CHAPITRE V
Le Durham et la race mancelle Création de la race Maine-Anjou
Il n'est personne dans le monde de l'élevage qui ne connaise au moins de réputation la race bovine dénommée actuellement « Maine-Anjou ».
Les nombreux succès remporlés par ces animaux dans les divers concours, la production de plus en plus poussée de ces métis et de leurs qualités justifient une telle réputation.
Ici, l'introduction raisonnée du Shorthorn, l’alimentation des métis et, il faut le dire aussi, un milieu éminemment favorable, furent une source de richesse pour pour les éleveurs assez avisés qui se livrèrent au croisement.
Nous donnerons dans ce chapitre une idée d’ensemble de la race actuelle; mais, voulant faire surtout ressortir l’action du Durham, nous commencerons par décrire l’ancien bétail qui fut la souche de ce vigoureux rameau qu'est le Maine-Anjou.
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L'ancienne race Mancelle
Pour tous les auteurs, il semble avéré que c'est le sol de la Champagne du Maine qui a fait la race mancelle.
Cette champagne du Maine composée de calcaire oolithiques du bathonien et du bajocien, des marnes du callovien, donne des plaines à céréales, à chanvre el à trèfle, les prairies restant limitées au fond des vallées.
Le berceau de la race est formé par cette bande jurassique traversant trois cantons. Ceux de Sillé-le-Guillaume, Conlie et Loué; le tout formant environ le neuvième du département de la Sarthe.
L'origine des animaux habitant ce foyer restreint a été, et est encore fort discutée. Certains, et nous le croirions volontiers, pensent qu'ils constituent un rameau de la race Jurassique. Ces animaux, en effet, ressemblent étonnamment aux Bressans et aux Montbéliards actuels. D’autres auteurs, au contraire, pensent que lorigine se trouve dans un mélange de races limitrophes : Normande, Bretonne, Parthenaise, Même en admettant une adaptation parfaite des produits au milieu extérieur, il est assez difficile d'admettre cette hypothèse. Le Manceau diffère nettement des rois races en présence tant par ses caractères morphologiques que par ses aptitudes.
Il serait en effet curieux qu'étant issu de bêtes laitières et travailleuses, il n’en ait aucune des qualités,
Caractères
L’agronome Leclerc-Thouin dans une étude détaillée, nous donne une description complète de ces animaux. Il dit: « Que leur robe d’un rouge blond uniforme, se trouve parfois maculée de blanc, tirant plus ou moins vers l’une ou l’autre de ces deux teintes. La tête est particulièrement dessinée de cette couleur qui forme nettement l'entourage des yeux, et se reproduit sur les naseaux. Les cornes blanc jaunâtre sont assez grosses à leur base, ouvertes régulièrement dans une légère courbure, longues de 20 à 24 centimètres. Front large, poitrail développé, flancs amples, croupe épaisse, carrée, formant jusqu’à l’extrémité du jarret une ligne droite, les cuisses ne sont détachées qu'à une faible hauteur des jarrets. »
Au début du 19° siècle, époque à laquelle Leclerc- Thouin s’occupait de la question, on rencontrait le Manceau à l’état assez pur aux alentours de Durtal, sur les bords du Loir, au nord et au sud de Châteauneuf jusqu'au delà de Segré. Aïlleurs, la race se trouvait plus ou moins mélangée aux races voisines. On a même fait à cette époque des introductions de sujets de la race brune de Suisse qui foncèrent la robe, augmentant la stature et le système osseux. Cependant, la conformation charnue due aux Manceaux se retrouvait chez les métis.
Du côté de Segré, quoique assez bien caractérisée, la race perdait de la taille se fondant de plus en plus dans les croisements avec la race bretonne.
Aptitudes
Les bœufs manceaux n’ont aucune aptitude au lravail. C’est un point qui les éloigne du Parthenais ou même du Breton, qui toutes choses égales d’ailleurs, sont susceptibles de rendre de nombreux services.
Par contre, le Manceau est doué d’une aptitude à l’engraissement appréciable. Il possède une certaine précocité, dont font d’ailleurs cas les herbagers normands, el il n’est pas rare de voir sortir des Manceaux de la vallée d'Auge, à destination de la capitale.
Actuellement, depuis qu’on l'a amélioré par le Purham, l'élevage du Manceau ne présente aucun intérêt au point de vue zootechnique, car il est en voie d'exlinction.
Vers 1850, Gayot écrivail: « Il n’est pas douteux qu'avant 20 ans, la race mancelle pure soit complètement oubliée. Elle aura fait place à la famille qui s’installe aujourd’hui chez tous les éleveurs du Maine, et qui a conquis par les concours une brillante position. »
Vers 1874, le {ype pur du Manceau était une rareté. Les quelques sujels amenés au concours départemental annuel étaient admis dans la section des Normands: si si bien, qu’en 1890, au concours annuel du Mans, les quelques animaux présentés passèrent inapeçus.
En 1894, le sénateur Legludic, président de la Société d'Agriculture de la Sarthe, voyant les prévisions de
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