CAVITÉ GÉNÉRALE
La cavité générale se trouve dans le tronc et dans la tête, et fait défaut dans la région caudale. De là sa division, que les auteurs ont suivie dans leurs descriptions, en cœlome thoracique et en cælome céphalique. -
1° Cœlome thoracique. — Une coupe transverse du tronc au niveau de l’intestin, non loin de son origine, montre la disposition typique dela cavité générale en deux grandes chambres latérales et parallèles (pl. IV, fig. 11). Chacune d’elles est limitée extérieurement par la musculature et paraît n’avoir aucune communication avec sa voisine; il ne faut pas oublier cependant que les boutonnières qui existent sur le mésentère, permettent le passage du liquide lymphatique d’une chambre dans la chambre homologue.
Si on suit ces deux chambres vers la partie postérieure du tronc, on voit que, par suite du développement des glandes sexuelles femelles dans chacune d’elles, la cavité générale est divisée en quatre chambres latérales, dont deux dorsales et deux ventrales, celles-ci étant les moins volumineuses.
A mesure qu’on se rapproche de la queue, les deux chambres ventrales se réduisent de plus en plus et, au niveau de l’anus, ont complètement disparu. En ce point, les deux chambres dorsales sont plus spacieuses; elles se terminent en cæcum, c’est à dire qu’elles sont limitées à leur partie postérieure, dans quelques individus, par la cloison verticale qui sépare la région thoracique des testicules. Y a-t-il des lacunes dans cette cloison et des sinus dans la région caudale? Je n’ai pu vérifier cette hypothèse. J'ai cru observer une petite ouverture circulaire à l'extrémité postérieure des testicules, au point de terminaison de la cloison intertesticulaire (pl. III, fig. 4). Je n’assure pas l’exactitude de ce fait, et, si j’en parle, c’est uniquement pour attirer l’attention des naturalistes sur ce point. Peut-être sera-t-on plus heureux et pourra-t-on observer l’existence d’un pore terminal dans
la Spadella Marioni, pore qui ferait communiquer la cavité générale avec l’extérieur. Si on examine ce que deviennent les deux chambres latérales du milieu du tronc en se dirigeant vers la partie antérieure de cette région, on voit qu’au niveau de l’æsophage, par suite du développement des muscles des parois du corps, les deux chambres sont excessivement réduites. La chambre d’un des côtés est même subdivisée en deux chambres plus petites communiquant entre elles par un canal très étroit.
Il arrive souvent d’apercevoir dans une des chambres thoraciques un distome parasite (pl. III, fig. 9) d’un blanc hyalin, muni de ses deux ventouses et se mouvant assez rapidement dans cette cavité, appliquant ses ventouses tantôt sur la paroi de l'intestin, tantôt sur les paroïs du corps. J'ai également aperçu le même parasite dans un testicule, où il se trouve très rarement, tandis qu’il est assez fréquent dans le tronc.
2° Cœlome céphalique. — II est très difficile de suivre le mode de distribution de la cavité générale dans la tête. Ce qui est certain, c’est que cette cavité y existe sous forme de vides nombreux, généralement intramusculaires (pl. IV, fig. 7). Il ya également des sinus placés entre les muscles etles parois du vestibule buccal; je les ai indiqués précédemment. Enfin on en trouve aussi à la face ventrale du pharynx (eg, pl. IV, fig. 3).
La cavité générale présente partout un revêtement endothélial, dont 1l est difficile de délimiter les cellules. Le plus souvent en effet, leurs noyaux seuls sont visibles. Leurs contours sont parfois un peu plus nets, du moins leur face interne est apparente (ce, pl. IV, fig. 5).
Dans cette cavité enfin circule un liquide transparent dans lequel sont épars des corpuscules figurés (pl. IV, fig. 9; pl. IV, fig. 1 et 4) très nombreux, de volume variable, ayant la forme d’une sphére le plus souvent irrégulière. Ces corpuscules montrent un contour net, qui limite une masse foncée, au centre de laquelle est
un point nucléaire plus foncé encore.
La structure etla distribution du cœlome, qui étaient déjà connues de Leuckart et de Pagenstecher, et dont l’origine endodermique a été mise en lumière par A. Kowalevsky, /oc. cit., ont été étudiées plus récemment par Grassi et Hertwig, bien que les dessins que ces derniers auteurs en donnent soient assurément trop schématiques.
J'ajouterai enfin que les organes respiratoires n'existent pas. La respiration est cutanée ; levestibule buccal ainsi que le prépuce me paraissent être les points où l'échange gazeux est le moins actif, malgré l'opinion contraire de Grassi.
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ORGANES EXCRÉTEURS
La coupe figurée, pl. IV, fig. 3, montre que de chaque côté du pharynx se trouve un organe (g/) développé, dont la direction est perpendiculaire au grand axe de la tête. Il est renflé à la face ventrale et se continue à la face dorsale par un court canal qui y débouche, entre l’épiderme céphalique et le prépuce.
Ces deux organes ont un volume différent, qui seul peut les distinguer. Chacun d’eux offre les mêmes éléments constitutifs. La portion renflée est tapissée de cellules volumineuses, qui vont se réduisant, à mesure qu’elles se rapprochent de l'ouverture externe. Ces cellules sont cylindriques ou coniques, quelques-unes arrondies. Leur contenu est toujours fortement granuleux et les granules qu'il contient font quelquefois place à de petits corps polygonaux (pl. V, fig. 12). Les cellules qui tapissent les parois du canal ont un contenu homogène, avec un nucléus circulaire, brillant, placé au centre. Enfin, dans l’espace circonscrit par les parois de ces organes, on constate une sorte de mucus, produit de sécrétion de ces cellules.
Je considère ces organes comme constituant un appareil excréteur particulier, analogue à ceux que Claparède à décrits dans les anneaux antérieurs des Annélides Tubicoles. Comme dans ces derniers, cet appareil offre une région glandulaire et un canal qui s’ouvre à l'extérieur. Son rôle est cependant différent, car il ne saurait avoir chez la Spadella d’autres fonctions que l’excrétion, à moins que le produit de sécrétion de ces glandes ne serve à lubréfier la face interne du prépuce, qui est en rapport avec la surface de la tête.
ORGANES REPRODUETEURS.
L'appareil sexuel comprend deux glandes femelles et deux glandes mâles, situées dans le tiers postérieur du corps. Ces deux appareils sont complètement indépendants l’un de l’autre. J’exäminerai donc d’abord les organes reproducteurs femelles qui sont placés en avant des testicules.
I. — Organes sexuels femelles. — Xls se composent de deux parties symétriques, ne différant entre elles que par leur volume. Chacune comprend une glande ovarienne, suivie d’un oviducte qui, à son extrémité postérieure, se renfle en une vésicule séminale, laquelle débouche au dehors par une petite ouverture située à la face ventrale.
1° Ovaire. — L'ovaire est placé presque à la partie terminale du tronc, à peu de distance des cloisons testiculaires antérieures. On peut y distinguer une face