SYMPTOMES
Première Période .
Ils sont peu variables; quelquefois la maladie est précédée de courbatures, d’inappétence et de diarrhée , mais la plupart du temps elle débute brusquement; le malade éprouve des frissons, de la chaleur, de la céphalalgie, des douleurs de ventre qui sont suivies quelquefois de diarrhée : à ces symptômes se joint un sentiment de lassitude extraordinaire, un brisement particulier des forces. A la céphalalgie , qui dure pendant les sept ou huit premiers jours , se joint une insomnie fatigante, la bouche devient pâteuse ; tantôt la langue est couverte d'un enduit jaunâtre dans toute son étendue, et tantôt elle est rouge vers sa pointe et sur ses bords avec un petit liseré blanc de chaque côté.
C est ordinairement vers la fin du premier septinaire que le météorisme se déclare ; à son début il n’est guère appréciable que par la percussion qui donne un son clair. En même temps on dé-, couvre à la pression un gargouillement qui est dû à la co-existance de gaz et de matière liquide dans les intestins.
Dans cette première période, le pouls est généralement fré-*
quent , large , et parfois résistant. La chaleur de la peau est augmentée , et elle a un caractère acre quelle conserve quelquefois jusqu’à la fin delà maladie. Le malade a de la toux, de l’expectoration > ses urines sont peu abondantes, très-colorées et fétides. Il se manifeste souvent une épistaxis qui est rarement abondante. Cependant on a vu des épistaxis nécessiter le tamponnement.
Deuxième Période 6
Elle est caractérisée par l’adynamie ; quelquefois il survient une éruption de tacbes typhoïdes qui d’abord frappe sur l’abdomen , et qui ensuite s’étend sur la poitrine et ailleurs. Cest alors que les accidens graves se déroulent. En effet, la figure prend un caractère de stupeur qui frappe dès le premier abord; les conjonctives sont injectées, la bouche se sèche, la langue et les dents deviennent fuligineuses. Dans cet état, il y a souvent mussitation, et la déglutition éprouve de la peine à se faire. Le météorisme prend un développement considérable ; les phénomènes ataxiques et adynamiques se déclarent ; le malade éprouve du délire , des mouvemens convulsifs; enfin on observe cet état d’agitation des mains connu sous le nom de carpliologie.
D’autres fois la somnolence prédomine, et ces divers phénomènes de délire , d’agitation, de spasme, de coma, alternent souvent les uns avec les autres. Dans ces différens états , le pouls conserve ordinairement de la fréquence ; mais il n’a plus ni force ni résistance, la peau reste chaude et sèche. Dans d’autres cas, ces phénomènes ataxiques sont moins prononcés, et l’adynamie prédomine, je pouls devient faible, dépressible, tremblant, la chaleur de la peau diminue , le malade est couché sur le dos, immobile, les lèvres, les dents noires, la figure profondément altérée. C’est surtout dans cet état qu’il survient des escarres au sacrum et sur des surfaces de vésicatoires.
La durée de la fièvre typhoïde est très-variable; quand la terminaison doit être funeste tous les symptômes que j’ai déjà énoneés
vont en s’aggravant : tantôt le malade succombe au milieu du coma on d’accidens épileptiformes , tantôt la faiblesse faisant des progrès, la chaleur diminue, la peau se sèche ou se couvre d’une sueur froide et glutineuse, les yeux se cavent et le malade expire; tantôt enfin la mort est produite par une perforation intestinale, une pneumonie, etc.
Si au contraire, la maladie doit avoir une issue heureuse, le coma est remplacé par un sommeil assez paisible, le malade sort de cet état de stupeur dans lequel il était plongé, l’intelligence renaît, j a langue et la bouche s’humectent, le météorisme diminue , le pouls revient à son état normal, la peau reprend de la souplesse , enfin les traits reprennent leur expression naturelle.