CHAPITRE VI
Bactériologie gynécologique expérimentale.
Woskressensky (1) dans un travail intéressant a publié ses recherches expérimentales sur les productions du pvo et de l’hydro-salpinx chez les animaux. Pour démontrer le mécanisme de la production de l’hydro-salpinx il pratiqua la double ligature des trompes; en4 ou 6 semaines il put arriver à former par collection un hydro-salpinx volumineux dont le contenu avait été évidemment sécrété par la muqueuse de la paroi de la trompe. Il remarqua en outre que la sécrétion tubaire se dirigeait de préférence vers la cavité abdominale par ce fait que quand il appliquait la ligature sur 1! extrémité abdominale de la trompe il se formait de suite un hydro-salpinx.
Ayant pratiqué des injections de huile de croton dans les cornes utérines et de staphylocoques aussi bien dans les cornes utérines que dans les trompes, il obtint une exsudation locale sans retentissement sur le péritoine ni sur le reste de l’organisme.
Mais le travail le plus intéressant de bactériologie gynécologique expérimentale est celui publié eu novembre 1 89 1 par Giglio (1) et dont voici la traduction due à l’obligeance
(1) Centralb. f. Gyn., 17 octobre -1 80 J , n° 42, p. 849.
(2) Il bacillo d’ello œdema maligno negli ascessi pelvici, associato allô streplococco pyogeno. Annali cTOstetricia e Gynecologia, Milano,
de M. Mauclaire. J. Giglio pour éludicr le mode de propagation de l'infection dans les voies génitales chez la femme, n fait des expériences sur les chiennes et les femelles de lapin et de cochon d’Inde. 11 a expérimenté, sur 40 animaux environ et il a obtenu 13 cas pathologiques très démonstratifs dont il a pu étudier les lésions histologiques. Les matières septiques dont il se servait, étaient du pus d’abcès, du pus blennorrhagique cl de cultures pures (streptocoques pyogènes, aureus, albus, cilreus, bacille pyocyanique). Les cultures ont été introduites dans le vagin, à parois altérées ou saines, dans le corps de l’utérus, dans les cornes utérines, dans les vaisseaux intra-ovariens, dans les trompes, dans les ovaires, dans les ligaments larges, dans le tissu conjonctif pelvien, dans le cul-de-sac de Douglas et dans les culs-de-sac vésico-utérins.
Observations expérimentales et histologiques.
Série des chiennes.
Leur poids moyen était de 4 à 5 kilogs : quelques-unes de ces chiennes étaient pleines :
J. — Inoculations dans le vagin sain. — On verse dans le vagin 2 grammes de pus, enlevé dans une glande suppuré® chez un enfant. L’animal ne présente aucune réaction. Examen histologique nul.
La même expérience est faite avec du pus blennorrhagique : résultat négatif.
IL — Inoculation dans le vagin altéré. — On produit quelques pertes de substance sur la muqueuse vaginale : puis on verse le long du canal vaginal quelques grammes de pus pris dans un abcès. Après 24 heures
— Ml
on note une tuméfaction des organes génitaux externes et un écoulement purulent du vagin. Après huit jours celte tuméfaction disparaît et l’écoulement purulent devient insignifiant.
Examen histologique : la muqueuse vaginale est hypérémiée, sans autre altération des organes génitaux internes et des annexes.
III. — Inoculation dans l’épaisseur des tissus vaijinauxet à la surface après grattage de la muqueuse. — Au moyen d’une seringue de Pravaz on inocule dans l’épaisseur de la muqueuse vaginale quatre grammes de pus blennorrhagique ; une partie est versée à la surface après avoir été diluée dans de l’eau distillée. La réaction est modérée, un écoulement muco-purulent jaune et verdâtre se produit.
Examen histologique : hypérémie discrète de la muqueuse vaginale, rougeur de la portion vaginale du col de l’utérus. Les vaisseaux des ligaments larges sont distendus ; hypérémie des tissus péri-ovariques. Sur les coupes on voit que l’épithélium de la muqueuse vaginale est tombé par places. Infiltration péri-cellulaire de la muqueuse. Aucune filtration dans la tunique musculaire. Sur la portion vaginale du col de l’utérus l’épithélium est tombé par places et il est bien conservé dans les infundibula de la muqueuse (infundibula nombreux dans la muqueuse chez la chienne). Les vaisseaux sont distendus par le sang. Infiltration de la muqueuse par des leucocytes. Le corps de l’utérus, les cornes utérines, les ligaments larges, les ovaires et les trompes sont largement congestionnés et ne présentent pas d’autres altérations.
