‹ Considérations sur l'Introduction de la Race Bovine du Durham dans nos Grandes Races FrançaisesChapitre 26 sur 28 · PS TA SE ES RAT · texte numérisé non relu

PS TA SE ES RAT

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Gayot réalisées, estima qu'il était temps de réagir. Il eut l’idée de reconstituer la race.

Dans quel intérêt ? Pour quelles raisons vouloir abandonner l’acquis pour en revenir au médiocre ? Parti pris ou but électoral. Toujours est-il que, lorsque M. Legludic voulut mettre son idée à exécution, les Manceaux purs étaient introuvables. Qu’importent les moyens; quelques Montbéliards introduits clandestinement vinrent combler les vides dans les rangs des géniteurs disparus.

Quoiqu'il en soit, « la race électorale » devant être reconstituée, on créa un Herd-Book et, en 1895, une commission pleine d'indulgence ne put inscrire que 304 animaux sur 804 présentés.

Cet échec devait être prévu. L’éleveur doit produire les animaux lui laissant le plus grand profit, et vouloir: troubler la loi économique par des encouragements, c’est faire fausse route.

On essaya de développer les facultés laitières de la race. Erreur complète; pourquoi vpuloir s’adharner sur la mauvaise laitière qu'est la Mancelle alors qu’on peut, sans trop de frais, se procurer dans les régions immédiatement voisines d'excellents animaux. A noter d’ailleurs que cette initiative ne trouva pas de nombreux échos.

En 1903, fut créée à Tennie une beurrerie coopérative. Les efforts et les capitaux ne suffirent pas à faire prospérer cette association. La Mancelle donne un lait de bonne qualité, il est vrai, mais en trop faible quantité. Aussi, au plus fort de la propagande, les Normandes vinrent dans les étables remplacer la race autochtone.

Voici un tableau comparatif publié par M. Gouin:

Grammes de beurre par litre TT Mancelle Normande

Avril 190% 42 40 Mai 41 40 Juin L 41 40 Juillet | 43 41 Août i ; 4% 43 Sept. 46 47 Oct. 5e 6.

Nov. 47 50 Déc. 44 17 44 41 44 54

Nous voyons que ces deux laits se valent, mais la Normande est préférée car elle en donne une plus grande quantité. |

Les efforts furent vains. Les éleveurs se rendant trop bien compte que l'introduction du Shorthorn pour améliorer le Manceau était la seule méthode à suivre. Et lon peut affirmer sans crainte de se tromper que les quelques étables qui possèdent encore du Manceau n'ont d'autre but que de profiter des primes réservées à ce bétail.

Constitution de la race de Maine-Anjou

Avant qu'il ait été sélectionné pour former le Maine- Anjou, ce bétail était inscrit aux catalogues des concours sous le nom de Manceau anglaisé.

Nous avons vu quelles étaient les aptitudes de l’ancien Manceau, et il est évident que la seule méthode d'amélioration du bétail indigène devait être dirigée dans le sens production de la viande.

Les résultats des croisements avec le Durham furent d'autant plus rapides et décisifs que, par suite de son peu de fixité, la race mancelle ne possédait qu’une puissance héréditaire réduite, tandis que le Durham en avait une de premier ordre.

Les premiers Durhams (mâles et femelles) furent introduits en 1825 par le marquis de Quatrebarbes. Dans la suite, la Société industrielle d'Angers importa des taureaux durhams qui firent la monte dans le Maine- Anjou. Les bons résultats en étant connus, plusieurs étables de Durham se créèrent. | . Dès 1857, on croyait pouvoir supprimer dans les con: cours la catégorie réservée aux Manceaux. Cependant, au concours de Laval en 1886, Grollier constatait qu'il y avait au plus la moitié du nombre des animaux exposés en 1879, tant Durham purs que croisés. Il attribuaïit ce fait à une sorte de sélection, les éleveurs les moins habiles étant découragés par leurs insuccès; et il ajoutait : « Quoiqu'il en soit, beaucoup de cultivaleurs ont renoncé aux taureaux de pur sang. Il en est résulté un déplorable retour vers la race commune, que le Durham avait si bien améliorée. »

Par ailleurs, divers membres de jury ayant visité un grand nombre d’exploitations dans la Mayenne,

‘avouaient qu’ils avaient été frappés par l’amoindrisse-

ment et la dégénérescence du bétail dans ce pays. Il nous semble qu’à ce moment, la masse des éleveurs

n’était pas suffisamment armée pour recevoir Île Durham. Dans les régions où l’agriculture était la moins avancée, le croisement périclita à mesure que l’infusion du sang anglais augmentait; les métis diminuèrent de laille et furent décousus; et l’on vit alors les cantons de Conlie, Loué, Sillé, partie de ceux de Brulon, de Ja Suze et de Vallon revenir au bétail indigène.

