XXXVIII. Souvent on a demandé : Pmir
ifuoi une école de théologie dans toutes les universiiés ? La réponse est aisée : Gest afin que les universités subsistent ^ et que tensei^ gnèment ne se corrompe pas. Primitivement elles ne furent que des écoles théologiques oiiles SLUtres facultés vinrent se réunir comme des sujettes autour d'une reine. L'édifice de fînstruetion publique , posé sur cette base ,
GÈRiiRATËtJa. 51
dvait doré jnsqu^à nos jours. Ceux qui Tout renversé chez eux sVn repentiront longtemps inotilem^t. Pour In^ùler une ville , il ne faut ({u^un enfant ou un insensé; pour là rebâtir , il faut des architectes , des matériaux^ des ouvriers , des millions , et surtout du temps,
XXXIX. Ceux qui se sont contentés dé corrompre les institutions antiques , en con« servant les formes extériem*es , ont peut-être fait autant de mal au genre humain. DéjJi Tinfluence des mtiversités modernes sur les mœurs et-Tesprit national dans une partie considérable du continent de FEurope , est parfaitement connue (1). Les universités
(1) Je ne me permettrai point de publier des notions qiiî^me sont partieulièrès^ quelque précieuses qu^elles puiseetlt être d'ailleurs; mais je crois qu'il est loisible à chacun de réimprimer ee qui e^t imprimé ; et de faire parler. u0 Allemand sur rÀllemagne. Ainsi s'exprime \ sur les unÎTerâités de son pa^rs, nn homme que personne n'accusera d'être infatué d'idées antiques.
a Toutes nos unitersilés d'AIlemagike; même les meil- « leures^ ont besoin de grandes réformes sur le cha-
« pitre detf mœurs Les meilleures même sont un
« gottffire où se perdent sans ressource l'innocence^ la « santé et le bonheur futur d'une foule déjeunes gens , « et d'dik sortent des êtres ruinés de corps et'd'âmc, plus
« à charge qu'utiles à la société^ etc finissent ces
« pages être un préservatif pour les jeunes gens ! Puis-
52 paiMCiPB
d^ Angleterre ont conserve, sous ce rapport, plus de réputation que les autres ; peut-être parce que les Anglais savent mieux se taire ou se louer à propos; peut-être aussi que Tesprît public y qui a une force extraordinaire dans ce pays , c su y défendre mieux qu'^ailleurs ces vénérables écoles , de TanaUième général. Cependant il faut qu^elles succombent, et déjà le mauvais cœur de Gibbon dtous a valu d'étranges confidences sur ce point (1). Enfin , pour ne pas sortir des généralités, si Ton n^en vient pas aux anciennes maximes , si Téducation n^est pas rendue aux prêtres , et si la science n^est pas mise partout
(( sent-ils lire sur la porte de nos universités Pinscription « suivante t Jeune homme, e'esi ici que beaueoup.de €i tes pareils perdirent le bon heur avec Pinnoeencfl y» (M. Campe, Recueil des voyages pour l'instruction de lu jeunesse, in-lS , tom. 11, pag. i39. )
(f) Voyez ses Mémoires, où, après nous avoir M% de. fort belles révélations sur les universités de son pays , il nous dit en particulier de celle d'Oxford : Elle peut bien me renoncer pour fils d^ aussi bon cœur que je la renonce pour mère* Je ne doute pas que cette tendre mère , sensible , comme elle le devait, à une tdle déclaration, ne lui ait décerné une épitaphe magnifique :
LUBBNS MERITO.
Le chevalier William lones , dans sa lettre à M. Anque* til, donne dans un excès contraire; mais cet excès lui fait honneur.
GÉNjiftATEDR. 63
à la seconde place , les maux qui nous attendent sont incalculables : nous serons abrutis par la science , et c'est le dernier degré de rabrutissemeut.
XL. Non-seulement la création n'appartient point à rhomme , mais il ne paraît pas que notre puissance , non assistée , s'étende jusqu'à changer en mieux les institutions établies. S'il y a quelque chose d'évident pour l'homme y c'est l'existence de deux forces opposées qui se combattent sans relâche dans l'univers. H n'y a rien de bon que le mal ne souille et n^altère ; il n^y a rien de ma] que le bien ne comprime et n'attaque y en pbus* sant sans cesse tout ce qui existe vers un état plus parfait (1). Ces deux forces sont
(!) Un Grec aurait dit : npo« itcov^p^waiy. On pourrait dire y vers la restitution en entier : expression que la philosophie peut fort bien emprunter à la j^urisprudence» et qui jouira^ sous cette nouvelle acception, d'une mer-* veilleuse justessCi. Quanta l'opposition et au balancement des deux forces, il suffit d'ouvrir les yeux. JéC bien est eontraire aumal^ et la vie à la tnort^... Considérez toutes les amvres du Très-Haut, vous les trouverez ainsi deux à deux et opposées Vune à t! autre. Eccles^ xxxui. 15.
Four le dire en passant : c'est de là que naH la règte dtr beau idéal. Rien dans la nature n'étant ce qu'il doit étre,^ le véritable artisle, celui qui- peut dire : Est Deus Ui
54 PBINCIPB
présentes partout* On les voit également dans la végétation des plantes , dans k généra* tion des animaiu^, dans la formation des langues, dans celle des empires (deux choses inséparables), etc» Le pouvoir humain ne s'étend peut-être qu'à ôter ou à combattre le v^ pour en dégager le bien et lui rendre le pouvoir de germer suivant sa nature« Le célèbre Zanotti a dit i II est difficile de changer les choses en mieux (\y. Cette pensée cache un très g^nd sens sous raf^rence d'une extrême simplicité. Elle s^accorde par* faitement avec une autre pensée d^OrigènCy cpiî yaut seule un beau livre, Rienj dit4l, ne peut changer en miçux parmi les hommesy INOmNEMENT (2), Tous les hommes ont le sentiment de cette vérité , mais sans être en état de s'en rendre compte. De là cette
nOBiSi a le pouvoir mystérieux de discerner tes traits les moins altérés , et de les assembler pour en former des tonts qui n'existent que dans son entendement.
(1) Difficile est tnutare in melius. ZanotU cité dans le Tramunto delta K> AecademiadiTorino. 178S-89. in-8'», p. 6.
(2) Adiii : ou , si Ton veut exprimer cette pensée d'une manière plus laconique , et dégagée de tonte lîoeoee grammaticale I sans Di^u^ riek ds mieux. Ortg. adv. Cels. L S6^d. Ru^i. Paris, 1733. In-fol., tom. 1 p. U^.
GÊNiÉeaâTBua. 5ii
averaioa machinale de tous les bons esprits pour les innovations. Le mot de réfotme ^ en lui-même et avant tout examen ^ sera toujours saspect à la sagesse y et rexpérience de tous 1^ siècles justifie Cette sorte d^instinct. On sait trop quel a été le fruit des plus belles spéculations dans ce genre (1).
