‹ Considérations sur la faune pélagique du golfe de MarseilleChapitre 34 sur 54 · CARACTÈRES EXTÉRIEURS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES EXTÉRIEURS

Les dimensions de la Spadella Marioni varient beauconp avec l’âge et aussi avec les individus. La taille moyenne est d'environ dix millimètres de long sur un millimètre de large. Quelques individus, plus volumineux, atteignent quinze millimètres de longueur sur un millimètre et demi de largeur ; ils sont assez rares. Les plus petits sont, par contre, plus nombreux, et j'en ai souvent trouvé mesurant à peine quatre et même trois millimètres de long.

C'est un animal complètement hyalin et cette teinte ne présente aucune trace de pigment, même dans les points (vésicule séminale notamment) où les corpuscules pigmentaires existent le plus souvent chez les diverses espèces. La transparence des téguments laisse donc apercevoir la plupart des organes internes ; les centres nerveux cependant exigent d'ordinaire l'emploi des réactifs pour être étudiés.

À l’œil nu et à un faible grossissement, le corps a la forme d’un ruban dont les deux faces seraient convexes ; la face ventrale est un peu plus aplatie que la face opposée. Quant aux parois, elles sont sensiblement arrondies. Ces caractères sont très manifestes sur des coupes transverses, de sorte qu’on peut se représenter le corps comme un cylindre un peu plus aplati sur la face ventrale. En avant, il se rétrécit pour se renfler ensuite en une tête, dont la largeur est toujours supérieure à celle de la plus grande largeur du corps. En arrière, il s’effile peu à peu et se termine en pointe mousse.

On peut donc distinguer un corps proprement dit ou #ronc, qui occupe les deux tiers de la longueur totale, une fée séparée du tronc par un étranglement qui donne à la partie antérieure de cette dernière région l’aspect d’un cos, enfin une extrémité effilée ou queue, qu'occupe l’appareiïl sexuel mâle.

La fête a la forme d’un cône dont le sommet tronqué représente l'extrémité antérieure de l’animal et correspond à l’ouverture buccale terminale. La base est indiquée par le côté postérieur des deux masses charnues, qui constituent la plus grande partie de la tête, et plus exactement par le point d’adhérence du prépuce, c’est-à-dire du repli qui entoure complètement la tête, excepté en avant où cette gaîne est percée d’une large ouverture, pour laisser sortir la tête à l'extérieur, lorsque celle-ci est projetée en avant. Les parois, abstraction faite de l’enveloppe

préputiale, servent d'insertion à des crochets, disposés en trois faisceaux, dont le rôle est très important pour la mastication des aliments et qui servent en même temps d'organes protecteurs. Enfin la face dorsale est celle sur laquelle se trouvent les yeux. Ces derniers, au nombre de deux, sont volumineux et placés au niveau de la ligne médiane des masses charnues.

Le cou est nettement indiqué chez la Spadella Marioni. I] est situé au niveau de l’origine de l’œsophage.

Le fronc, qui suit immédiatement après, augmente de largeur jusqu’au commencement de l'intestin, puis il devient cylindrique. Vers le milieu de la longueur des ovaires, il s’amincit graduellement jusqu’à sa terminaison, c’est-à-dire jusqu’à son contact avec la région caudale, dont il est séparé par une cloïson verticale compilète. Celle-ci est placée un peu en arrière du rectum et des vésicules séminales. Dans le tronc sont contenus l’œsophage , l'intestin et le rectum qui s'ouvre à l'extérieur, légèrement à gauche, à la face dorsale. Il y a également dans cette région les deux ovaires, suivis de leurs oviductes séminales. Les deux appareils femelles, séparés l’un de l’autre par le tube digestif, débouchent à la face ventrale chacun par une ouverture, de chaque côté du rectum. Le tronc ne présente extérieurement aucun appendice particulier, si ce n’est les nageoires latérales. Celles-ci s'étendent en partie dans le tronc, en partie dans la queue. Leur bord libre est arrondi et leur plus grande largeur est au niveau des vésicules séminales.

Enfin, la queue, qui n’est que la partie terminale fusiforme du corps, contient les deux glandes mâles séparées l’une de l’autre par une cloison verticale longitudinale .qui court du pôle terminal à la grande cloison antérieure postanale. De chaque côté et vers le milieu de sa longueur, la queue présente un-renflement très proéminent, qui n’est autre chose que la vésicule spermatique. Celle-ci se trouve dans l'intervalle compris entre les nageoires latérales en avant et la nageoire impaire en arrière.

Cette dernière nageoire, qui encadre l’extrémité de la queue et une ‘partie de ses parois, a une forme quadrangulaire caractéristique ; elle est, en outre, plus développée et sa structure montre une complexité plus grande que celle des nageoires latérales. .

Telle est en peu de mots la description de la Spadella Marioni, qui offre une symétrie bilatérale parfaite, comme d’ailleurs tous les Chétognathes.

Elle diffère des autres espèces du genre par l’allongement du tronc et la forme de ses nageoires, caractères qu’on retrouve cependant chez la Sagifta bipunctata Q.et G. Mais la présence dans cette dernière espèce d’une paire de nageoires supplémentaires situées au milieu du tronc, ainsi que l'existence de rayons qui soutiennent les nageoires latérales, caractérisent suffisamment la Sagifta bipunctata pour qu'on ne puisse la confondre avec la Spadella Morioni.

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Une coupe transverse du corps de cette dernière montre de dehors en dedans :

1° Un épiderme et ses annexes ;

2° Un plan nerveux ;

3° Une couche musculaire ;

4° Une cavité générale, occupée ou non par les organes reproducteurs ; 5° Le tube digestif.

Telles sont les diverses parties que je vais passer en revue.

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