Après son heure de célébrité, le Durham Manceau connut la déchéance. L'absence de méthode, le retour trop fréquent au géniteur durham, la décadence de l’élevage du Durham lui-même, les modifications du marché qui exigeait de plus en plus l’augmentation de la viande et la diminution du suif, en furent la cause.

On s’en aperçut, on chercha d’autres améliorateurs. Ce fut un mélange indescriptible de races, bonnes individuellement, mais dont le mélange risquait d’accentuer encore la variation désordonnée du troupeau. Et, vers 1900, on trouvait dans le pays : des Durhams, des Manceaux, des Normands, des Bretons, des Parthenais et le produit des croisements de ces diverses races. On imagine aisément quel devait être l'aspect d'une pareille population bovine.

Soit que le sol y fut plus propice, soit que le travail d'amélioration par le Durham y ait été fait avec plus de discernement, plusieurs étables s'étaient perpétuées, au centre même de la région durham mancelle.

Les éleveurs pensèrent donc, à juste titre, qu’au lieu d'aller chercher au loin leurs géniteurs, il était tout indiqué de puiser à une souche issue de parents et an- | cêtres qui avaient traversé un siècle se transmettant des qualités typiques et étant parfaitement acclimatés.

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Ce fut une première étape vers la reconstitution du troupeau. La deuxième fut la sélection.

Beau programme en effet, mais qu'il fallait codifier. Il y allait d’intérêls considérables, puisque la question intéressait 600.000 à 700.000 animaux répartis dans le Maine-et-Loire, le sud de la Sarthe, la moitié sud de la Mayenne, un coin de l’Ille-et-Vilaine, la moitié de la Loire-Inférieure et quelques territoires de la Vendée : une soixantaine de cantons environ.

Le travail d'amélioration commença, les résulats en furent magnifiques. Ce fut l’œuvre de la Société Maine- Anjou (1) qui travailla sous l'impulsion de M. le Comte de Rougé.

Fondée en 1908, elle ouvrit un herd-book de la race définissant le type idéal. Les organisateurs entreprirent eux-mêmes de visiter tous les animaux dont l’inscription était sollicitée.

Sur l'échelle de O à 100, les animaux les meilleurs furent notés le plus haut. Au-dessous de 80, les animaux ne furent pas admis. L’émulalion étant nécessaire, divers concours furent organisés.

Le succès fut complet.

La guerre entrava pour un temps ces intéressants travaux. Dès la cessalion des hostilités, aidée par la création des offices agricoles, la société se remit à l’œuvre. Les différents concours qu’elle organise sont parmi ‘es plus belles des manifestations agricoles de la région de l'Ouest.

(1) Nous remercions ici M. Delhomineau, secrétaire général de la Société Maine-Anjou, pour les renseignements qu’il a bien voulu nous communiquer.

Aujourd’hui, le nombre des animaux inscrits dépasse 16.000. Le livre est encore ouvert, la Société ne voulant négliger aucune source d'amélioration. Elle ne veut pas non plus que l'inscription des géniteurs soit suffisante pour entraîner de fait l'inscription des jeunes. La race étant de formation récente, des retours en arrière sont en effet possibles. Il y a lieu de féliciter la société du labeur qu’elle s'impose en voulant voir avant d'inscrire.

Cette manière de faire est assurée par le maintien, dans chaque canton, d'une commission composée de membres minutieusement choisis.

Aux possesseurs de taureaux inscrits, on remet des carnets de saillie, dont les certificats détachés donnent droit à des certificats de naissance délivrés par le secrétaire général. A leur tour, ces certificats détachés sont présentés aux commissions visiteuses, et forment un premier élément d'appréciation pour létablissement des tables de pointage. Ces tables de pointage donnent le signalement des animaux qui est d’ailleurs reproduit au herd-book.