XLI. Pour appliquer ces maximes générales à un cas particulier, c^est par la seule considération de Textrème danger deâ innovations fondées sur de simples théories humaines , que j sans me croire en état d^avoir un avis décidé par voie de raisonnement , sur la grande question de la réforme parlementake qui agite si fort les esprits en Angleterre, et depuis si longtemps , je me sens néanmoins entraîné à croire que celte idée est funeste^ et que si les Anglais s'y livrent trop vivértient , ils auront à s'en repentir. Mais, disent les partisans de la réforme ( car c'est le grand argtmient) , les abiissontfrappanii , ihcontes^ tables: or y un abus formel , un vice peut-il être constitutionnel? ^*^ Ovà^ sans doute , il peut rêtre ; car toute constitution politiqtie a des
(1) Nihil motutn ex antiquo probabiie est, T\U Liv.' xxxiv, 53.
56 PBINGIPE
défauts ess^itiels qoi tiennent à sa nature et qu'il est impossible d'^en séparer; et ce qui doit faire trembler tous les réformateurs, c'est que ces défauts peuvent changer avec les cir* constances , de manière qu^en montrant qulls sont nouveaux, on n*a point encore montré qu'ils ne sont pas nécessaires (1 ) . Quel homme sensé ne frémira donc pas en mettant la main à Tœuvre ? L'harmonie sociale est sujette à la loi du tempérament , comme l'harmonie proprement dite , dans le clavier général. Accordez rigoureusement les quintes^ les octaves jureront, et réciproquement. La dissonance étant donc inévitable , au lieu de la chasser, ce qui est impossible , il faut la tempérer ^ en
(1) Il faut, dit-on , recourir aux loU fondamentale* et primitives de Vétat qu^une coutume injuste a abolies y et c'est un jeu pour tout perdre. Rien ne sera juste à cette balance : cependant le peuple prête aisément r oreille à ces discours. (Pascal^ pensées, prem. part. , art. 6. Paris , Renouard , i803 , p. iSl , iS9.)
On ne saurait mieux dire \ mais yoyez ce que c^est que l'homme! l'auteur de cette obser?ation et sa hideuse secte n'ont cessé de jouer ce jeu infaillible pour tout perdre; et en effet le jeu a parfaitementréussi. Voltaire au reste, a parlé sur ce point comme Pascal : « (feet une « idée bien vaine, dit-il, un travail bien ingrat, de « vouloir tout rappeler atue usages antiqt$es, etc. » ( Essai sur les Mœurs et l'Esprit, etc., chap. 85. ) Entendeile ensuite parler des papes, tous verrez comme il se rfippelle sa maxime.
la distriboant. Ainsi, de part et d'autre, le défaut est un élément de la perfection possible . Dans cette proposition ^ il n'y a que la forme de paradoxale. Mais , dira-t-on peut-être encore , où est la règle pour discerner le défaut accidentel y de celui qui tient à la nature des choses et qiCil est impossible d^ éliminer ? — Les hommes à qui la nature n'a donné que des oreilles , font de ces sortes de questions , et ceux <jm ont de Toreille haussent les épaules. XLII. Il faut encore bien prendre garde , lorsqu'il est question d'abus , de ne juger les institutions politiques que par leurs effets constants , et jamais par leurs causes quelconques qui ne signifient rien (1) , moins encore par certains inconvénients collatéraux (s'il est permis de s'exprimer ainsi) qui s'emparent abément des vues faibles et les empêchent de voir l'ensemble. En effet , la cause , suivant l'hypothèse qui parait prouvée, ne devant avoir aucun rapport logique avec l'effet, et les inconvénients d'une institution bonne en soi^ n'étant , comme je le disais tout à l'heure , qu'uAia dissonance inévitable dans le davier
(1) Du moins, par rapport au mérite de l'institution a car, sous d'autres points de rue, il peut être très impor te ni de s'en occuper.
s 8 PBUfCIPB
gé fierai , oomineat le$iaâdtutiom pourraient^ elles être jugées sur les causes et sur les inconvénients ? Voltaire y qui parla de tout pen« dant un siècle sans avoir jamais percé une sur*-, face (1 ) , a fait un plaisant raisonnement sur la vente des offices de magistrature qui avaU lieu en France; et nul exemple , peut^tre^ ne serait plus propre à faire sentir la yérité de la théorie que j^expose. Lapreut^e^ dit-il» que cette vente est un ahus^ (^ est qiC elle nefutpro^ duUe que par un autre abus (2). Voltairefne se trompe point ici comme tout homme est sujet & se tromper, lise trompe honteusement. Cest une éclipse centrale du s^ns commun* Tout ce qui nait dun abus est un abus l Au CAUtrsûre ^ c^est une des lois les plus générales et ies plus évidentes de cette force à la fois Cachée et frappante qui opère et se fait sentir de tous côtés , que le remède de Tabos naît de Tabus, et que le mal ^ arrivé à un certain points s^égorge lui-même » et cela doit être;
(1) Dante disait à Virgile, en lui faisant, il faut l'avouer, un peu trop d'honneur : Maestro di color che tanno. *• Pariai, quoiqu'il ^tla tète absolument gâtée, a ce^ pendant eu le courage de dire à Voltaire, en parodiant Dante : Sei Maestro.... di colora chc eredon disapere* (H. Mattino). Le mot est juste.
(2) Précis du siècle de Louis XV, chap. 43.
car le mal , qui n^est qii\uie négation , a pour mesurés de dimensions et de durée celles de I*étre^ auquel il s'est attaché et qall derore. Il existe comme le chancre (piine peut ache* «^ qu^eu s^àchevant. Mais alors une nouvelle réalité se précipite nécessairement à la place ie ceUê qui vient de ^paraître; caria nature a horreur du vide , et le bien. . . • Mais je m^étoigne trop de Voltaire.
XLIU. L^erreur de cet homme venait de ce que ce grand écrivain , partagé entre i^ingt science^ ^ comme il Ta <£t lui-même quelque part 9 et constamment occupé d^aiiïeurs à instruire l'univers , n'^avait que bien ràreniait le temps de penser, et tFne cour voluptueuse et a dissipatrice , réduite aux abois par ses dilate pidations , imagine de vendre les offices de c< magistrature , et crée ainsi )> (ce qu^ellén^au^ rait jamais fait librement et avec connaissance de cause), ce elle crée, dis-je, une magistrature a riche , inamovible et indépendante ; de mace nière que la puissance is^nie éfui se joue w dans tunis^ers (1) se sert de la corrupc« lion pour créer des tribunaux incorrupc( tibles >j ( autant que le permet la faiblesse
(1) Ludens in orbe terrarum. Prov. viii, 3.
60 PBINCtPS
hamaiiie ). Il n^ a rien , en vérité , dé si plan^le pour Toeil du véritable philosophe ; rien de pins confonne anx grandes analogie^ et à cette loi incontestable qoi veut qne les institutions les plos importantes ne soient jamais le résultat d^une délibération, mais celui des circonstances. Voici le problème presque résolu quand il est posé , comme il arrive à tous les problèmes : Un pays tel que la France pouyait-U être jugé mieux que par des magistrats héréditaires ? Si Ton se décide pour Taffirmative , ee que je suppose , il faudra tout de suite proposer un second problème que void : La magistrature det^ani être héréditaire , jr ort-îl pour la constituer d'abord j et ensuite pour la recruter j un mode plus avantageux que celui qui jette des millions au plus bas prix dans les coffres du soui^erain , et qui certifie en même temps la richesse y tindépendance et même la no^ blesse (quelconque) des juges supérieurs?