IV. — Inoculation dans le vagin après avoir gratté la muqueuse avec la curette. — On inocule un gramme de culture pure sur bouillon, de bacille pyocyanique. Résultat négatif.
Y. — Inoculation dans le vagin en lésant la muqueuse des culs-de-sac et les portions vaginales du col. — On inocule dans la cavité vaginale 2 grammes de culture pure en bouillon, de bacille pyocyanique virulent. L’animal perd l’appétit, mais on ne remarque aucune réaction dans les organes génitaux externes.
A l'autopsie on ne remarque qu’un épaississement des ligaments larges; leurs vaisseaux sont congestionnés. Epaississement du péritoine qui recouvre les organes du petit bassin.
La muqueuse vaginale et celle du col utérin sont congestionnées.
A l'examen histologique on note un gonflement des tissus dû aux troubles circulatoires. Il est catarrhal, au début, dans les trompes, car l'épithélium est desquamé. Infiltration cellulaire de la muqueuse vaginale.
VI. — Inoculation dans le. col de l'utérus et, dans les culs-de-sac vaginaux. — Après laparotomie on inocule 1/4 de gramme de pus provenant d’une adénite cervicale, moitié dans l’épaisseur de la portion vaginale du col, moitié dans l’épaisseur du cul-de-sac vaginal.
L’animal meurt après 25 jours, très amaigri.
A l'autopsie on trouve le péritoine et l’épiploon hypérémiés. Les organes génitaux internes sont gonflés au point de présenter trois fois leur volume ordinaire. L’inflammation occupe plus ou moins tous les organes génitaux internes, et les tissus du petit bassin. Elle est très accentuée là où ^inoculation a été faite, c’est-à-dire, sur les côtés du vagin, dans les cornes utérines à leur point d’abouchement avec les trompes, dans le ligament large du côté droit, au voisinage du point d’union de la corne avec la trompe et le long du trajet de l’artère utéroovarienne qui traverse le ligament large. Ce tronc artériel est tellement gorgé de sang qu’il présente un diamètre supérieur à celui de l’artère utéro-ovarienne chez la femme. Le long du trajet de ce vaisseau au point où il va pénétrer dans la région ovario-tubaire, on trouve un abcès dans l’épaisseur du ligament large dont les parois sont érodées par places : ces ligaments sont épaissis et ont perdu leur aspect luisant. Dans les culs-de-sac vésico-utérin et recto utérin le péritoine présente de petites taches hémorrhagiques, de même que le tissu cellule-adipeux pelvien. Les ganglions lymphatiques pelviens sont hypertrophiés. La corne utérine est très augmentée de volume et la muqueuse également. A la surface on trouve du sang et du pus.
Ces lésions sont moins marquées dans la trompe. L’ovaire a doublé de volume, et à la coupe il présente des plaques hémorrhagiques. La muqueuse du corps utérin est augmentée de volume.
La muqueuse vaginale est hypérémiée : plaques hémorhagiques dans les culs-de-sac. On peut suivre le trajet de l’inflammation du cul-desac vaginal et du col utérin celle-ci s’est propagée aux tissus péri vaginaux, puis au cul-de-sac de Douglas et au cul-de-sac péritonéal vésico-
utérin : puis elle a suivi la voie des ligaments larges et en suivant le gros troue utéro-ovarien, elle a envahi cette poche qui chez la chienne contient l’ovaire et fait fonction de trompe. Là les lésions sont très marquées et £ vont eu diminuant en se dirigeant vers la corne utérine et vers l’utérus. L’inflammation n’est donc pas remontée directement par l’utérus.
VII. — Inoculation dans le corps de Videras à parois saines. — Laparotomie ; inoculation de 1/2 gramme de culture pure de streptocoques pyogènes. L’animal est sacrifié 27 jours après. A l’autopsie on ne trouve rien de particulier dans la cavité abdominale. La séreuse recouvrant l’utérus est épaisse de même que celle des annexes. Examen histologique négatif.