La Société Maine-Anjou est en liaison constante avec les comices, les sociétés départementales, les offices départementaux et l'Office régional de l'Ouest. L'union de leurs efforts, et un labeur de tous les instants justifient la réputation actuelle de la race Maine-Anjou.

Aire géographique

Elle déborde largement du Maine-et-Loire dans les uépartements limitrophes. On trouve ces animaux dans

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le sud de la Sarthe où ils occupent une grande partie des arrondissements de La Flèche, les cantons de Loué, Conlie, Sillé-le-Guillaume ; ils peuplent le sud de la Mayenne, le nord de ce département élevant de nombreux Normands; ils s'étendent enfin vers l'Ille-et- Vilaine, de Vitré aux confins de ja Loire-Inférieure.

Sur la périphérie de cette aire géographique étendue, des croisements disparates donnent des produits à caractères peu homogènes. Par exemple dans la région du Mans, il y a un mélange de Manceaux-Normands, Manceaux-Durhams-Normands. Ces derniers connus sous le nom de « bœuf de Mamers » sont d’ailleurs précoces et fournissent un poids élevé à la boucherie.

Au sud, dans l'arrondissement de Cholet, on trouve des Durhams-Manceaux el des Parthenais-Dürhams : alors que larrondissement de Saumur est occupé par des animaux de races diverses et de croisements mal définis.

Constitution géologique des terrains

Au point de vue géologique les formations qui affleurent sont très variées. On y trouve toute la gamme de la fertilité depuis les alluvions jusqu'aux sables ciliceux du Cénomanien el aux roches granitiques et shisteuses de la lande aride.

L'îlot armoricain était émergé des eaux dès les époques les plus anciennes. Les mers des différents âges venant battre son pied, se retirant et envahissant allernativement, laissèrent des dépôts divers caractérisant chaque époque. |

La ligne de rivage, légèrement .concave, suit une direction nord-sud et jalonne à peu près les villes d'Alençon, Sablé, Sillé, Châteauneuf, Angers, Brissac, Thouars.

Dans la partie nord, affleurent quelques lerrains jurassiques dernière ramification de celte bande partant des rochers du Calvados, formant la plaine de Caen et venant disparaître vers la Flèche, après avoir doté la Sarthe de la « Champagne du Maine »,

Puis on note les dépôts de crélacé et de miocène qui s’enchevètrent.

Nous pouvons déduire immédiatement que, dans tous ces sols, sauf dans les affleurements oolithiques, le phosphate manque pour bâtir le squelette. L'habileté du cultivateur dans l'application des engrais el des amendements devait donc décider de l’extension des denrées fourragères, de l’exploitation ef de la beauté des troupeaux.

Lefort-Beauchene, maire de Craon, avait préconisé dès le début du xix° siècle, des composts de lerreau et de chaux.

Il en résulta une augmentation de la production fourragère. Les amendements calcaires acérurent la production des céréales; le trèfle rouge et le sainfoin prirent un grand développement.

Les croisements Durhams prospérèrent dans cette abondance. Mais l'emploi excessif de la chaux amena un épuisement rapide du sol, l’amoindrissement des ré- . coltes, l’abâtardissement de nombreux troupeaux.

Physionomie agricole de la région

C’est dans le département de la Sarthe que l’agriculture est la moins florissante. De grandes surfaces occupées par des sables et des grès cénomaniens ne portent que des cultures réduites. Parfois, avec des engrais, on obtient du trèfle et des choux. Dans les endroits où le sous-sol est imperméable, se trouvent quelques prairies. Les parties couvertes par le miocène ont une culture plus avancée; les meilleures terres sont formées par de l'oxfordien dont les deux principaux dépôts sont à Marolles et au nord de Ecommoy. Enfin, dans les vallées, aux environs du Mans, sur les bords de la Sarthe et de l'Huisne, le sol se compose d’alluvions récentes et les prairies y sont très belles. Du côté ouest s'étend la

bande calcaire formant « la Champagne du Maine ».

Dans la Mayenne, le sol provenant des terrains de transition, l’agriculture y est plus florissante. Malgré cet avantage l'amélioration du bétail dans ce département subit comme nous l'avons vu précédemment un temps de recul.