Si Ton ne considère la vénalité que comme moyen d^hérédité , tout esprit juste est frappé de ce point de vue, qui est le vrai. Ce rfest point ici le lieu d^approfondir la question ; mais c'en est assez pour prouver que Voltaire ne Ta pas seulement aperçue.
6£lV£BATEUR. 61
'XLïY. Supposons maintenaut à la tète des affaires xm homme tel que lui, réunissant par un heureux accord la légèreté, Tincapacité et la témérité : il ne manquera pas d's^ suivant ses folles théories de lois et d'abus. H empruntera au denier quinze pour rembourser des titulaires , créanciers au deniar cinquante ; il préparera les esprits par une foule d'^écrits payés , qui insulteront la magistrature et lui ôteront la con&uice publique.
Bientôt la protection y mille fois plus sotte que le hasard , oumra la liste étemelle de ses bévues : Thomme distingué , ne vc^^ant plus dans rhérédité un contre-poids à d^aecablants travaux , s'écartera sans retour ; et les grands tribunaux seront livrés à des aventuriers sans nom, sans fortune et sans considération; au lieu de cette magistrature vàiéràble , en qui la vertu et la science étalait dévalues héréditaires comme ses dignités, véritable sacerdoce que les nations étrangères ont pu envier à la France jusqu^au moment où le philosophisme, ayant exclu la sagesse de tous les lieux qu'elle hantait , termina de si beaux exploits par la chasser de chez elle.
XLV. Telle est Fimage naturelle de la plupart des réformes; car non-seulement la
62 Mttîwiiï»»
création n'^appartient point à Thomme, mais la réformàtton même ne lui appartient que d'une manière secondaire et avec une foule de restrictions terribles. En partant de ces principes incontestables, chaque homme peut juger les iastitcrtions de son pays arec tine certitude parfaite; il peut surtout ap^urécier tous cas créateurs , ces législaieurs , ces re^'taurateurs des nations , * si chers au dix-hui« tième siècle , et que la postérité regardera avee pitié 9 peut-être même atec horreur. On a bâti des ch&teaux de cartes en Europe et hors de TEurope. Les détails seraient odieux; mais certainement on ne manque de respect à personne en priant simplement les hommes de r^arder et de juger au moins par rêvé* nement , s'ils s'obstinent à refuser tout autre genre d^instmction. Uhomme en rapport avec son Créateur est sublime , et son action est créatrice : au contraire, dès qu^il se sépare de Dieu f$, qu^il agit seul , il ne cesse pas d'être puissant , cas c'est un privilège de sa mdure; mais son action est négative et n'aboutit qu^Â détruire.
XLYL II ny.a pas dans Thistoire de tous les siècles un seul fait qui contredise ces maximes. Aucune institution humaine ne peut
GANÉRATETJtl. 63
durer si elle n*est supportée j>» la main qui supporte tout; c^est-à-diré si e^Ue ne lui' est spécialement consacrée dans son origine.
Wus elle sera pénétrée par le principe divin , et plus elle sera durable. Etrange aveugle^ ment des hommes de notre siècle! ils se vantent de leurs lumières ; et ils ignorent tout, puisqùils s^ignorent eux-mêmes. Us né savent ni ce qtf ils sont ni ce- qulls peuvent. Un orgueil indomptable les polte sans cesse à renverser tout ce quils n'ont pas fait; et pour opérer de nouvelles créations, ils se séparent du principe de toute existence • Jean^ Jacques Rousseau, lui-même, a cependant fort bien dît : ffomme petit ^t vain^ montremoi ta puissance^ je tè tnontteral ta faiblesse» On pourrait dire encore avec autant de vérité et plus de profit : ffomme petit et vain , confesse-moi ta faiblesse^ je te montrerai ta puissance. En effet , dès que rhomme a reconnu sa nullité , il a fait un ^nd pas ] car il est bien près de chercher un appui avec lequel il peut tout. C'est précisément le contraire de ce qu'a fait le siècle qui vient de finir. (Hélas ! il n^a fini que dans nos almanachs.) Examinez toutes s^s entreprises , toutes ses institutions quelconques , vous le verrez cons-
64 MiNcfPfi
tammeflt otcupé à les séparer de la JDivinitèi» VboBime s'est cm on être indépendant , et il a professé nn véritable athéisme pratlqae, pins dangereux , peut-être ^ et plus coupable que celui de théorie.
XLYII. Distrait psur ses vaines sciences de la seule science qui Tintêresse réellement ^ il a cru qu'il avait le pouvoir de créer ^ tandis qu'il n^a pas seulement celui de nommer. Il a cru, lui qui n^a pas seulement le pouvoir de produire un insecte ou un brin de mousse, qu^il était Taçteur immédiat de la souveraineté , la chose la plus impwtante , la plus sacrée, la plus fondamentale du monde moral et politique (1); et qu^une telle famille , par exemple , règne parce qu^un tel peuple Ta voulu ; tandis qu^il est environné de preuves incontestables que toute famille souveraine règne parce qu'elle est choisie par un pouvoir supérieur. S^il ne voit pas ces preuves, c'est qu'il ferme les yeux ou qu^il regarde de trpp près. U a cru que
(1) Le principe que iout pouvoir légitime pari du peuple est noble et epécieuw en lui-même ^ eepen^ dont il est démenti par tout le poids de V histoire et de f expérience. Hume, Hist. d'Angl., Charles I«%ch. LIX, tnn. U49. Edît. angl. de Bâle, 1789, in-8'', p. 190.
GÉKÉRATEDR. 6 S
t'est lai qui avait inventé les langues , tandis
qu'il ne tient encore qu'à lui de voir que
toute langue humaine est apprise et jamais
imméritée , et que nulle hypothèse imaginable
dans le cercle de la puissance humaine ne
peut expHquer avec la moindre apparence de
probabilité j ni la formation , ni la diversité
des langues. Il a cru qu'il pouvait constituer
les nations , c'^est-à^dire , en d'autres termes,
qu^il poui^ait créer cette unité nationale en
*vertu de laquelle une nation ifest pas une
autre. Enfin, il a craque, puisqu'il avait le
pouvoir de créer des institutions , il avait à
plus forte rabon celui de les emprunter aux
nations , et de les transporter chez lui toutes
faites , avec le nom qu'elles portaient chez
ces peuptes , pour en jouir comme eux avec
les mêmes avantages. Les papiers français
me fournissent sur ce point un exemple
singulier.
