AUX FRANÇAIS, DU MOIS DE JUILLET I
ON a soutenu trois systèmes différents sur l'ancienne constitution française : les uns ont prétendu que la nation n'avait point de constitution ; d'autres ont soutenu le contraire ; d'autres enfin ont pris, comme il arrive dans toutes les questions importantes, un sentiment moyen : ils ont soutenu que les Français avaient véritablement une constitution, mais qu'elle n'était point observée.
Le premier sentiment est insoutenable; les deux autres ne se contredisent point réellement.
L'erreur de ceux qui ont prétendu que la France n'avait point de constitution, tenait à la grande erreur sur le pouvoir humain, la délibération antérieure et les lois écrites.
Si un homme de bonne foi, n'ayant pour lui que le bon sens et la droiture, demande ce que c'était que l'ancienne constitution française, on peut lui répondre hardiment : « C'est ce que « vous sentiez, lorsque vous étiez en France ; « c'est ce mélange de liberté et d'autorité, de « lois et d'opinions, qui faisait croire à l'étranger. K sujet d'une monarchie en voyageant en France.
CONSIDÉRATIONS SUR LA FRANCE lOJ
(c qu'il vivait sous un autre gouvernement que « le sien. »
Mais si l'on veut approfondir la question, on trouvera dans les monuments du droit public français, des caractères et des lois qui élèvent la France au-dessus de toutes les monarchies connues.
Un caractère particulier de cette monarchie, c'est qu'elle possède un certain élément théocratique qui lui est particulier, et qui lui a donné quatorze cents ans de durée : il n'y a rien de si national que cet élément. Les évèques, successeurs des Druides sous ce rapport, n'ont fait que le perfectionner.
Je ne crois pas qu'aucune autre monarchie européenne ait employé, pour le bien de l'état, un plus grand nombre de pontifes dans le gouvernement civil. Je remonte par la pensée, depuis le pacifique Fleury jusqu'à ces saint Ouën, ces saint Léger, et tant d'autres si distingués sous le rapport politique dans la nuit de leur siècle; véritables Orphées de la France, qui apprivoisèrent les tigres, et se firent suivre par les chênes : je doute qu'on puisse montrer ailleurs une série pareille.
Mais, tandis que le sacerdoce était en France une des trois colonnes qui soutenaient le trône, et qu'il jouait dans les comices de la nation, dans les tribunaux, dans le ministère, dans les ambassades, un rôle si important, on n'apercevait pas ou Ton apercevait peu son influence dans l'administration civile ; et lors même qu'un