‹ Considerations sur la France (volume 3)Chapitre 22 sur 28 · PRÉFACE. XJ · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XJ

Il ne parait pas que , depuis Tannée 1796, date de la première édition du livre que nous citons (1), il se soit passé dans le monde rien qui ait pu amener l'auteur à se repentir de sa théorie. Nous croyons au contraire que, dans ce moment, il peut être utile de la développer pleinement et de la suivre dans toutes ses conséquences , dont Tune des plus importantes, sans doute, est celle qui se trouve énoncée en ces termes au chapitre X du même ouvrage.

L'homme ne peut faire de souverain. Tout au plus , il peut servir d'instrument pour déposséder un souverain et livrer ses états à

un autre souverain déjà prince « Du

reste , il n'a jamais existé de famille souveraine dont on puisse assigner r origine plé-

penda qualunque simile ordinazione, Disc. sopr. Tit. Liv., lib. I, cap. IV.

(1) Considérations sur la France, chap. IV.

xi) PHÉFACE.

béienne. Si ce phénomène paraissait , ce serait une époque du monde (1). »

On peut réfléchir sur cette thèse , que la censure divine vient d'approuver d'une ma. nière assez solennelle. Mais qui sait si l'ignorante légèreté de notre âge ne dira pas sérieusement : S1 il V avait voulu, il serait encore à sa place ? comme elle le répète encore après deux siècles : Si Richard Cromwel avait eu le génie de son père , il aurait fixé le protectorat dans sa famille; ce qui revient précisément à dire : Si cette famille n'avait pas cessé de régner, elle régnerait encore.

Il est écrit : CEST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS (2). Ceci n'est point une phrase d'église, une métaphore de prédicateur; c'est la vérité littérale , simple et palet) Considérations sur la France, chap. X, $ III. (2) Per me Reges régnant. Prov. VIII. 15.

PRÉFACE. ÎX

berté, si elle ne Ta pas(1); l'influence humaine ne s'étendant pas au-delà du développement des droits existants.

8° Les législateurs proprement dits sont des hommes extraordinaires qui n'appartiennent peut-être qu'au monde antique et à la jeunesse des nations.

9° Ces législateurs , même avec leur puissance merveilleuse, n'ont jamais fait que rassembler des éléments préexistants , et toujours ils ont agi au nom de la Divinité.

1 0° La liberté , dans un sens , est un don des Rois ; car presque toutes les nations libres furent constituées par des Rois (2).

(1) Machiavel est appelé ici en témoignage : Un populo uso a vivere sotto un principe, se per qualche accidente diventa liber o, con difficoltà mantiene la liberté. Disc. sopr. Tit. Liv. I, cap. XVI.

(2) Ceci doit être pris en grande considération dans les monarchies modernes. Comme toutes légitimes et saintes franchises de ce genre doivent partir du souverain, tout ce qui lui est arraché par la foi x est frappé d'ana-

Page 1