ESPÈCES ET VARIÉTÉS
Paracelse, cet amant passionné de sa propre science qui souleva tant d’enthousiasme et tant de haines dans ce XV“® siècle qui est l’âge héroïque de l’intelligence ; Paracelse, ce fougueux réformateur encore peu compris de nos jours , distingua trois espèces de danse de Saint- Guy: la première ayant sa source dans l’imagination, ckorea imaginativa; la seconde dépendant de désirs sensuels, chorea lasciva ; la troisième provenant des causes corporelles, chorea naturaîis. La cause corporelle de la chorée était une excitation du sang par les esprits vitaux altérés.
Bouteille a admis une chorée essentielle ou idiopathique, et une chorée secondaire ou symptomatique : il divise celle-ci en chorée secondaire proprement dite, et en fausse chorée qui n’a que le masque de l’affection.
On l’a divisée en récente et ancienne, continue et intermittente , générale et partielle, simple et compliquée, sporadique et épidémique.
Selon J. Frank, le caractère de la chorée, en suivant les préceptes généraux, est tantôt traumatique, tantôt inflammatoire, rhumatismal, métastatique, gastrique, vermineux et nerveux. Il me paraît , dit Barthez (1), que les espèces de la goutte interne qui porte sur les nerfs, n’ont pas été observées avec assez de soin , et demanderaient encore une étude particulière. Stoll, continue-t-il, a observé une espèce de la danse de Saint-Guy, dont la cause est goutteuse.
Il existe deux espèces de chorée, savoir : une chorée essentielle, et une chorée symptomatique.
Les faits négatifs d’anatomie pathologique, les faits'positifs analysés et rigoureusement interprétés, prouvent l’existence d’une chorée se manifestant indépendante de toute lésion appréciable à nos sens.
La physiologie expérimentale et l’observation clinique mettent hors de toute contestation que des lésions organiques et vitales agissànt tantôt directement sur les nerfs et les centres nerveux, tantôt sur un point quelconque du corps, et, par réflexion , sur le système nerveux central, peuvent donner lieu à des mouvements involontaires choréiformes.
Il y a une chorée simple, se déroulant avec régularité, et se terminant par la guérison, spontanément ou à l’aide des ressources de la thérapeutique, et une chorée compliquée. Ces complications sont tantôt un effet de la maladie première, tantôt de simples maladies intercurrentes, sans valeur et sans modification en aucune manière de la chorée, sur sa durée et son intensité; tantôt des coïncidences avec des rapports de maladie à maladie, aussi importants que curieux. Une méningite cérébrale survient au moment d’une exacerbation violente de la chorée : voilà un effet qui réagira à son tour d’une manière funeste. Une variole, un catarrhe pulmonaire : voilà des maladies intercurrentes qui parcourent leurs périodes sans exercer d’influence sur la chorée. Des faits nombreux, relatés par Bright, Yonge, Taylor, MM. Legendre, Sée et Guersant père, mettent en relief une coïncidence
(I) Traité des maladies goutteuses , édit, de l’Encyclopédie ; p. 212.
remarquable, une relation fréquente entre l’affection convulsive choréique et la péricardite rhumatismale.
Enfin, les médecins doivent être en garde contre la simulation de la maladie. On se rappelle cette jeune fille, nommée Angélique Cottin, cette villageoise ignorante qui repoussait une table tenue par deux hommes, en présence de M. Arago, par la vertu d’une électricité inhérente à sa personne. Elle fut accusée d’une supercherie indigne; d’autres pensèrent que c’était une pauvre malade choréique dont l’affection se présentait sous une forme rare et singulière. Les mendiants simulent quelquefois la chorée pour exciter la compassion. J. Frank dit avoir vu cette simulation, surtout en Italie, sous le prétexte de morsure de la tarentule.