VIII. — Inoculation dans les gros vaisseaux , artères et veines utéro- X ovariennes. — Laparotomie. On inocule dans les troncs veineux et artériels principaux une culture pure de streptocoques pyogènes. Si on limite la quantité à quelques gouttes, l’animal ne ressent aucun mal. Si on
ï élève la dose, il présente des troubles de la température cl de la nutrition. A l’autopsie on note de la congestion des vaisseaux, des ligaments larges et du bassin. Les inoculations pratiquées avec dupas d'abcès, à la dose de quelques gouttes, déterminent presque toujours la mort par septicémie. Les animaux survécurent peu de jours. L’examen histologique fut peu important.
IX. — Inoculations dans les cornes utérines. — Laparotomie : on lie la corne utérine et ou inocule 1 gramme de culture pure de bouillon
ide streptocoques pyogènes en repoussant le liquide vers la trompe correspondante.
Deux mois après, l’animal est sacrifié. La corne utérine est doublée de volume. Sa muqueuse est très tuméfiée. La trompe correspondante paraît saine à l’œil nu. Le ligament large est épais et hypérémié. Le
i corps utérin et les organes pelviens paraissent sains.
Examen histologique. La séreuse et le tissu conjonctif sous-jacent sont infiltrés de gouttelettes adipeuses. Le tissu conjonctif péri-vasculairc et péri-musculaire est augmenté de volume. Les vaisseaux musculaires contiennent du sang altéré. Les parois vasculaires sont également altérées, scs tuniques sont épaissies. Les noyaux sont en voie de proiiféra- Santos Junior 8
tion (H très colorés. La tunique interne est gonilée et la lumière (les vaisseaux très diminuée.
Les parois veineuses sont moins altérées. Il semble qu’il y a eu des hémorrhagies interstitielles dans les vaisseaux.
La crase sanguine étant altérée ainsi que les parois vasculaires, le sang a pénétré facilement dans l’épaisseur des parois et de là est passé en dehors des vaisseaux, sans qu’il y ait eu pour cela rupture vasculaire.
La muqueuse de la corne utérine est très altérée.
Le tissu conjonctif péri-glandulaire est envahi de proliférations. L’épithélium de revêtement de la surface de la muqueuse est tombé presque complètement cl manque dans les conduits glandulaires, à leur embouchure. Dans la trompe, dans l’ovaire, dans le ligament large du même côté on note des lésions de congestion et de catarrhe. Aucune altération dans l’utérus et le vagin.
X. — Inoculations dans l'espace vésico-utérin et dans la cavité de Retzius. — Laparotomie. Inoculation d’un quart ou d’un demi gramme de culture pure de bouillon de bacille pyocyanique ou de pus d’adénite suppurée. L’inoculation est faite superficiellement: l’aiguille de la seringue de Pravaz est introduite à peine sous la séreuse péritonéale.
Les animaux sont sacrifiés 30 jours après, environ. Dans le premier genre d’expérience on note une péritonite circonscrite autour du point inoculé; de fins exsudais dans l’espace vésico-utérin, des amas fibrineux le long de l’utérus et de la vessie. Hypérémie de la séreuse vésicale et des autres organes pelviens. Le tissu conjonctif péri-vésical et le tissu cellulo-adipeux rétro-pubien ne sont pas beaucoup enflammés: on note seulement des vaisseaux dilatés. Les ligaments larges, opaques et légèrement épaissis, présentent des vaisseaux modérément congestionnés.
Dans le deuxième genre d’expériences la péritonite n’était pas circonscrite mais s’étendait au péritoine viscéral : on note des adhérences intestinales et épiploïques et dans un cas une ulcération intestinale. L’examen histologique des pièces anatomiques ne montre pas d’altérations importantes. Les ligaments larges sont épais et hypérémiés parce qu’ils participent à rinllammation du péritoine pelvien.
XI. — Inoculation profonde dans le bassin, dans le tissii cellulaire adipeux péri-vésical, péri-vaginal, péri-utérin et dans le tissu conjonctif en général. — Laparotomie médiane, inoculation de 1/4 de gramme et 1 1/2 gramme de culture pure de bouillon de bacille pyocyanique ou de streptocoques pyogènes atténuée de 12 jours ou de pus d’adénite suppurée. Pour les cultures, tantôt le résultat est absolument nul, tantôt on note des phénomènes inflammatoires légers et passagers.
