. Pas d’ecchymoses. En somme: fracture de la base du crâne (rocher droit). On constate en outre une fracture du tiers externe de la clavicule droite.
13 juillet. — 8 h. 30: le coma a cessé. Le blessé répond aux questions sur les circonstances de l’accident.
S. F.: céphalée marquée, sans localisation particulière, qui di-:
‘minue parfois après l’ingestion de café. Vertiges survenant dès qu'il essaie de s’asseoir sur son lit :
S. G.: pouls, 70; température, 37°.
S. P.: tendance à la somnolence très nette au cours de la journée, à :
Liocalement: empâätement,. douloureux à la pression, au niveau de la région temporale, avec point douloureux surtout net à 1 em. environ au-dessus de l’insertion supérieure du pavillon de l’oreille ; l’écoulement par l’oreille continue. Aucun autre signe neurologique. $
À 16 heures: première ponction lombaire (Crémieux). Liquide uniformément hématique, s’écoulant rapidement. Tension: départ, 23 em.; après, 15 ec.: 6 em.
A la suite de la ponction, survient un vomissement, sans effort,