TI. — TRAVAUX ANTÉRIEURS AU PREMIER ARTICLE DE LERICHE
Cette période remonte très loin dans l’histoire du LE. C. RE puisque Magendie, étudiant les variations de pression du liquide au moyen d’un tube de verre placé derrière l’occiput, constate que «la pression diminue au cours de l'inspiration »; il a observé les vertiges et la titubation - provoqués par la soustraction du liquide; il les expliquait par l’anémie artérielle, due à la compression des vaisseaux de la base du crâne par le poids du cerveau qui ne flotte plus (42).
En 1878, Bochefontaine, reprenant au laboratoire de Vulpian les expériences de Magendie, avec un appareil 4e
ide mesure, à pu ( s’assurer que l'écoulement en jet du I: C. R. par un trou fait à la dure-mère, est loin d’être un résultat constant » (5).
Beaucoup plus tard, D'Orméa (46), recherchant, sur des: chiens, les modifications qui ont lieu dans la cavité snbarachnoïdienne durant l'accès épileptique, constate que:
« 1° Exceptionnellement, la pression peut subir un abaissement, même fort, plus ou moins rapide et prolongé, mais non durable ; |
» 2° L'état de Dal montre des élévations rapides et irrégulières, suivis d? abaissements souvent subits et INÉSAUX ; \ » 3° À la fin de l’accès convulsif, l’écoulement reste complètement suspendu pendant un temps plus où moins ivng suivant la gravité et le nombre des accès qni ont précédé; si les attaques ont été nombreuses et graves, le retour de l’écoulement peut tarder quelque une et même ne plus se produire du tout ».
Maupetit (48), étudiant les rapports de la pression du L. C. R.'avec la tension artérielle, constate que la ponction lombaire évacuatrice amène en général une chute de la p. artérielle. '.
En 1909, Anglada, dans sa très remarquable, thèse inauœurale (1), signale que « peu de maladies déterminent une hypotension caractéristique. À part les méningites CS. purulentes où ce liquide s’écoule avec peine, il nous est difficile d'apprécier la tension. On ne peut citer d’intéres-. sante que l’hypotension des syndromes méningo-spinaux avee xanthochromie et coagulation massive di Es: OR (syndrome de Froin) ». Il rapporte un cas de méningite aiguë syphilitique (Di Porto, 1908), quelques cas de typhus exanthématique (Hatineao et Gawesko, 1906) ; il rappelle au sujet de l’hypotension, que € d’après Moindrot, l’hypertension des tumeurs cérébrales disparaît lorsque la tumeur siège soit au bulbe, soit à la protubérance », |
Alto
n Puis ce sont les études de Roubinoviteh et Paillard
(1910-1911), sur la € ponction lombaire dans les maladies mentales » (55). La tension est prise avec un simple tube à eau. Veiei leurs résultats:
Sur 95 cas:
) cas au-dessous de 5 em, 14 cas entre 5 et 10 cm.
17 cas entre 10 et 15 em.
Ils notent que les paralytiques généraux dans le marasme et la cachexie avancée, ont une pression liquidienne au-dessous de 10, souvent au-dessous de 5 em. Ils signalent que 42 fois sur 64, la ponction lombaire a produit un abaissement de la tension artérielle. : |
Dans leur atticle sur «le liquide C. R. dans les maladies mentales » (56), les mêmes auteurs remarquent que la ten-. sion est («normale ou hyper dans la démence précoce et . dans l’épilepsie, inférieure à 10 et même 5 em. chez les P. G. cachectiques ». |
La-même année, Boveri, dans une communication à la Société de Biologie (6), compte comme normale une tension de 17 à 20.em., en se servant de l'appareil de Kiænig. Sur 25 ponctionnés, il trouve 4 hypotendus, et il conelut: « Chez les anémiques, la tension du L. ©. R. est inférieure à la normale ».
Mestrezat, dans sa thèse aujourd’hui classique (44), étudie surtout les réactions chimiques du L. C. R.; il signale : cependant des cas d’hypotension dans la méningite tuberculeuse, la méningite (!. S., le tabes ancien, la P. G., les vertiges d’artério-scléreux, les cas de syndrome de Froin, la EF. typhoïde adynamique, la pneumonie avec réaction
méningée, certains ictères.