XliVIII. Il y a quelques années que les Français s'avisèrent d'établir à Paris certaines courses qu'on appela sérieusement dans quelques écrits du jour , jeux olympiques. Le raisonnement de ceux qui inventèrent ou renouvelèrent ce beau nom , n'était pas compliqué. On courait , se dirent-ils , à pied et a cheval ,
60 pamciM
sur les kords de TAlphée ; on eourf à pied H à çheuatsur les bon^s de la SeiÈe: donc eV^ h même chose. Rien de pins ^r/m/ife ; ihais^ sans leur demandep poorquoi tB& n*àTaîent pa^ îma^né d^appeler ces jeox parisiens , au fiea Se les appeler olympiques , Il y aurait bîea d^utres observations à faire. Pour instituer les jeux olympiques , oo. consulta les oracles: les dieux et le.s héros s^'en mêlèrent; ui^ ne les commençait jamais sans avoir fait des ss^crifiçef et cTautres cérémpiûes peligieijy^ç^ | on, les Regardait çompie \e^ ^^4^ CPWK^ de la (kx^ç^Çi ^ ç.t riçj^ n'ét^t pljw apga^tje.. H^ Iç^ P^ii^ep^j ^YW^t d'ét^bJlMr ^«tur^ çom«es ren^^s^^esi 4^ Qr^ç^ , aljb^rspt^ils à,Ronaç qd
lipif^^pofifqfij^am » paw wiwult^r fe? pi^pa ?
sçr 4^ bOjH^qDÎevik 9 £aiaaîenl>til& chanter la grand^messe ? A quelle grande vue politique avaieatrils su associer ces coun^es ? Comment s'appelûeab les institeteurs ? **^ Mais c^en est trop ^ le bon sens> te plus ordioAire sent d^abord le néârà et nifÉmete^ridîeule de cette imitation* XLIX. G^endiant, dans un journal écrit par des hommes d'esprit qui n'avaient d^utre tort ou d'autre malheur que celui de professer les doctrines modernes , on écrivait, il- y a
Iniques années ^ an buî^ de tes bovrses ^ le passage suvaht dkté p«r renthotisiaisme le plos divertissant :
Je leprédis ; ks jeox dLymptques dés Pràn^ ç€us aitireront kn jtmr V Eut ope au CheMifH de-Mats^ Qt^ils ont tânae froide et peu ^us^ cepUhk iémùttùft ùeuà pii ne voient ici que des courses! Moi , fjr wyis un spectacle tel que jamais tuni^ers n'en a offert de pareil , depuis ceux de PElidè , où; la Grèce était en s:peciacle h la Grèce, Pfon , les cirques . dés Romams^ les tournois de notre ancienne che^ i^alerie , r^en approchaient pas (♦).
Et moi, je crbis^ 61 niéme je sais que nolle imûttition humaiiie t?û^ durable si elle n'a Qité base fefigieilse; ef, de plus (je prié qu^on fasse bien attemtîon à ceci ) , si elle ne parte un nornjpris dans une langue nationale^ et né de lu^mênte y sans aucune délibération antérieure et cùnnuè.
(1) Décade philosophique ^ octobre 1797^ n*" 1 # pag. 31, 1809). Ce passage 9 rapproché de sa date, a le double mérite d'être éminemment plaisant et de faire penser. On y TOit de quelle^ Idées s6 berçaient alors ces enfants, et ce qu'ils savaient sur ce que l'homme doit savoir avant tout, bès^lors un nouvel ordre de choses a suffisamment réfuté cesr belles imaginations; ei si toute t Europe èsi aujouréThui aUirée à Paris y ce n'est pa^ certainement pour y voir les jeux olympiques (1814}.
68 i^iimciPB
L. La théorie des nomi est encore on objet de grahde importance. Les noms ne sont nullement arbitraires , comme Pont affirmé tant d^hommes qui avaient perdu leurs noms. Dieu s^appellé : Je suis; et toute créa* tare s^appelle : Je suis cela. Le nom dW être spirituel étant nécessairement relatif à son action , qui est sa qualité diâtinctive ; dé là vient que , parmi les anciens , le plus grand honneur pour une divinité était la polyonymie^ c'est-à-^dire la pluralité des nomsj qui annonçait celle des fonctions ou Tétendue de la puissance. L^anlique mythologie nous montre Diane, encore enfant, demandant cet honneur à Jupiter; et , dans les Vers attri* hués à Orphée, elle est complimentée sous le nom de' démon poljronjnte (génie à plu* sieurs noms) (1). Ce qui veut dire , au fond, que Dieu seul a droit de donner un nom^ En effet , il a tout nommé , puisqu^il a tout créé. Il a donné des noms aux étoiles (2) , il en a
(1) Voyez la note sur le septième vers de lliTmne & Diane de Callîmaque (édition de Spanheim); et Lanzi, Saggio di leUeratura etrmca, e\.c.fVar%^f tom. H» page 241 , note. Les hymnes d'Homère ne sont au fond' que des collections d'épithètes; ce qui tient au méms principe de la polyonymie»
(9) Isaïe. XL. S6.
donné aux esprits , et de ces derniers noms j rEcritore n^en prononce que trob , mais tous
les trois relatifs à la destination de ces ministres. Il en est de même des hommes que Dieu a voulu nommer lui-même , et que TEcriture nous a fait connaître en assez grand nombre : toujours les noms sont relatifs aux fonctions (1). N^a-t-il pas dit que dans son royamne à venir il donnerait aux vainqueurs UN NOM NOUVEAU (2), proportionné à leurs exploits? Et les hommes ^ faiis à t image de Dieu , ont-ils trouvé une manière plus so* nnleelle de récompenser les vainqueurs que celle de leur donner un nout^eau nom , le plus honorable de tous , au jugement des hommes , celui des nations vaincues (3)? Toutes les fois que Thomme est censé changer de vie et
(1) Qu'on 86 rappelk le plus grand nom donné divinement et directement à un homme» La raison du nom fut donnée dans ce cas avec le nom, et le nom exprime prédsémentla destination^ ou, ce qui revient au même, le pouvoir.
* (2) Apoc. III. 13.
(3) Cette oLseï vation a été faite par Tauteiir anonyme^ mais 1res connu ^ du livre allemand intitulé : Die &iegs^ geêchichte der ehriêiliehen Religion, in eitirr gemeinnisizigên Erklarung der Offenbaruvg iohunnîn^ in-8* Nuremberg, 1799 j^ pag. 89. lï n'y a rien à dir» contre cette poge.^
70 PRINGIFS «
recevoir ua nouveau caractère, asse2 commii* ii^m^nt il reçoit }m uQuveau nom* C^^ ^ Yoi(: ^us le baptême , dans la confirmation y dans Tenrôlement ile3 soldats , dan*^^^ Tenlrée en religion ^ dan$ raflranchîssçi^çnt des e^ çlaves , etc« ; en un mot, Je nom de tout être exprime ce cja'il est, et (^ms ce genre il ny a rien d'arbitrairç. Uç^pres$ian vulgaire , // a un nom y il n'a point de nQm,\ est très-juste et très-expressîve; aucun homme ,ne pouvant être rangé pajrmi ceu^ qu'^o/^ çppelhs aux assemblée^ et qui ont un nom (1) , si sa famille rfest mariée du signç qui la distingue des autres.
Uf U en est des nations comme des individus : il y en 9 qui ri ont point de nom.
Hérodote observe que les Thraces seraient le peuple le plus puissant de Tunivers s^ils étaient \xsû& : maïs y ajoutcrt-il, cette union est im^ possible Y car ils ont tous un npm différent (2), Cest une très bonne obâfirvalion. U y a anssi des peuples modernes qui n^ont point de nom y et il y en a d^autres qui en ont plusieurs*; mais la poljonjrmie est aussi nr^lbeureuse
(l)Num-XVI.2.
(2) Hérod. Therp8yc. V* a.
GÉKÉEATBUa. 71
polir les âatioiis qu^CKD a pu la croire hmio^ rable pom* les génies.
