‹ Considérations sur l'Introduction de la Race Bovine du Durham dans nos Grandes Races FrançaisesChapitre 21 sur 28 · DENT. ARE · texte numérisé non relu

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des animaux de boucherie. et le désir légitime de l’éleveur breton d'améliorer son bétail pour le mettre au niveau de celui du reste de la France.

Comme dans tous les essais d'amélioration par le croisement, le début ne vit que peu de suite dans les opérations ; les géniteurs employés furent de races diverses. La race de Jersey, de Guernesey, puis la race d’Ayrshire furent choisies pour améliorer tout d’abord la production laitière. La race de Hereford fut employée pour grossir le format. Ces croisements ne durèrent pas. La race Normande, elle, fut introduite avec plus de suite, et semble avoir eu plus de répercussion sur le troupeau breton. Il subsiste d'ailleurs encore des métis bretons-normands dans le département des Côtes-du- Nord, où ils voisinent avec des durham-manceaux élevés dans celte région.

Cependant la race Durham, dès son introduction en France, ne cessa d’envahir la Brelagne, particulièrement, au début, dans ses parties les plus fertiles pour s'infiltrer dans la suite dans les régions avoisinantes, au fur et à mesure de l’amélioration du sol et des cullures.

Car il faut savoir que la Bretagne actuelle ne correspond plus, en nombre d’endroits, à celle que l’on décrivait il y a un demi-siècle seulement. Les sols granitiques, pauvres, couverts de landes et de bruyères où seuls le sarrasin et la pomme de terre pouvaient végéter, diminuent de plus en plus.

Depuis un demi-siècle, l’agriculture et l'élevage complètement transformés sont devenus les faits dominants de la vie économique de la Bretagne,

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La Bretagne, considérablement améliorée par les apports d’amendements et d'engrais marins, jouit dans une grande partie de son étendue d'un climat particulièrement doux et régulier; la température varie entre 4 et 22°, les chutes d’eau abondantes permettent une riche production fourragère.

Dans un tel milieu, le Durham ne pouvait que se développer et transmettre fidèlement à ses descendants ses merveilleuses qualités.

Les éleveurs, en de nombreux points, remplacèrent systématiquement les diverses races introduites par le Shorthorn pur et se mirent à l'œuvre.

À l’époque où nous nous reportons, le commerce du lait rapportait peu par suite de l'éloignement des villes; la bête à viande commençait à trouver de plus nombreux débouchés. Le Durham fut mis à contribution pour améliorer le bétail indigène.

Il semble que le Finistère importa le premier des Durham, par l'intermédiaire de la Société d'agriculture de Brest qui, vers 1840, fit l'achat à l’école d’Alfort, du taureau « Metellus ».

En 1842, Rieffel fit des métis durham-bretons-Ayrshire pour améliorer les formes et la production laitière. Il recommandait de ne pas insister outre mesure avec le Durham, afin d’éviter les localisations graisseuses excessives. Dès les premiers essais les résultats furent des plus encourageants. De plus, l’admirable conformation du veau écartait les difficultés du part.

Vers 1843, Querret augure bien de l'introduction raisonnée du sang Durham au sein de la race Bretonne.

Dans les régions les plus riches de la Bretagne, divers

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éleveurs créèrent des vacheries de Durham purs. Les métis envoyés aux concours étaient fortement remarqués. En 1847, un Durham-breton envoyé au concours de Poissy se classe quarante-cinquième, avec un rendement de 60,97. Malgré tout, la masse des éleveurs était encore méfiante, craignant, par l'emploi du Durham, de diminuer par trop la production laitière. Ici, comme vis-à-vis des autres races, il fallait s’entourer de tous les renseignements désirables afin de n'importer que des animaux issus de tribus laitières. Peut-être ne s’eston pas suffisamment préoccupé de la question dans les diverses introductions.

Le mouvement ne se propagea que lentement. En 1870, M. Halna du Fretay, envoyé en Bretagne par le ministre de l’Agriculture, disait:

« Il ne manquerait à ces animaux bretons qu’un peu d’ampleur, si facile à demander au sang durham qui, sans altérer les facultés laitières, apporterait des aptitudes à l’engraissement inconnues à la race Jerseyaise. Le peu de faveur dont jouit le Durham est tel que M. de Pont-Briand ne peut que difficilement écouler ses produits. Cependant ces taureaux ont des qualités et ont produit des résultats. On le voit par les concours des comices où beaucoup d'animaux ont du sang Durham. Les sujets les plus près du sang ne manquent ni d’ampleur ni de précocité; et si cet apanage n’est pas celui du plus grand nombre, le motif doit en être imputé aux mauvais procédés d'élevage, à de trop rares importations de purs-sangs bien choisis, à l'indifférence encore trop grande dans ies accouplements.

Le Durham, en 1870, est accepté dans le Léon, dans

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