ALT us
La thèse de Philip, en 1913 (50), où la tension est prise avec le manomètre de Claude, dans la position couchée, c’est-à-dire dans les conditions même de nos observations personnelles, nous donne une série de chiffres. intéressants, pris dans les cas les plus divers, et en particulier dans les affections neurologiques. En considérant comme hypo-normales toutés les tensions au-dessous de 12 em., limite que nous avons fixée nous-même pour nos recherches, il a trouvé 28 hypotendus sur 218 ponctionnés, ce qui ; fait 12,8 % environ.
De ses observations, cet auteur tire les conclusions suirantes: € Dans tous les cas; Ja tènsion du L. C. R. d’une facon générale se trouve augmentée plus où moins, sauf à la période ultime de ces maladies, et dans les états cachectiques ou anémiques. En particulier, dans le tabes, comme dans la P. G., la tension du LE: C. R. paraît être d’autant moins élevée que la maladie est plus avancée; au point de vue pronostique, des ponctions répétées permettent d'établir une courbe et de voir si la pression s’achemine vers la normale, si elle continue à monter, ou si, au contraire, fâcheux imdice, elle tombe au-dessous de 10 ein, »
Enfin, dans un travail sur la « sous-arachnoïdo-manométrie (1914) (10). Stephen Chauvet fait remarquer que « dans les cas de cloisonnement, on peut avoir des tensions basses au manomètre, malgré l’hypertension; alors on observe une chute très forte après soustraction d’une quantité minime de liquide ». Ce point est intéressant pour le diagnostic différentiel de la véritable hypotension liquidienne. |
Quelqu $ auteurs, avant Leriche, ont done noté au cours de leurs observations, des chiffres de tension liquidienne pou élevés: mais il faut en arriver aux travaux de l’éminent chirurgien lvonnais, pour que la question de l’hypotension du L. (!. R. soit posée d’une facon nette.
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IL — Travaux De LERICHE ET DE SES COLLABORATEURS
Tout d’abord, dans un article sur la ponction lombaire dans les plaies du crâne (29), Leriche saisit les relations possibles entre certains symptômes cliniques et° Phypotension du Li. C. R. Ilrevient sur la question, d’une facon plus précise, en montrant l'influence de l’injection de sérum isotonique dans des cas d’agrandissement des espaces sous-arachnoïdiens (30). En décembre 1919, il étudie les caractèr es spéciaux des céphalées d’hypotension chez les anciens trépanés pour blessures du crâne (31). Il à ob. tenu également, dans ces cas, dé grandes améliorations par l’injection de sérum sous la peau. |
Puis se succèdent une série de travaux et de communications sur le inême sujet: un cas de perforation du ven- {ricule latéral, avec perte abondante et brusque de L. R., maux de tête, état nauséeux, prostration, amélioré en quelques instants par l’obturation de la perte de substance avec un flocon de coton, suivie d’une injection de sérum sous-cutané (32), une communication à la Société de Chirurgie de Lyon, sur une fracture de la base du crâne avec hypotension traitée de même (33).
Leriche consacre ensuite: un article de la Presse Médi- ‘cale (34), puis une communication à la Société nationale de médecine de Lyon (35) ; un travail paru dans la Revu de Chirurgie, en décembre 1920 (36) ; deux nouveaux articles du Lyon Chirurgical (37) et de la Gazette des Hôpitaux (38), seul où en collaboration avee Wertheimer, à 17e tude de la physiologie pathologique, du mécanisme et du traitement de l’épilepsie jacksonienne, en particulier dans les cas accompagnés d’hypotension du L. C. R.
11 rapporte à nouveau, avec Eméry, un eas de fracture
du œrâne avec écoulement post- traumatique de | liquide Ge
R. par l'oreille (39), amélioré rapidement par le ee “
ment de l'hypotension.
Enfin, dans un travail d’ensemble paru dans le Lyon:
Chirurgical (40), puis dans un article récent de la Méde-
cine (41); il résume les résultats de ses constatations, et pose au sujet de la pathogénie, de la traduction clinique,
du traitement de l’hypotension du L. C. R. un certain
nombre de questions, dont on ne peut, dit-il, € qu’effleurer.
la réponse ».