Mais l’inoculation du pus donne presque toujours lieu à des inflammations graves. Les animaux sont tués après 50 ou 60 jours. Dans les premiers cas l’examen anatomique est peu important.
Dans les autres, on note un gonflement du tissu conjonctif péri-vaginal, péri-vésical et péri-rectal. On note des hémorrhagies çà et là, plus ou moins abondantes ; les vaisseaux et le tissu musculaire sont profondément altérés, les ganglions pelviens sont hypertrophiés.
Les organes génitaux internes sont tuméfiés, les séreuses liyperémiées, les ligaments larges, opaques, chargés de graisse et les vaisseaux très injectés.
Examen histologique. — Ce sont surtout les vaisseaux qui sont lésés. Leurs parois sont enflammées : leur épaisseur est très grande : ou note une infiltration lymphoïde péri-vasculaire et des thromboses vasculaires. La tunique interne ratatinée et détachée Hotte souvent dans la lumière du vaisseau, la tunique musculaire est souvent rompue. Ces lésions montrent que la dilatation et la rupture des vaisseaux ne se sont pas faites instantanément.
Dans le vagin il n’y avait aucune lésion importante. Dans le col de l’utérus l’épithélium de revêtement est multiplié par places ; les vaisseaux sont congestionnés. Le corps de l’iitérus présente les mêmes lésions, de même que les cornes utérines, les trompes, les ovaires.
Dans les ligaments larges les fibres musculaires sont hypertrophiées. Les ganglions pelviens sont augmentés de volume.
XII. — Inoculations dans les ligaments larges. — 1 r,; Laparotomie puis inoculation avec 1 gramme de culture mixte dans l’épaisseur des ligaments larges.
A l’autopsie, 20 jours après, on remarque que la plaie abdominale a suppuré. Il existe des adhérences entre l’intestin, la vessie et l’utérus.
Les vaisseaux des ligaments larges cl des tissus pelviens sont injectés. Les ganglions hypertrophiés.
21' Laparotomie. Inoculation de 1 gramme de culture mixte. A l’autopsie, deux mois après, on trouve un épanchement kystique à contenu séreux, transparent, dans la région ovarienne gauche.
3fi Laparotomie. Inoculation de 1 gramme de culture pure do streptocoques pyogènes. Autopsie, 16 jours après; la plaie abdominale est complètement adhérente cL à elle adhèrent une anse intestinale et la vessie. Dans la cavité abdominale, au voisinage de l’utérus, on trouve un liquide séreux libre. Congestion du péritoine, des anses intestinales, du vagin, de la vessie, de l’ovaire et des tissus para-ovariens. Les ligaments larges ont perdu leur transparence et sont remplis de graisse.
4e Laparotomie. Inoculation de 1 gramme de pus frais dans les deux ligaments larges. L’animal meurt trois jours après. A l’autopsie on trouve une frange de l’épiploon adhérente à la plaie et recouverte à sa surface d’exsudats fibrineux. Le péritoine est injecté au voisinage du champ opératoire. Deux petits abcès de la grandeur d’un centimètre soulevant la paroi des deux ligaments larges. Le péritoine pelvien, au niveau de la bourse utéro-rectale est fortement enflammé et rougeâtre, de même que le corps de l’utérus, les cornes utérines, les trompes et les ovaires.
XIII. — Inoculation dans le cul-de-sac de Douglas. — Laparotomie. Inoculation de culture pure de bacille pyocyanique très récente. L’animal est tué au bout de 12 jours. On trouve le péritoine très hyperémié. Dans le cul-de-sac de Douglas séjournent 10 grammes d'un liquide sero-purulent. Les deux cornes utérines sont adhérentes au péritoine. La corne droite avec le ligament large correspondant forme une espèce de sacoche ronde recouverte d’exsudats fibrineux. De l’angle de division laissé par les cornes utérines part une poche accessoire à parois très épaisses qui descend en bas vers l’espace de Douglas et qui est formée de l’exsudât fibrineux et de pus.
Le ligament large de droite a contracté des adhérences avec le fond de la vessie. Congestions et plaques hémorrhagiques dans d’autres organes pelviens.
Examen histologique. Los parois de la poche sus-décrite étaient for-
mées do couches de fibrine superposées et disposées concentriquement. Dilatations lymphatiques, foyers purulents et hémorrhagiques.
