ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La mort est une terminaison rare dans la chorée, et lorsqu’on a eu l’occasion de constater l’état des organes, on n’est arrivé le plus-souvent qu’à des résultats négatifs.
On a rencontré des épanchements de sérosité (Prichard), des fausses membranes dans la cavité de l’arachnoïde (Lélut), des produits membraneux à la surface du cerveau (Sœmmering), des plaques osseuses aux dépens de l’arachnoïde (Bazin), des concrétions calcaires dans la pie-mère (Frank), l’injection des membranes cérébro-spinales , le ramollissement du cerveau (Rœser), le ramollissement partiel de la moelle (Gendron), le ramollissement complet de ce cordon (Courtois), un ramollissement douteux du septum lucidum (Deplanque), l’hyper-
trophie de la substance corticale ( Monod et Hutin ), une concrétion dans la substance cérébrale (Guersant), des tubercules du cerveau (Georget), une tumeur lardacée sur les tubercules quadrijumeaux ( Serres), etc.
Existe-t-il un rapport de cause à effet entre ces lésions, de nature si diverse, et la maladie? D’un côté, nous rappellerons que, trèssouvent, on n’a aperçu aucune lésion qui pût être attribuée à la chorée. D’autre part, nous nous permettrons de faire remarquer que l’inflammation du cerveau et de la moelle, les ramollissements de ces organes, la méningite avec les épanchements de sérosité, les fausses membranes et les concrétions, les tubercules et les tumeurs encéphaliques diverses, se traduisent au dehors par des symptômes autres que ceux de la chorée : ce sont des troubles de la sensibilité, des lésions du mouvement, des altérations de l’intelligence.
La chorée est indépendante de toute altération organique appréciable. Celle-ci n’est tantôt qu’un effet de la maladie, et tantôt une complication ou une simple coïncidence.