UIi lica notùA v^tcjBsA donc rièa cPail>i'' tarai» i et kûr origine tenant^ comme toutes les choses ^ |iltais oUt moins immédiatràuenl à Bieu ^ â ne fiscal pas croke ()ùe Thomme ail dmt de &<»iimér^ sans restrictioil ^ mène ceika âoRt U a qael<|ae droit de se regardai' comme Tântetir^ et de leur impoter des nOiAs suirant lldéè qa^il s'en forme. Dieu s'est k^ésôrvé à ceC égard ùlie espèce de ^ridicttoU immédiate qu'il eât impossible de mé» connaître (1), O moh cAer.Hermogène S éesi urte grande chose ^ue fimpàsitiùn deè noms , et qui ne peut appartenir hi à tho&ane maU^ i^ai^j ni même à f homme 'Jt^ûlffainSku..* Ce droit rC appartient qnjCk Un créateur de noms ( onomatorge) I o^eit^érdire , à ce qui semble y au seul législaléUr} mais de taui les créaieurs hwnains le plus rare ^d est un législateur (2)i
LHI. Gëpendant rhômriie n'aîme rieil ikm que dé nommer^ C^e^t ce qu^il fait, par
(1) Orig. adv. CeU. 1. 18 , 24^ p- ^t > etinExbortf ad martyr. , n. 46 et in noi, Edit. Rum, iurïiû.i t. L pages 30&; 341.
(2) Plato, in Crat> Opp tom. III, p. 244.
72 PaiNCIFE
exemple , lorsqa^il applique aux choses des épithètes significatives; talent qm^ distingue le grand écrivain et surtout le grand poète.
L%eureuse impositioa d'une épitbète illustre un . substantif ^ qui devient célèbre sous ce nouveau signe (1). Les exen]|>les se trouvent dans toutes les langues ; mais , pour nous en tenir à celle de ce peuple qui a lui-même un si grand nom , puisqu^il Pa donné à ht franchise ^ ou que IsL franchise Ta reçu dekti, quel homme lettré ignore Vai^àre Ackéron , les coursiers attentifs , le lit ejffronté , les ii^ mides supplications j le frémissement argeniéi le destructeur rapide ^ les pdles adu-lateurs , etc. (2) ? Jamais Thomme n^oubiîera ses droits primitifs : on peut dire même , dans ua certain sens , qu^il les exercera toujours , mais combien sa dégradation les a restreints ! Voici une loi vraie comme Dieu qui Tsi faite :
(1) « De manière, » comme Ta obserré Deays iPHalycarnasse^ « que si l'épithète est disHnctive et noMtellCy <c(o!xc(0c xal it/wfffv^f )y elle pèse dans le discours autant « qu'un nom. T»{De la poésie d^Homère, ek. 6.) On peut même dire^ dans un certain sens, qu'elle yaut mieux , puisqu'elle a le mérite de la création^ sans ayoir le tort du néologisme.
(9) Je ne me rappelle aucune épithète illustre de Voltaire; c'est peut-être de ma part pur défatft de mémoire.
6ÉNK1UTC0B. 73
// est défendu à Phomme de damier de grands noms aux {Aoses dont il esi tauteur et qt^il croit grandes; mais sUl a opéré tégitimemenij le nom ^vulgaire delachose sera ennobli par elle et deviendra grand.
Liy. Qoli s'agisse de créations matérielles oa politiques , la règle est la même. U n^'y a rien, par exemple, de pins connn dans rhistoire grecque que le mot de céramiK-juc ; Athènes n'^en coni;ut pas de pins augoste.
Longtemps après qaVUe eut perdu ses grands hommes et son existence politique , Atticus, étant à Athènes, écrivait avec prétention à son illustre ami : Me trout^ant tautre Jour dans le Céramique^ etc., et Cicéron Ten badinait dans sa réponse (1). Que signifie cependant en lui-même ce mot si célèbre.
Tuileries (2) ? Il n'y a rien de plus vulgaire : mais la cendre des héros mêlée à cette terre Tavait consacrée , et la terre avait consacré le nom. U est assez singulier qu'à une si grande distance de temps et de lieux, ce
même motdeTniLBBiBS, fameux jadis comme
(1) Voilà pour répondre à votre phrase : Me trowDonê Vautre jour dan* le Céramique, etc. Gîc. ad Att. i. 10.
(2) Avec une certaine latitude qui renferme encore ridée de poterie.
74 PBinciPS
nom d'imlietr de sépulture , ait été de uouveau Ulufttré. 50115 celui d^uu paUôs, La puissance qpà venait habiter les Tuileries: f ne s^'avisa pas de leur donner quelque nom imposant qui eût une certaine proportion a^ee elle, Sl ^e eût commis cette faute , il n^jr ayait pas de raison pour que ^ le lendemain | .ce lieusne fût habité par des filous et par des fille.
LV« Une autre raison^ qui a son prix, quoiqu^elle soit tirée dé moins baut^ doit nous engager encore à nous défier de tout nom pompeux imposé à priori, Cest que la conscience de rhomme Tavertissant presque ton* jours du vice de Touvrage qu'il vient de porpduire , Forgueîl révolté , qui ne peut se tromper lui-même, cher<^he au moins à tromper les autres , en inventant un nom h«norable qui suppose précisément le mérite contraire; de manière que ce nom, au lieu de témoigner réellement Texcellence de Tout vrage^ est une véritable confession du vice ipà le distingue. Le dix-buitîème âècle , si riche en tout ce qu^on peut imaginer de faux et de ridicule y a fourni sur ce point une foide d'exemples curieux dans les titres des livres , les épigraphes , les inscriptions et au-
GÉHjtaATEUB. 75
Ires choses àe ce^enre. Ainsi, par exemple, §ï vous lisez à la tête de Ton des piiacipaux iOruvrages de ce siècle :
Ttmiuméeriesjuneturaquepoltei, Ttmimfn de meaàiù stimpiU aecedii hçnwù*
Effacez la présomptueuse épigraphe , et substituez hardiment, avant même d^avoîr ouvert le livre y et sans la moindre crainte d^étre injuste :
Hudis indig^eitaque molet j Non benè funotarum ditoardia semina rerutn.
En eilet , le chaos est limage de ce liire , et TépigFaphe exprime éminemment ce qui mafique éminemment & Touvrage, Si vous lisez à la tête d^on autre livre : Histoire phi^ losophiifue et politique^ vons savez, avant d^avoir lu Thiâtoire anmmcée sous ce titre , qn^elle n^est ni philosophUiiie ni polUique; et vous saurez de plus, auprès Tavoûr lue, cpie. c'est Voeuvre d'un firénétique. Un homme ose^t-il écrire au dessous de son propre por<^ trait : Vitam impendere vero? gagez, sans information , que c^est le portrait d'un menteur; et lui-même vous l'avouera, un jour qu'il lui prendra fantaisie de dire la vérité. Peut-on lire sous un autre portrait : Postge-
9Ulis hic carus erit y nuiic carus anucis , sans se rappeler sur-le-champ ce vers si heureusement emprunté à Toriginal même pour le peindre d^uae manière un peu différente ; J'eus des cuiorcUeurs et rfeus pas un ami?Et en effet , jamais peut-être il n^exista d'homme , dans la classe des gens de lettres , moins fait pour sentir Tamitié , et moins digne de Tinsr pirer, etc. , etc. Des ouvrages et des entreprises d'^un autre genre prêtent à la même observation. Ainsi, par exemple, si la musique j chez une nation célèbre , devient toutà-coup une affaire d'^Etat ; si Tesprit du siècle , aveugle sur tous les points , accorde à cet art une fausse importance et une fausse protection , bien différente de celle dont il aurait besoin; si Ton élève en^n un temple à la musique , sous le nom sonore et antique d^OoSon, c^est une preuve infaillible que Tart est en dé^ cadence, et personne ne doit être surpris d'entendre dans ce pays un critique célèbre avouer , bientôt après , en style assez vigoureux, que rien n^empêche d^ écrire dans le fronton du temple : Ghambrb a LOUsa (1).