XI Y. — Inoculation dans les trompes et dans les tissus para-ovariens . Laparatomie puis inoculation d’un gramme d’une culture mixte régénérée, dans la trompe gauche et dans les lissus qui l’entourent. L’animal meurt après 8 jours. On trouve à l’autopsie une péritonite dilVuse ; faibles adhérences entre la vessie, l’épiploon et quelques anses intestinales. Le corps de l’utérus et les cornes utérines sont doublées de volume. Les cornes présentent des renflements qui contiennent du pus, la muqueuse présente des lésions de suppuration etc.
XY. — Inoculation dans les trompes. Laparotomie, puis inoculation dans la trompe gauche de un grammede culture provenant d’une chienne en expérience. A l’autopsie, 20 jours après, congestion des organes pelviens.
Inoculation d’un gramme de pus provenant d’un abcès cervical. Les ours suivants l’animal maigrit: la plaie abdominale suppure. A l’autopsie péritonite diffuse. Les ligaments larges sont épaissis ; exsudais fibrineux et purulents : congestion etc.
XYI. — Inoculation dans les trompes et dans les lissus voisins, avec une culture de bacilles et de cocci : pas de résultat.
XVII. — Inoculation dans les trompes des deux côtés d’un gramme de culture de microbes pyogènes rajeunie. A l’autopsie liquide ichoreux dans les trompes : hémorrhagie et suppuration delà muqueuse. Ni avec les cultures ni avec le pus on ne peut déterminer les différentes formes de salpingite grave.
Les lissus péri-ovariens participèrent souvent au processus inflammatoire sans que l’ovaire ait présenté de graves lésions. Dans deux cas Giglio nota un kyste séreux péri-ovarien. A l’examen histologique des tissus péri-ovariens on note des altérations des vaisseaux qui présentent une infiltration lymphoïde. On note des lacunes péri-vasculaires remplicsde sang. Les vaisseaux lymphatiques étaient turgides, tortueux. La muqueuse des cornes utérines était très altérée, son épithélium disparu : à sa surface séjournaient des épanchements hémorrhagiques et purulents; les glandes complètement détruites le plus souvent. La tunique musculaire présente une infiltration lymphoïde.
La muqueuse, présentait une période substance occupant les 3/'t de son épaisseur. Dans les ovaires on note des lésions d’endarlérite et une infiltration lymphoïde autour des vaisseaux et des vésicules de de Graaf. Lésions catarrhales des trompes.
B. — Série des lapines.
[. — Inoculation dam la vagin à parois saines avec un demi-gramme de culture pure de streptocoques pyogènes citreus. Après huit jours, pas d’altération. Examen anatomique nul.
II. — Inoculations dans le vagin à pavois lésées. — • La muqueuse est grattée avec une curette et ou inocule un demi-gramme de streptocoques pyogènes blancs ou dorés. L’un des animaux mourut huit jours après avec un prolapsus accentué de l’utérus. Examen histologique: les vaisseaux du vagin contiennent nue matière verdâtre. Lésions congestives de l’utérus, des trompes etc.
Chez les autres animaux les vaisseaux artériels de petit volume présentaient des altérations hyalines : la lumière du vaisseau était réduite au minimum par suite de l’épaississement des parois. Altération des fibres musculaires. Le tissu conjonctif sous-muqueux et inter-musculaire a subi aussi la dégénérescence hyaline.
III. — Inoculation dans l'espace vésico-utérin. — Inoculation après laparatomie de quelques gouttes de culture pure de bacille pyocyanique. A l’autopsie la corne utérine gauche est très épaisse cl contient un liquide séreux. Adhérence des cornes utérines aux ligaments larges et exsuda ts fibrineux dans les tissus pelviens.
Examen histologique: dans les cornes utérines rétention de liquide dans les cavités glandulaires. Gonflement de la muqueuse : dans la trompe desquamation épithéliale. Hypérémie des deux ligaments larges. Les tissus péri-ovariques sont infiltrés d’éléments lymphoïdes.
IV. — Inoculation dans les ligaments larges. — Laparotomie puis inoculation de 1/2 gramme de culture mixte de cocei, et bacilles dans l’épaisseur du ligament large droit. A l’autopsie, deux mois après, on trouve la plaie abdominale complètement cicatrisée : quelques anses intestinales sont adhérentes aux cornes utérines.
Les cornes utérines et les trompes sont unies entre elles par des exsudais fibrineux: hypertrophie des ganglions.