Le Maine-et-Loir est bien le département produisant les plus beaux animaux. Sur les hauteurs, nous trouvons des grés verts plantés de vignes. Les vallées d’alluvion sont d’une grande richesse; le fond en est occupé par de belles prairies sur les bords de la Sarthe, du Loir et de la Loire. Dans les terres un peu plus élevées, on récolte du blé et du chanvre; mais c'est surtout vers le bétail et la vigne que se portent les efforts du cultivaeur. Du côté ouest, ce sont les terrains de transition

qui dominent. Les prairies et les bords de la Mayenne sont moins étendus et moins estimés car de hautes collines taillées à pie en forment les rives sur une grande partie de leur parcours. Aussi le bétail est-il un peu moins beau.

Nous ne voulons pas insister davantage sur cette partie agricole du sujet; mais elle montre combien la question alimentation est à envisager quand on veut introduire une race améliorée dans l’élément indigène.

Quoiqu'il en soit, on peut affirmer sans crainte de se tromper, que la race Maine-Anjou acluelle doit ses merveilleuses qualités à l'union des trois grandes méthodes zootechniques : croisement, sélection, alimentation rai-

sonnée des produits.

Caractères

Les Maine-Anjou sont des animaux de grande taille, ayant beaucoup de caractères des Durham, mais avec des modifications dues à l’action du milieu et à l’ancienne race Mancelle.

Les caractères à rechercher sont définis au Sr de la race.

La taille est ordinairement de À m. 40 chez les taureaux et de 1 m. 35 chez les vaches. Le poids des bœufs oscille entre 800 et 1.000 kilos.

Chez les Maine-Anjou, les variations individuelles sont assez accusées; les animaux les mieux conformés et les plus fins sont les plus avancés vers le Durham.

On a cherché à donner aux produits toutes les qualités du Durham en leur conservant la plus grande part

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possible de la rusticité du Manceau. En fait, on a affaire actuellement à un Durham un peu moins fin qu’à l’origne, mais ayant hérité de la vigueur et de l'endurance de l'ancienne race indigène.

Actuellement, les éleveurs s’en tiennent à la sélection, travaillant leur troupeau suivant les directives de la Société Maine-Anjou, en s’efforçant d’oblenir des animaux correspondant au standard suivant.

Standard

Tête : Courte, front large, joues fortes, mufle clair, cornage moyen, arqué en avant et clair.

Cou : Epais, bref, gorge réduite.

Corps : Ample et long, poitrine large et profonde; épaules pas trop proéminentes, bien musclées, compactes, larges au sommet.

Dessus droit, côtées relevées; rein très large, épais et court; hanches développées, peu saillantes; grande longueur de croupe. |

Ligne de dessous à peu près parallèle à celle du dos et se prolongeant jusqu’en bas de la culotte; cuisses épaisses et descendues; queue grosse et bien attachée.

Membres : Avant-bras puissants, jarrets larges, membres bien proportionnés.

Peau souple, poil fourni.

Couleur : Rouge, rouge et blanc ou rouan. La robe noire ou marquée de noir est exclue, ainsi que la robe blanche. De préférence il est conseillé de se rapprocher du rouge,

Aptitudes

La race Maine-Anjou, assez rustique, parfaitement acclimatée dans la région de l’ouest et du sud-ouest, où les pâturages sont nous le savons de qualité différente, se classe principalement par sa précocité et son aptitude à l’engraissement, le rendement et la qualité de sa viande persillée.

Les éleveurs se sont appliqués à lui fournir avec la perfection des formes une ossature assez puissante, tout en conservant la finesse des attaches et des tissus. Le rendement en viande nette des bons animaux, bien engraisés dans les meilleurs herbages, dépasse 60 %, et celui des sujets de premiers choix, spécialement préparés, alteint 70 %; à ce point de vue, elle n’est dépassée par aucune de nos autres races.

Vu leurs qualités, les Maine-Anjou sont recherchés par les herbagers normands qui en font grand cas. Ce sont presque tous des bœufs d'herbe; sauf dans la région de Cholet, de l’autre côté de la Loire, où la culture est différente, et où la préparation du bœuf mixte ou du bœuf d’étable est plus en honneur.

Inutile de rappeler les grands succès obtenus par les Maine-Anjou au moment de leur apparition, vers 1854, au concours de Poissy. Le tableau ci-contre est suffisamment démonsiratif. Depuis, dans les divers concours, leurs succès ne se comptent plus; et la race est de plus en plus en voie d'extension,

Un lot important a gagné la Vendée. Nous en dirons quelques mots plus loin.