(t) « U 8^en faut bi«n que les ménoes oioreeaux exécu- « tés à VOdéon produisent en moi la ménie sensation (c quej'éprouvais à l'ancien Théâtre de musique, où je
LVI. Maïs, comme je Pai dît, loul ceci n*est qu^une observation du second ordre; revenons au principe général : Que t homme fCa pas , ou rùa plus le droit de nommer les choses ( du moins dans le sens que j^ai expliqué). Que Ton y fasse bien attention, les noms les plus respectables ont dans toutes les langues une origine vulgaire. Jamais le nom n^est proportionné à la chose; toujours la chose illustre le nom. Il faut que le nom germe , pour ainsi dire , sans quoi il est faux. Que signifie le mot trâne^ dans Torigine?
siège , ou même escahelle. Que signifie sceptre? un b&ton pour s^appuyer (1). Mais le bdton
a les entendais ayec ravissement. Nos artistes <ml perdu « la traditicm de ce chef-d'œuvre (le 5/atofdd'Petg6^ « lèse) ; il est écrit pour eux en langue étrangère ; ils en « disent les notes sans en connaitre l'esprit ; leur eié-^ « cution est à la glace, dénuée d'âme, de sentimen\ et « d'expression. L'orchestre lui-même joue machinale-^ « ment et ayec une faiblesse qui tue VttkX* L'ancienne « musique {laquelle P) est la rivale de la plus haute a poésie ; la nôtre n'est que la rivale du ramage des oi^ <c seaux. Que nos virtuoses modernes cessent donc... de
« déshonorer des compositions sublimes qu'ils ne se
« jouent plus (surtout) à Pergolèse; il est trop fort pour « eux. » (Journal de f Empire ^ 98 mars 1819.)
(1) Au second livre de l'Iliade , Ulysse vent empêcher les Grecs de renoncer lâchement à leur entreprise. S'il rencontre, au milieu du tumulte excité par les mécpn*
1^ thiNcïPË
des Rois fut bientôt distingué de tous leis outres , et ce nom , jsous sa nouille signifi-^ cation, subsiste depuis trois mille ans. Qdy a-t-il de pitis noble dans la littérature dt de plus humble dans 6ôn origine que le mot trtt^ gédie? 'Et le liom prescjue fêtide dedrapeak^ soulevé et ennobli par la lance ûès fiQjêttk^;quelle fortune tfa-t^i! pas Mîé ûkhê l^ttè langue? Uhe foule d'autres noms vfttntiettt plus ou moins à rappm dti même principe ,' tels que ceux-ci , par exempte : sértat , décM^ teur, consul y empereur^ église ^ cardinal ^ maréchal j etc. Terminons parcetttde cohi^ nétahle et de chtmcelier domiés â àevx, éitîk
tenu 9. ua poi ou un noble> il lui adresse de douces paroles pour le persuader^ mais s'il trouve sous sa main un homfne du peuple. Wh-^^ h^pç^) (gfiUieisnie rennar^ quAble %ille nosse à (ircm<U coups de se^tre. Iliàd»^ II, ta»^t8|9.) '
.On fit jadis im crime à Socrate de s'être emparé des i^r&qu'Uj^sse prononce dans cette occasion , et de Jes ii¥Oir citis pour prouver au peupk qu'il ne sait rien et qu'il n'est fien. ( Xenoph. MeinorJsocr. I. It. 90. ) '
Pind^e peutencorc être cité pour Thistoire du sccfttre, à l'endroit où il nous raconte l'anecdote de cet ancien roi de Rhodes qui assomma son heau-frère sur fa placé, en le frappant, dans un instant de vivacité et sans mauvaise intention , avec uu sceptre qui se trouffa mai^ heureusement fait d!un bois trop dur, (dymp. VTI. V. 49-55. ) Belle leçon pour alléger les sceptresî
GÉNËRATÉUft. 79
nentes dE^^és des temi»s moderae$ : k pre* mieF lie ^[iiîfie dans Torique que le c^ef de^ técurle (1) , ekle secotnAy t homme qui s^^ tient derrière une griUe ( pour n^ètre pas ^- Câblé par I9 faille des 6uppliaEto)«
LVXL II y a dcHic deux règles mfailUUe* pldcir juger toutes les créations hirniaioffs^ de q«|elque genre qa'ellea scdent y la base et le m>m; et -ees deux règles, bi^ eute^due^ y, dispeoseÉifc de toute i^plicatiou; odku^^^ .Si la base est purement humaine , Tédifice ne past tenir; et plus il y aura d^hoBuiites <iui s^ea serent mÂlés\ plus ils y swront nis dc^ déKbératioii, , de science et Récriture surtout , enfin, de moyens hamai»» de (»« le« gen«s , et plus rinstituttont sera firagîLe. C'est i)r»ei^ paiement par cette règle ^'il faut juger tout ce^qui a été entmpiis par- des sourer^ins' ou par des aaseniblées d'hommes , pùur là civitisafiîoa, rinstitutio]!fe o» la régénération d^s peiSKâs»
liVIH. Par la raison contraire , plus Tin-* stitution^ est dtvine dans ses bases^^ et ^u& elle est dmarablft. U est bon mèmed'observer , pour
(1) Connétable n'est qu'une contraction gauloise de CONES STABULi, le compagnon ou te ministre duprtnci^ au départe^neni des écuries.
plus (k cldtté , que le piikici|^e Mligieux est^ par essence j créàteiu* et consèfTsrteor , de deux manières i En premier Heù^ comme ilag^t plus fortement que tout autre sur Tesprit humain , il en obtient des effcnrts pTtM^^ux. Ainsi y par exemple , Thomme persuadé par ses dogmes religieux que c^est vaï grand avan^ tage pour lui, qu^après sa mort son corps soit conservé dans toute rintégrité possible y sans qù^aucune main indiscrète ou profaïuilrice puisse en approcher; cet honme^ âs-je^ après avoir épuisé Fart des embaumements, finira par construire les pyraiîMes d^EgypIe» Eh second lieu, le principe religieux déjà si fort par ce qù^il opère , Pest encore infiniment par ceqûll empéfche , & raison du respect dont il entoure tout ce quMl prend sous sa protec^ tion. Si un simple caillou est consacré , il y a tout de suite une raison pour qui! écl^q^ aux mains qui pourraient Tégarer ou le dénaturer, La terre est couverte des preuves de cette vérité. Zef frases étrusques , par exemple, conservés par la religion des tombeaux^, sont parvenus jusqità nousy malgré leurfragilitéj en plus grand nombre que les monuments de marbre et de bronze des mêmes époques (i).
(I) Mercure de France , 17 juin 1809, n» 413, pag. 679.