Y. — Inoculation dans le ligament large gauche . — Inoculation de 1/4 de gramme de culture de bacille pyocyanique. L’animal survécut 1 2 jours. A l’autopsie ou trouve des exsudais entre la vessie et l'utérus et des hémorrhagies punctiformes sur la séreuse de l’utérus et des annexes. Congestion générale des organes pelviens : péritonite pelvienne et adhérences des anses intestinales. Les ligaments larges présentaient les lésions de l’adéno-phlegmon non suppuré. C’était là un exemple parfait de périmétrite exsudo-librineusc.
VI. — Inoculation dans le tissu conjonctif pelvien. — Inoculation de 1/4 de gramme de culture pure de streptocoques pyogènes citreus. L’animal est tué un mois après. A l’autopsie on trouve de petits foyers purulents dans le tissu lâche du pelvis. Dans une 2e expérience on injecte 1/2 gramme de culture pure de streptocoques pyogènes albus. A l’autopsie on trouve des adhérences entre les cornes de l’utérus et le fond de la vessie. Foyers de suppuration sous le tissu cellulaire-adipeux du pelvis. Hémorrhagie, congestion des organes : en quelques points, aspect lardacé du tissu. A l’examen histologique on voit que les lésions siègent surtout autour des vaisseaux ; elles ne cessent entièrement que dans le tissu conjonctif. L’expression de cellulite pelvienne est donc inexacte ; il vaut mieux employer celle de paramétrite, de phlegmon pelvien ou d’adéno-phlegmon car les ganglions et les vaisseaux lymphatiques prennent une grande part à l’inflammation. Dans les trompes la muqueuse était desquamée par places. Les tissus utérins paraissaient atrophiés et pâles : rien de particulier pour l’ovaire.
VIL — Inoculation dans les vaisseaux utéro-ovariens. — Inoculation de 1/4 de gramme de culture mixte. Les animaux moururent de septicémie en peu de jours. Les expériences sur la femelle du cochon d’Inde ne donnèrent aucun résultat, car les animaux moururent au bout de 24 à 48 heures, avant que les lésions eussent eu le temps de se produire.
En résumé : Les inoculations pratiquées dans le canal vaginal à parois intactes, soit avec du pus provenant d’ab-
eès, soit avec du pus blennorrhagique, soil avec des cullures pures n’ont déterminé aucune lésion importante.
Les inoculations faites par contre dans l’épaisseur des tissus après avoir lésé la muqueuse, ont déterminé localement et dans le voisinage des lésions inflammatoires. L’inllammation dans ces cas ne dépassait pas ordinairement le vagin et la portion vaginale du col de l'utérus, ou encore le corps de l’utérus et les annexes. La congestion vasculaire fut plus souvent accentuée sur les côtés du vagin, aux tissus périvaginaux et périvésicaux.
Une seule fois l’inflammation aigue envahit tous les organes internes et externes, et provoqua un prolapsus spontané utéro-vaginal chez une lapine.
Pour les vaisseaux des organes pelviens, ils étaient congestionnés et présentaient les phénomènes de la diapédèse avec hémorrhagie périvasculaire.
Chez les chiennes on nota le catarrhe de la muqueuse vaginale et delà muqueuse du col utérin: le tissu conjonctif était en voie de prolifération: les tuniques musculaires et les vaisseaux étaient également altérés. Quant aux trompes, les ovaires, les cornes de l’utérus et le corps de l’utérus, ils étaient congestionnés.
Les inoculations dans le cul-de-sac vaginal et dans la portion vaginale du col ont donné lieu à des lésions importantes. Dans un cas très net l’inflammation au lieu de passer dans le corps de l’utérus, prit la voie des gros vaisseaux utéro-ovariens, intéressant les tissus du pelvis et le ligament large. Puis l’inflammation se propagea aux trompes, aux cornes utérines, et à l’utérus par voie ascendante, mais sur l’utérus les lésions étaient peu marquées.
Dans ce cas on voyail la preuve de l’existence du phlegmon du ligament large qui s’était formé le long du trajet des gros sinus artériels utéro-ovariens et au voisinage de l’ovaire et de la corne utérine.
Les lésions histologiques étaient très grandes au niveau de l’inoculation, c’est-à-dire dans le cul-de-sac vaginal et dans la portion vaginale du col : elles étaient plus grandes dans les ligaments larges et dans la portion terminale des cornes utérines où l’on notait des ulcérations de la muqueuse.