Les qualités laitières ont plutôt été améliorées depuis l'introduction des Durhams. II est recommandé aux commissions du herd-book de n'inscrire que des ani-

RACE g

> ee) Rendement % Poids vif Poids de viande nette Poids du suif | Poids du cuir

Manceaux 4 ans 4 m. | 60,61] .770 | 536 65 3 ans 11 m.| 65,14| 875 570 | 8

4 ans 3 m. | 65,69] 895 | 588 | 108 | 48,5

& ans 3 m. | 68,55| 857 087 |

ee F6 4 ans 11 m.| 65,25) 675 | 443 | 73 | 37,5 2 ans 5 m. | 70,62| 1040 734

3 ans 3 m. | 71,24| 960 659

4 ans 70,42| SK0 | 620

5 ans 59,33| 1060 | 735

4 ans 69,78] 910 635

3 ans #4 m. | 62,23] 860 580

2 ans 5 m. | 66,22] 740 | 498

4 ans 2 m. | 66,86| 860 975

2 ans 6 m. | 66,99| 640 | 423

3 ans 3 m. | 69,24] 875 620

4 ans 2 m. | 68,88] 900 | 620

Durham 2 ans 6 m. | 66,99] 640 | 423 Manceaux 3 ans 3 m. | 69,24| 875 | 620 4 ans 2 m. | 68,88| 900 | 620

Durham Manceaux 66,42, 950 | 631 53,9 Durham Angevin 66,26| 1075 HUE 56,3

maux ayant des caractères laitiers bien marqués. Mais rien, jusqu'à ce jour, ne permet de classer le Maine- Anjou parmi les races grandes laitières ou beurrières. Au point de vue travail, le Maine-Anjou ne peut non plus être considéré comme un tractionneur. Il rend

cependant des services dans les pays où il est utilisé comme tel; et, surtout dans le Choletais, nombreux sont ceux qui en fin de carrière fournissent un état de chair satisfaisant.

Amélioration de la race

Actuellement, la race est pour ainsi dire uniquement travaillée par sélection. Elle peut être considérée comme fixée, les caractères acquis étant héréditaires.

Cependant, la race étant de formation récente, le herd-book, pour éliminer tout retour en arrière, n’inscrit que les animaux qui ont été vus par une de ses commissions.

L'élevage est encouragé au moyen de prix attribués aux animaux primés dans les divers concours organisés par la Société Maine-Anjou. |

On s'emploie à produire des animaux ayant la finesse du Durham et la rusticité des Manceaux, en éliminant soigneusement les dépôts de graisse externe se traduisant par la formation de pelotes adipeuses sous-cutanées; pente qui fut falale au Durham, car elle indique un mauvais équilibre entre la viande et la graisse, état peu prisé pr le consommateur français.

Dans les concours, les jurys ont à leur disposition, pour l’appréciation des animaux, les tableaux de pointage suivants :

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de be” éd ehnS dé po, de SES

Tête et encolure ..... RARE 1 Poitrine, passage des sangles. 1 Dessus el col /2,,.4 4,0. 74 Culotte, largeur du bassin .. 2 ere Développement général ..... 2 Membres et applombs ..... 1 Aptitudes ou origine laitière 1

Ces coefficients indiquent la valeur accordée aux parüicularités recherchées.

Les caractères à obtenir étant fixés dans l'esprit de l’éleveur, il faut s’attacher à les développer au maximum et constater par des chiffres les résultats obtenus.

D'où la nécessité des mensurations, des pesées, du calcul des rendements.

De même, en ce qui concerne la vocation laitière, la

-constatation des signes devra être vérifiée par la traite

et l'analyse rapide quant à la teneur en matière grasse.

Les enseignements à tirer de cette méthode sont des plus précieux. Elle montre les progrès réalisés dans la conformation des animaux et dans leurs aptitudes.

Actuellement, les animaux primés sont mesurés, et il serait désirable que toutes ces mensurations soient publiées afin que les éleveurs se familiarisent avec des données précises et sachent s’en servir pour poursuivre l'amélioration des animaux.

Nous ne pousserons pas outre mesure nos considérations sur la race de Maine-Anjou, ayant déjà même un

peu longuement insisté sur un pareil chapitre, pour ajouter au Durham la page de gloire qui lui revient dans la formation de ce merveilleux bétail qu'est le Maine-Anjou.