Voulas-vmis donc c^/i4|«rieer tout , dédiez tout. LIX* La seconde règle , qm ^&t celle dç^ noim , n'eil: , je crois, pi mfàfi$ qlaire ni moins déci^ve q^e la précédente. Si le nom est imposé par une assemblée; s'il es\ étubli par une détibér»tio« antécédente , en sort^ qu'il précède la çliosçf.;;«i le nom est pompeux (1), B% a ui|e pFQpQçtUm graniaialicaleayec Tobjet qu'il ^oits^^^enier; eiiQn , s'il, est iké d'une hngm : étr^i^ire > let surtout; d^une la«§ue antique, toiles cani^^es de nullité se trouvent réimis. » et l'on |ieQt être s^r que Ip nmn et la chose diipdrattront ^ très peu de temps. Les suppositions contraires annonçant la légitimité , pt par C(H^quenL la dgrée de l'insli* tution. Il faut bien se garder de p^ser légèrement sur cet objet. Jamais un. véritable philosophe ne doit perdre de vue la lan^gue , véritable baromètre dont les variations aunoncentiofailliblement le bon et le mauvais iemps. Pour m^en tj^nir au sujet que je traite dans
(1) Ainsi, par exemple, si un homme antre qu'un sou* verain se nomme lui-môme législateur, c'est line preuve eerUine qu'il ne ttest pa# ; et «i une asiemlitéè ose se nomiaer le'gUlairiee , non^eulement e'est une preuve qu'elle ne l'est pas, mais c'est une preuve qu'elle a perdu l'esprit y et que 4ans peu elle sera livrée aux risées de l'univers.
82 FBlNaPB
C9 moment y il est certàhi qoe rintrodcicttott démesurée des mots étrangers ^ appiiqnésf ior* i
toot noflc ittsâttitioBS nationales de tool ^fsnn^ est nn êtes ^gnes ks plus Infiûl^lct de in dégradaHon d\iit peopte.
LX. S ia formation de tons ki empires, les progrès dQ la til4]Ssatioii et le concert mia» nime de tontes les l^leires et de tofiles les traditions ne snffisiiiMit point enceitf^ponr notis conTaincm> 1» mort des entpsea acbèr^^wt la démonstration eonnnencén pM" lenr
SSMO; Comme c>st k prindpe rdi^enx ^i a tont créé» eW Pialiseikee de ce m^teie principe qai a ton» détn^t. La êectt d*1^cin«, qn-on pourrait appeler tîncrêdulUé aninfue j dégrada d^Innrd^ et détruisit bientôt Cous Ie& gouvernements qui euient le malheur de loi donner entrée. Pulont Lucrèce annonça
Matt' toni3âa les expérienees 'passées duparaissent d^antl^empte épouvantable dimné par le dernier siècle. Encore enivrés de ses vapeurs » il s^en faut de beaucoup que les liommes 9 du moins an génœal ^ ei»lsnt asten de sang-froid pour contempler cet eitemple dans son vrai jour, et surtout pour en tirer les conséquences nécessaires; il est donc bien
CilfiRATÊUR. 83
éââeiitiiei de diriger tous les regards sur oelte scène terrible»
ibiU. ToQjotirs il y a en des religîoiA sur In terre^ et t<>a>CMir8 il y a eu des impies qpm les (Mit eombattués : toujours aussi Timpiété fut mt arinie} car »- comme il ne peut y avoir de rel%ioa fausse sans aucun mélange de vrai^ U ne pevA y avoir d'impiété qui ne combatte ^iie^ue vérité divine |^us ou moins défigurée ; mmulnepeûtyaviHrde f^ériiabie impiéié^u'int ^ein de la vérktMè reiigion; rt, par une con3é<|iieaoe nécesswre, jamais Timpiété n^'a (Hi produire dans les t^BfKi pas^lés ka mvàx qu'elle a produite de no» |dislrs ; car elli» est toujfHirs coupable eti rai$<m des lumières qui Tenvironnent. €'est sur cette règ^e qa^ilÊEiat jugw le XVIII® siècle ; car c'est sous ce point de vue. ifa^Ht ne ressemble à aucun autre. On entend dire asse^i communément ^ue tous les siècles se r^ssemblenê » et que i<ms les hom^ mes ont toujours été les mêmes ; mais il faut bien se garder de croire à ces maidmes générales que la paresse ou la légèreté inyantenr * pour se dispenser de réfléchir. Tous les siècles y an coitfraire , et toutes les natîoi» , ma« nifestent un caractère particulier.et distiilctif qull faut considérer soigneusement. Sans
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doute il y a toujours eu des vices dans le monde , mais ces vices peuvent . diffiSrer en quantité , en nature , en qualité dominante et en intensité (1 )* Or ^ quoiqQ^il y ait toujours eu des impies^ jamais il tiy avait eti^ avaat le XV iUe siècle y et au sein dn ehris^ lianisme, une insurrection contre D^u;]sl^ mais surt(Hit on avait vu une eonjuratipn sacrilège de tous, les talents contre letu* auteur ; or, c'est ce que nous avons-^vude nos jotïtsi Le vaiideviUe a blasphémé comme la tragé^ die; et le roman, comme rhi^toiihë et la pliysique* Les: hommes de ce siècle ont prostitué le géni^ â Tirréligion , et j suivant l^expression admirable de saint Louis mourant^ &§ OKT fiamaoYi Dru tr ses nous (2).
Lïmpiété antique ne se fÀche jamais ; quelquefois eUe raisonne; ordinairement elle plaisante, niais tovijoôrs sans aigreur. Lucrèce même ne va guère jusqu'à Pin^ulte; et
(1) Il faut encore avoir égard au mélange des vertus dont la prc^iMirliou varie iafmiment. Lorsqa!<^i a monlré les méniçs genres d'excès en temps et lieux différents , on se croit en droit de conclure magistralement que teê hommetront ioujowi été les menus. Il n^y -a pas de sophisme plus grossier ni plus commun. .
(9) Joinville, dans la collection des Mémoires relatifs à rhisiotre de France. ln*8% tom. W» p. 160.
GfiriÊBATEim. 8f>
quoique son tempérameat sombre et nié* lancolique lé portât à voir les choses en noir; et même lorsqu'il accuse la religion d^avoir produit de grands maux, il est de sang-froid. Leà religions antiques nef ralaicntit pas la peine que Tîncrédulité contemporaine se fâchât contre eUes.
LXIL Lorsque la &o/iné noui^elte fut publiée dans Punivèrs , Tattaque devint plus violenté : cependant sts ennemis gainèrent toujours une certaine mesure. Ils ne se montrent dans Thisteire que de loiii en loin et constamment isolés. Jamais eh ne voit de réunion ou de ligue formelle : jamais ils ne se livrent à la fureur dont nous avons été les témoins. Bayle même , le père de Pincrédu^ hté moderne \ ne ressemble poiùt à ses successeurs. Dans ses écarts les plus condamnables , on ne lui trouve point une grande envie de persuader, encore moins le ton d'irritation ou de Pesprît de parti t il nie moins qu'ail ne doute ; il dit le pour et le contre : souvent même il est pluis disert ^our la bontie cause que pour la mauvaise ( t ) .
