‹ Considérations sur la faune pélagique du golfe de MarseilleChapitre 23 sur 54 · ICE · texte numérisé non relu

ICE

Si, au contraire, les lacs de la Suisse n’avaient jamais été en communication avec la mer, la théorie de M. Forel sur la dispersion d’un lac dans un autre des espèces pélagiques aurait quelque apparence de vérité. Mais il est parfaitement établi qu’à la fin de la période miocène, par suite de l’exhaussement des Aïpes, la mer fut rejetée en partie vers la vallée du Rhône (France), en partie vers la vallée du Danube. Les eaux qui persistèrent en Suisse sans avoir de débouché dans les mers pliocènes du Rhône et du Danube, devinrent sans doute de plus en plussaumitres par suite des cours d’eau descendus des Alpes et, à la fin du tertiaire, ces eaux devaient être complètement douces.

Or, il est évident que les pélagiques côtiers qui peuplaient les golfes marins et plus tard lacustres de la Suède, de l’Italie, etc., se sont modifiés par suite de leur nouveau régime et queces types ainsi transformés constituent la faune lacustre des lacs scandinaves et italiens. La partie de la mer miocène qui devait plus tard former les lacs de la Suisse, contenait évidemment les mêmes pélagiques côtiers. Ces: derniers lacs à leur tour possèdent les mêmes types transformés par le régime pélagique que les lacs de l'Italie et de la Suède. Pourquoi expliquer un même fait de deux façons différentes? Pourquoi admettre la différenciation des espèces tertiaires en espèces actuelles dans un cas et la nier dans l’autre?

L'absence de pélagiques actifs etpassifs dans les lacs se trouve dès lors expliquée par l’origine de ces lacs eux-mêmes, puisque ces pélagiques, vivant au large, ne se trouvent jamais ou du moins qu'accidentellement dans le voisinage des terres.

Page 1