La race Maine-Anjou en Vendée

Plus connue en Vendée sous le nom de Durham- Manceau, cette race a pris dans certains points de cette région une extension qu'il est bon de noter au passage.

Le Parthenais, animal remarquable par le développement de ces trois aptitudes : engraissement, production laitière, production du travail, a été en partie éli, miné de certaines étables se spécialisant plus particulierement dans la production de la viande grasse.

L’aire géographique du Maine-Anjou en Vendée peut: être délimitée par une ligne qui, partant de Saint-André Treize-Voies, passerail par L’Herbergement, Chavagnesen-Palliers et Les Herbiers; ligne s’infléchissant vers Saint-Michel-Mont-Mercure, Pouzauges. Montournais et Monomblet.

A cette limite on rencontre côte à côte des Charollais- Vendéens, des Maine-Anjou et des Vendéens purs. On trouve encore des Maine-Anjou autour de Luçon en bordure de la Charente-Inférieure, |

Cette partie du Bocage, qui doit à son aspect particulier le nom de Suisse Vendéenne, est formée de terrains à base de granite et granulite, produits de décom-

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position de roches éruptives. Saint-Michel-Mont-Mer- , cure et Pouzauges forment un îlot important de granite.

Les sols dérivant de ces formations géologiques sont légers, se travaillant bien, perméables, et parfois fertiles autour de Menomblet, Montournais, Saint-Mesmin; de même les prairies de la Sèvre-Nantaise sont excellentes et donnent le meilleur bétail de la région.

Aüïlleurs, vers Montaigu, Herbiers, Clisson, les terres

arables formant de larges plateaux et des vallées peu profondes sont recouvertes de limon argileux de qualité inférieure.

Cette partie du Bocage, très irriguée par de nombreux ruisseaux, est entretenue dans une humidité constante grâce à un maximum de pluies.

Les premiers essais d'amélioration de la race indigène furent faits en 1793 par M. de Rougé qui introduisit du bétail suisse.

Il faut arriver au Second Empire pour noter les premières introductions de Durhams. En 1873, Clément Prieur, parlant du bétail du Bocage écrivait: « Toutes les fois que l’on aura en vue un engraissement précoce, à l’exclusion de tout travail un peu pénible, l’introduction du sang Durham produira économie et profit. »

Dès 1857, en effet, le bétail Maine-Anjou eut un tel succès dans les divers concours, qu’il se répandit bien au delà de ses départements d’origine; si bien qu’il peuple actuellement le Maine-et-Loire, partie de la Loire- Inférieure, le Bocage des Deux-Sèvres et les cantons de la Vendée précités.

Les marchés de Bressuire et de Cholet influencèrent

d'ailleurs la production, et les Maine-Anjou de plus en plus nombreux remplacèrent les Choletais.

Les Maine-Anjou, grâce au sang durham, produisent plus de viande, en un laps de temps plus court, que les Parthenais. La viande a un grain plus fin, est délicate; mais, là comme ailleurs, il faut malgré tout se défier de la tendance qu'a le suif à se localiser sous la peau.

Le Maine-Anjou est inférieur au Parthenais où au métis parthenais-charollais ou salers au point de vue travail. Ces derniers subsisteront donc malgré tout dans les fermes ayant une plus ou moins grande quantité de façons culturales à exécuter.

La vache est en général inférieure à la Vendéenne quant à la production, quantitative et qualitative, du lait. Mais la sélection et l'emploi des métis issus de Durhams laitiers doivent faire envisager une amélioration dans ce sens.

En raison de leurs qualités propres, ces animaux exigent une nourriture saine et abondante; de toute nécessité la production du sol a dû évoluer en vue d’une obtention maximum de fourrages.

Il y a une cinquantaine d'années, la jachère était très employée dans tout le Bocage. Actuellement ce système a disparu, les bonnes fermes comptent environ le quart de leur étendue en prairies naturelles. La culture des fourrages artificiels prend une place importante. La luzerne, le trèfle violet et l’incarnat sont très cultivés; les lotiers récemment introduits donnent toute salisfaction. Un assolement de 5 ans est souvent combiné comme suit :

Première année. Chou fourrager-rutabaga.

Deuxième année. Sole de denrées fourragères : bette- - raves, pommes de terre, maïs; comme grains : haricots, millet, sarrasin.