Dans les trompes on nota des destructions épithéliales et une infiltration cellulaire dans le tissu conjonctif sousmuqueux. Dans les ligaments larges et dans l’ovaire les lésions étaient surtout péri-vasculaires.
Les inoculations dans le corps de l’utérus ont donné lieu à des lésions locales, souvent peu importantes ou milles.
Les inoculations dans les vaisseaux intra-ovariens ont donné lieu le plus souvent à une infection générale ou à une inféclion aigue.
Les inoculations dans les cornes utérines ont déterminé des lésions graves mais localisées, et surtout peri-vasculaires.
Les vaisseaux présentaient tantôt des hémorrhagies interstitielles dans leurs parois, tantôt des lésions d’endartérile et de stase lymphatique dans les gaines péri-vasculaires.
Des coupes faites sur les cornes inoculées ont montré des lésions cellulaires de la muqueuse.
Les inoculations pratiquées dans l’espace vésico-utérin et uléro-reclal ont déterminé souvent une inflammation
locale caractérisée par des exsudais fibrineux entre la vessie, l’utérus, les anses intestinales el la masse épiploïque.
Plusieurs fois la péritonite pelvienne a donné lieu à des exsudais péri-utérins et à des adhérences entre les ligaments larges et les cornes utérines. Les inoculations profondes dans les tissus péri-vaginaux, péri-vésicaux, périrectaux et dans le tissu cellulaire pelvien, ont donné lieu à du gonflement de ces tissus eldes ganglions lymphatiques et à des hémorrhagies interstitielles ; quelquefois il se produisit des abcès.
Les inoculations faites directement dans l’épaisseur des ligaments larges avec des cultures pures ou mixtes ont provoqué des phlogoses légères, des congestions vasculaires, des épaississements des ligaments, des adénites.
Les inoculations avec du pus provoquaient le phlegmon du ligament large ou l’adéno-phlegmon. Le phlegmon des ligaments larges est donc possible, non fréquent, l’abcès est plus rare, l’adénite plus fréquente.
Les inoculations dans les trompes el dans les tissus paraovariens, ont tantôt déterminé une phlogose circonscrite, souvent l'inflammation des trompes ou autour de la trompe et delà aux autres organes, ovaire, corne utérine et utérus.
Les altérations delà trompe étaienlle plus souvent simplement catarrhales.
Dans l’ovaire ily avait une in filtration lymphoïde autour des vésicules de de Graaf et une prolifération des cellules fixes du tissu conjonctif.
Dans les cornes utérines on nota des ulcères profonds
de la muqueuse, sa suppuration, l’altération de ses glandes et de sa tunique musculaire.
Dans l’utérus les altérations étaient peu marquées.
En résumé, l'infection des trompes peut se faire par voie non toujours directe, c'est-à-dire par contagion ascendante , par contiguïté de muqueuse à muqueuse , mais quelquefois par voie indirecte , c'est-à-dire par propagation lymphatique du vagin à la trompe et de là en descendant, à l'utérus.
Ces recherches de Giglio sont intéressantes. Il est regrettable qu’il n’ait pas mis plus à protit le travail remarquable de M. Delbet sur les salpingites, car il aurait vu que ce dernier auteur avait déjà beaucoup insisté sur le rôle delà voie lymphatique dans l’infection génitale chez la femme.
Conclusions générales.
I. — A l’état normal, c’est-à-dire chez la femme saine, il n’existe pas ou il existe peu de microbes dans les voies génitales supérieures (corps de l’utérus et trompes), tandis que l’on en trouve de grandes variétés dans le canal vagino-cervical.
Ces derniers peuvent dans certains cas déterminés être la source d’une auto-infection.
II. — Dans les vaginites les microbes sont nombreux : on y rencontre fréquemment le gonocoque, et il est prouvé qu’il peut aller de la vulve au péritoine infecter toute l’étendue des voies génitales.
III. — La plupart des endométrites reconnaissent une origine septique. Les microbes qui les déterminent sont
■ nombreux. Ils moutentdu vagin ou descendentdela trompe.
IV. — Toutes les salpingites suppurées sont d’origine septique. Les microbes qui les déterminent sont les mêmes que ceux que nous avons énumérés pour les endométrites.