TRAITEMENT
Depuis que l’anatomie pathologique nous a montré avec le scalpel une altération des follicules intestinaux dans la plupart des fièvres tiphoïdes , cette lésion est devenue pour un grand nombre de médecins , la seule source des indications curatives. De là , l’emploi des émissions sanguines dans tous les cas, malgré l absence des symptômes locaux et malgré la différence des symptômes gêne'-
raux, dont lès formes variées révèlent des troubles divers de L’innervation et de l’hématose; et sous ce rapport, je pense que la doctrine de la localisation des fièvres a été peu favorable aux progrès de la thérapeutique. D’ailleurs , les lésions des folicules intestinaux est-elle primitive ou secondaire ? Doit-on la considérer comme le point de départ de tous les symptômes, ou bien n’estelle qu’un phénomène critique, ne différant que par son siège de ces éruptions qui se manifestent aux lèvres ou sur différents points de la périférie cutanée pendant le cours des fièvres? Enfin cette affection est-elle de nature phlegmasique. Toutes ces questions sont loin d’être résolues. L’anatomie patologique nous montre le siège des différentes lésions ; mais c’est surtout à la thérapeutique qu’il appartient de nous faire connaître leur nature.
Morborum naturam o< tendit curatio 3 a dit le père de la médecine.
Cette maladie revêtant des formes différentes et présentan * telle époque de la maladie des symptômes différens de ceux qu’ell avait à son début, exige nécessairement un traitement extrêmemer varié. Ainsi, si dans le début, la fièvre est forte, le pouls pleii fréquent, dans cet état la saignée générale convient, mais il fa saigner peu abondamment et presque toujours , une ou deux fi seulement; car la fièvre tiphoïdene doit pas être assimilée à lapnei monie où l’on saigne plusieurs fois avec avantage. Si au contraire l’état muqueux et bilieux se présentent dès le début, on donnera ui vomitif ou un léger laxatif; j’ai vu souvent sous leur influence lesymptômes s’amender et la maladie se terminer d’une manière lieu reuse; quand la maladie est arrivée à sa deuxième période, que la face est pâle , la chaleur moins élevée , le pouls petit, facile à déprimer, que la langue et les dents deviennent fuligineuses, que le malade est plongé dans un état de prostration , qu’en un mot l’adynamie est arrivée, alors il faut de suite recourir au quinquina qu’on fera prendre en potion et en lavement, au vin généreux donné a petite dose et à tous les moyens propres à relever les forces et à réagir contre ta cause qui tend à les anéantir. Enfin si des symptômes d’ataxie se manifestent , on donnera les anti-spasmodiques, tels que
le camphre, le musc , etc., pris en lavement. Quelques praticiens, au lieu de saigner appliquent des sangsues à l’anus, à cause de la débilita plus grande qui suit la phlébotomie. Mais la saignée me paraît modérer plus efficacement la fièvre , but qu’on se propose dans ce cas; et les sangsues ne me semblent préférables que lorsqu’il faut revenir aux évacuations sanguines à une époque déjà avancée de la maladie. Le sang du malade doit être ménagé dans ce cas , et il ne faut jamais perdre de vue l’adynamie qui va succéder à l’excitation.
En même-temps que l’on règle ainsi l’application des remèdes , on ne négligera pas les moyens que l’hygiène fournit. D’abord on évitera toute espèce d’encombrement, car rien n’est plus funeste que la réunion d’un grand nombre d’individu s dans un espace étroit. On placera le malade dans une chambre aérée suffisamment, et dont la température ne soit pas trop élevée; enfin, on veillera à ce que les personnes chargées de le soigner, le tiennent dans la plus grande propreté.