Troisième année. Semis combiné de blé et trèfle violet.

Cinquième année. Culture principale: blé; culture dérobée: trèfle incarnat, vesces fourrage.

Elevage

Les éleveurs se procurent des reproducteurs dans la Sarthe, la Mayenne, le Maine-et-Loire. Les taureaux font la monte à partir de 15-18 mois et sont vendus à la boucherie vers 8 ans au maximum, Cette époque de réforme, trop hâtive à notre sens, devrait être reculée pour les bons reproducteurs.

Tous les produits sont élevés. L’aliriontation lactée est souvent trop courte. Vers 4 mois, un sevrage mal compris fait que les animaux restent maigres jusqu’au retour de la belle saison.

Les mâles sont castrés vers 8 ou 10 mois.

L’engraissement à l’étable et en toutes saisons est très en honneur dans le pays, mais touche au maximum pendant la période d’hiver. Le chou fourrager y joue un grand rôle.

S'étant rendu compte des difficultés de récolte de cet aliment, la main-d'œuvre refuse de plus en plus de se prêter à ce pénible travail.

D'octobre à mars, en effet, les rations de 40 à 50 kilos sont distribuées en un nombre de repas variant de 3 à 6, les deux principaux étant ceux du matin et du soir.

Vers la fin de l’engraissement on emploie également le topinambour à des doses atteignant 20 à 25 kilos par tête et par jour.

La durée de l’engraissement est de 4 à 5 mois. La vente se fait à l’étable ou sur les champs de foire. La majeure partie de ces animaux vont à la Villette et fournissent à la boucherie un rendement atteignant parfois

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Conclusions

Il est certain que le Durham a exercé une influence marquée sur nombre de nos races françaises. Nous nous sommes intentionnellement limité aux opérations ayant été les plus discutées, ou à celles ayant le plus influencé ie bétail indigène. Mais on peut affirmer que presque toutes nos races ont reçu du sang anglais. II faut reconnaître que cette influence n’a pas donné en toutes circonstances des résultats inattaquables.

Quelques points dominent en effet dans l'opération du croisement. C’est l’adaptation du métis au milieu, aux possibilités fourragères de la région, aux débouchés économiques du pays, et aussi, il faut bien le dire, à l’habileté de l’éleveur.

Nous avons vu, par des discussions engagées au sujet des divers croisements, combien les opinions, fondées sur des résultats divergents, étaient contradictoires. Question de doigté dans le croisement.

Avant d'opérer un croisement, il faut connaître à fond les deux géniteurs en présence. Il semble que cette connaissance ne fut point parfaite dans nombre de cas.

Certains croisements Durham poussés trop loin, ou mal adaptés aux circonstances locales, ont laissé des mécomptes.

Le croisement, pour aussi avantageux qu'il soit dans certaines circonstances, ne saurait être généralisé; il doit être pratiqué au bon moment et au bon endroit.

La

Lorsqu'on pousse à fond le croisement Durham, on obtient souvent des animaux obèses, pêchant dans leurs membres postérieurs, ayant trop de suif, inaptes au travail; leur production laitière se trouve fortement diminuée si les origines des géniteurs de croisement n’ont pas été surveillées. Le croisement sera contre-indiqué chez le tractionneur et dans les exploitations où la principale production est celle du lait.

Nous concluerons en résumant les indications du croisement: Production du veau de boucherie de première génération. Cette opération est d’ailleurs effectuée en Normandie, dans l'Eure et le Loiret où l’on produit des veaux blancs lourds et gras.

Production du taureau de boucherie livré à deux ans à la boucherie sans avoir effectué la saillie, On en trouve l'exemple en Bretagne.

Production de bœufs et génisses précoces envoyés à l’abattoir vers 2 ou 3 ans. Opération à préconiser dans le Charollais.

Production de métis résultant du croisement entre une race indigène prédisposée à la production de la

viande grasse, tout en étant suffisamment laitière; introduction au sein de cette race de durhams issus de tribus laitières et, dans la suite, sélection des métis en vue d'une production maximum de lait.

Vu : Le Directeur Le Professeur de l'Ecole vétérinaire de Lyon, de l'Ecole Vétérinaire, CH. PORCHER. LETARD.

Vu : Le Doyen, Le Président de la Thèse, Jean LÉPINE. Dr LATARJET.

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