(1) Voye2> par exemple , avec quelle puissance delogi^ que il a combattu le matérialisme dans i'arlicle Leuopi'E de son diclionnaire»
86 FBiNcm
LXUI. (Se ne fat donc que dans la pre* mifère moitié du XVI}!^ siècle que Tuiipiéte devînt réellement une puissance. On la roit, dVilnmi s'étendre de toqtes parts avec une ac« tivilé inconcevable. Du palais à la cabane , elle se glisse partout ^ elle infeste tout; elle a des chemins invisibles , une action cachée, mais infaillible, telle que robservateur le plus attentif, témoin de ïefSét , ne sait pas toujours découvrir les moyens* Par un près* tige inconcevable , elle se fait aimer de ceux méme$ dont elle est la plus mortelle ennemie; et Tautorité qu'elle est sur le point d'immoler i Fembrasse stupidement avant de recevoir le coup« Bientôt un simple système devient une association formelle qui, par une giDad^on rapide , se change en complot i et enifin en une grande conjuration qui couvre TEurope^
LXIY. Alors se montre pour la {n^mière fcMs ce caractère de linynété qui n'appartient qu^au XVUI^ siècle* Ce n^esl plus le ton froid de l'indifférence, ou tout au plus Tironie maligne du scepticisme, c'est une haine mortelle ; c'est le ton de la colère et souvent de la rage. Les écrivains de cette époque, du moins les plus marquants , ne traitent plus
GÉntoATCUR. 87
le dirbtkuiijmie comme une erriiar humaine sans conséquence , il$ k poursuivent comme un ennemi capital , ild le eambatt^ot & outewce ; 'C^est une ^eire i mort : «t ce qui pandbfàit incmydtde , tà nOus n^en avions pas les tristes pretives sovs les j^vx, c'est que pènsiènrs de ces homines qui s'^appelaient/^Aihsophes y s'élevèrent de la haine du christianisme jusqu'^à la haine personnelle contre son divin Auteur. Ils te haïrent réellement cmmne on peut haSr im ennemi vivant» Deux hommes surtout qui seront à jamais couverts des anathèmes de la postérité, se iSont distingués par 6e genre de scéléAitesse qui paraissait bien ao-^essos des tutces de la nature humaine la plus dépravée.
LXY* Cependant TEurope entière ayant été civilisée par le christianisii^ ^ et les ministres de cette religion ayant obtenu dans tous les pays ime grande existence politique , les institutions civiles et religieuses s^étaient mêlées et c(Mnme amalgamées d'Anne manière surprenante; en sorte qu'on pouvait dire de tous les états de TEurc^ , avec plus ou moins de vérité , ce que Gibbon a dit de la France , que ce rojawne auait été fait par des éi^égiies. Il était donc inévitable que
88 PRI1I€IPB
la philosophie du siècle ne tardât pas de haïr les institutions sociales dont il ne lui était pas possible de séparer le principe religieux « Cesl ce qui arriva : tous les gouvernements , tous, les établissements de PEurope lui déplurent , parce qnUls étaient chrétiens; et à mesure qu^ils étaient chrétiens, un malake d^opinion^ un mécontentement universel s^empara de toutes les tètes. En France surtout, la rage philosophique ne connut plus de bornes; et bientôt une seule voix formidable se formant de tant de voix réunies | on Tentendit crier au milieu de là coupable Europe :
LXYI. ce Laisse-n<fbs (t) ! Faudra-t-3 donc ce éternellement trembïer devant des [MTètres y et et recevoir d^eux rinstructîon qu^il leur ce plaira de nous donner ^ La vérité ^ dans ce toute l'Europe , est cachée par les fumées ce de Tencensoir; il est temps qu'elle sorte de ce ce nuage fatal. Nous ne parlerons plus de ce toi à nos enfants; c^est à etfit, lorsqu'ils sece ront hmnmes , à savoir si tu es , et ce que ce tu es j et ce que tu demandes d'eux. Tout ce ce qui existe nous déplaît, parce que ton ce nom est écrit sur tout ce qui existe. Nous
(I) Dix^runi Deo : Recède a nobis! Scientiam ma* rutn luarum nolumus. Job^ XXl^ 14.
^ GÊNÊRAtËtJR. 83
r< voulons tout détruire et tout refaire sani» ce toi. Sors de nos conseils ; sors de nos acadé^ ce mies ; sors de nos maisons : nous saurons ce bien agir seuls , la raison nous suffit.
Cl Laisse-nous. »
Gomment Dieu a-t41 puni cet exécrable délire? Il Ta puni comme il créa la lumière ^ par une seule parole. Il à dit s Faites! — Et le monde politique a croalé.
Voilà donc comment les deux genres de démonstrations se réunisseni pour frapper les yeux les moins clairvoyants. D^uyn côté , le principe reUgieiK préside à toutes les créations ^politiques; et^ de Tautre, tout disparaît dés qaUl se retire.
LXYII. GVst pour avoir fermé les yeux à ces <^r..ndes vérités que P£urope est coupable ; et c^éftt parce qu^elle est coupable qu^elle soufire* Cepeii'laht elle repousse encore la limiière , et méconnatt la bras qui la frappe. Bien peu d'^hommss , pirmi C( tt3 génération matérielle ^ sont en état de connuiU^ la date y la nature et Yénormité de certains crimes commis pnr les individus , pir les notions et par les souverainetés; mo'ns encore de comprendre le genre d^expiati on que ces crimes nécessitent j et le prodige adorable qui
Ibree le mal & nettoyer de se^ profires main^ la place 4p^ l^^temel archibed» a défi mesurée de Vomi poor «cst menreilleclses^ cxmstatict4. tioM» Les hommes de .ce siècle ont pids leur partie Ils se sont Juré à eux-mêmes àettegar^ der toujours à terre (1)« ftlass il serait imiâle^ peot^dlre même d^igereax ^ d'enbier dans de plus grands détails : il nous est enjoins de professer la vérité opec ammir (4)» Il faut de frfos f en emiaines occasions j ne la professer qu'avec respect; et^ malgré toutes les precaudons imagfambles, le pas serait glissant poar récrivain mémr^le plus calme et le mieux kitentionné^ Le monde , d^aiUews^ renferme toujours une foule innombraMe d^iofeimies si pervers , si profondénoetit corrompus^ que^ sHIs pomraieiit se douter de certaines: chose^^ ils pourraient aussi redoubler de iliéclumceté^ et se rendre, pour aidsi dire, coupables comme des anges rebelles : ahî plutAt ^ que leur afarotissêm^ifc se reniorce encore^ sll est possible y afin q[uHls ne pabseat pas
(i) Oeuioê suoÊ uaùêermnt deeUnare in terram. Ps. XVI. 3.
(2) kU^t&^vrti h lyinti. Ephes. IV. 15. £xpressioti in- If'adttislble;. La Vûtgate aimant mieux , avec raison , parler jusie que parler latin ^ a dit ; Fuoient^ verita^ tem in charitate*
même devenir coupables autant que des hommes peuvent Tètre. L^aveuglement est sans doute un châtiment terrible; quelquefcis cependant il laisse encore apercevoir Famour : c'^est tout ce qull peut être utile de dire dans ce moment,
Mai y 1809.
RM.
I MODERN LANUUAviti» ^ I FACULTY LIftRAAY \ I OXFORD. {
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