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gique, sans entrer dans le détail de l’évolution particulière de chacun de ses éléments constitutifs.
Quelques principes généralement reconnus nous serviront de guide.
Nous pouvons admettre que des espèces animales vivant primitivement dans des mers peu profondes ou sur les rivages, ont dû se détacher deux séries d'êtres qui, partis du même milieu, se sont engagés dans des voies divergentes pour former en définitive les uns la faune terrestre, les autres la faune dite pélagienne. Cette dernière, dès son origine, a sans doute donné naissance à deux rameaux qui ont suivi, à des niveaux différents, une marche parallèle : le premier, propre au sol sous-marin, à mesure que les Océans sont devenus de plus en plus profonds, a pu gagner peu à peu ces nouvelles regions, composant ainsi la faure des profondeurs ; le second, particulier à la surface, s’est toujours et insensiblement éloigné du rivage, constituant de cette manière la faune pélagique. Mais, de même que, parmi les animaux qui tendent à vivre dans les grands fonds, tous n’ont pu réaliser complètement cette adaptation, ainsi l’impulsion qui pousse les pélagiques à gagner la haute mer, n’a pas eu pour tous la même énergie, de sorte que la faune pélagique comprend non seulement les animaux qui habitent la pleine mer, mais encore ceux qui vivent à la surface dans le voisinage des côtes.
Il est bien difficile de se faire une idée complète des caractères de cette faune, lorsqu'on consulte les traités généraux de zoologie, dans lesquels se trouve à peine l’épithète de pélagique, le plus souvent donnée à des êtres dont le mode de vie est très différent. On n’est pas plus heureux si on a recours aux descriptions spéciales. Il y à, il est vrai, quelques essais de généralisation (1); mais, comme ils ne sont que la synthèse de quelques observations isolées, ils ne suffisent pas à nous donner une vue d'ensemble.
Et cependant, cette étude, basée sur les faits bien constatés, mérite toute l’attention des naturalistes par les questions importantes qu’elle comporte. Les causes qui ont présidé à l’existence de types errants à la surface de la mer, la répartition
actuelle de ces animaux, tant au large que près des côtes, les liens de parenté qui
(1) Grarp Er Barrois, — Note sur un Chætosoma et une Sagitta, suivie de quelques réflexions sur la convergence des types par la vie pélagique. Revue des Sc. natur., tome III, 1875; — Forez. La Faune pélagique des lacs d’eau douce. Archiv. des Sc. phys. et nat., t. VIII, 15 sept. 1882, pp. 230-241; — Mosecey. On Stylochus pelagicus, a new species of pelagic Planarian, with notes on other pelagic Species, etc. Quart. Journ. of Microsc. Science, 1877, p. 23.
pr unissent les pélagiques littoraux aux pélagiques proprements dits (1) ou de haute mer, les ressemblances et les différences qui existent entre eux, l'influence des agents extérieurs sur ces organismes, enfin la convergence des types par la vie pélagique, voilà un ensemble de recherches qui ne sont pas sans intérêt et dont. la parfaite connaissance mérite toute notre sollicitude. D’autre part, si on considère que les animaux flottants peuvent être le point de départ d’adaptations secondaires, soit aux grands fonds, soit aux eaux douces ou saumâtres, on voit l’importance qui s’attache à la connaisance exacte de cette faune,
Telles sont les questions qui, pour la plupart négligées, nous ont surtout préoccupé et qu'il nous eût été difficile de résoudre, eu égard à notre faible expérience. Les leçons de notre maître, M. le professeur Marion, ses conseils et les documents qu’il nous a communiqués, n’ont pas peu contribué à faciliter notre
tâche.