CHAPITRE PREMIER
L'opération césarienne, telle qu'on la pratique à la Clinique d'accouchements de Bordeaux, est l'opération classique portant sur la face antérieure de l'utérus, en évitant d'empiéter sur le fond de l'organe, de même que sur le segment inférieur.
L’incision portant sur le fond de l'utérus, incision à la Fritsch ou à la Müller, fut en honneur il y a vingt ans. Elle fut vite abandonnée, les résultats éloignés étant souvent défavorables. Actuellement, on la considère comme étant une des plus importantes causes d’adhérences utéro-intestinales. Pierre, dans sa thèse, l’a bien montré en relevant sur un ensemble de 149 observations, 13 cas d’obstruction intestinale due à ces adhérences. On dut pratiquer une laparotomie secondaire dans 8 p. 100 des cas; c'est évidemment un argument suffisant pour rejeter cette méthode.
Pour la même raison, il faut également considérer comme périlleux le conseil donné par Doléris « d'inciser l'utérus sur sa face antérieure en prolongeant l'incision vers le fond » et lui opposer celui de Couvelaire : « La zone du corps utérin qui sera choisie dans Le plan médian sagittal n'empiélera pas trop sur le fond. Mieux vaut qu’elle soit franchement antérieure pour restreindre au minimum la région exposée aux adhérences intestinales lors de l'involution. »
L'incision portant sur le segment inférieur a été plus employée que la précédente, mais elle ne paraît pas en honneur en France.
I semble qu’à l'heure actuelle, la mode des césariennes extrapéritonéales suprasymphysaires de Selheim et Dœderlein soit passée.
Plus intéressantes sont les césariennes suprasymphysaires par voie transpéritonéale, prônées de nos jours par les étrangers, les Suisses surtout. |
Cette méthode est peu employée en France. A Bordeaux, nous ne pouvons guère tabler que sur 3 observations de M. Balard. Il résulte des différents travaux sur la question que la césarienne-suprasymphysaire est une opération plus longue, moins aisée que la césarienne classique; son point faible réside dans le aécollement péritonéal et l'ouverture de larges espaces celluleux susceptibles de s'infecter. Elle doit se limiter à certains cas spéciaux où à la longueur du travail vient s'ajouter l'infection. « En dehors d'elle, en effet, pour.les dystocies osseuses rencontrées en cours de travail dans les cas infectés, nous n'avons pratiquement le choix qu'entre la voie basse, c'est-à-dire une intervention souvent désastreuse pour l'enfant, — ou la voie haute : césarienne conservatrice fort aléatoire pour la mère, ou bien hystérectomie, opération de sûreté, mais supprimant définitivement tout espoir de maternité. C'est dans ces cas justement que la césarienne basse trouve ses indications. » (Communication de M. Balard).
En somme, opération encore à étudier, trop mal connue ici pour que nous puissions la juger définitivement; il semble qu'il ne faille, jusqu'à nouvel ordre, la pratiquer qu'avec sobriété. ;
Notre technique. — Les incisions hautes et basses étant écartées, quelle est donc la technique que nous employons? C'est la technique habituelle de l'hystérotomie transpéritonéale suivie de l'évacuation de l'utérus et de la suture de la plaie utérine, l'incision étant celle définie par Sœnger : incision longitudinale de l'utérus sur la ligne médiane, au niveau du tiers moyen de la face antérieure du corps.
Cetle technique est assez connue pour qu'il soit utile d'insister longuement; elle peut se résumer en ces quelques temps principaux :
1° Incision de la paroi abdominale ;
2° Extériorisation de l'utérus à la main ;