O CONSIDERATIONS
Elevons^nous d'abord à ia.hautevûr c^m convient à rétre intelligent ,: et de ce. point de vue élevé, oeacisidérons la source de ce, gouvernement* . .
Le mal n'a rien de commun avec l'existence; il ne peut créer , puisque, sa force est purement n^atlve.: Le mal est le schisme de Vélre; ilrCest pas. vrai. .
Or, ce qui distingue la révolution française, et ce qui en Ëiit un événemexit^ unique dans rhistoire, c'est qu'elle est /Ttoupai^e. radicalement; aucun élément de bien n'y soulage l'oeil de l'observateur : c'est le plus haut. degré de corruption connu; c'est .la pure impureté.
Dans quelle page de l'histoire trouverart«*Qn une aussi grande quantité de vices agissant; à la fois sur le même théâtre? Quelassemblage épouvantable, de bassesse et de cruauté ! quelle profonde immoralité! quel oubli de ioute pudeur! . La jeunesse de la liberté a des caractères si frappants, qu'jl est impossible de s'y méprendre. Â cette époque, l'amoiur de la.patrieestune religion, et le respect pour, les lois est. une superstition : les caractères .sont fortement prononcés, les mœurs sont, austères.: toutes les vertus brillent à la fois; les. factions tournent au profit de la patrie, parce qu'on ne se dispute que l'honneur de la servir; tout, jusqu'au crime, porte l'empreinte de la grandeur.
SUR LA. FRANCE. 6i
Si l'on rapproche de ce tableau celui que nous offre la France^ comment croire à la durée d'une liberté qui commence par la gangrène? ou, pour parler plus exactement, comment croire que cette liberté puisse naître (car elle n'existe point encore) et que du sein de la corruption la plus dégoûtante puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres? Lors* qu'on entend ces prétendus républicains parler de liberté et de vertu , on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d'une vierge avec une pudeur de carmin.
Un journal républicain nous a transmis l'gnecdote suivante sur les mœurs de Paris, « On (c plaidait devant le tribunal civil une causa de a séduction; une jeune fille de i4 ans étopnait a les juges par un degvé de corruption qui le (c disputait à la profonde immoralité de son « séducteur. Plus de la moitié de F auditoire était <c composée de jeunes femmes et de j&mesfiUes; ic parmi celles-ci ^ plus de vingt rioAfoient paa « i3 à i4 ans. Plusieurs étaient à côté de leurs « mères; et au lieu de se couvrir le visage, <c eUes liaient avec éclat aux détails nécessaires n mais dégoûtants qui faisaient rougir les hom* « mes (i). »
(t) Journal de l'Opposition^ 1795, n* 173, page 705#
6a COHSIDÊAATIOirS
îjècteur^ rappelez-vous ce Romain <}Qi i dans les beaux jours de Rome^ fut puni pour avoir embrassé sa femme devant ses enfants. Faites' le parallèle ; et concluez.
La i^vôlution française à parcouru / sans doute, iine période dont tous les moments ne se ressemblent pas; cependant , son caractère général n'a jamais varié, et' dans son berceau même elle prouva tout ce qu'elle devait éire. C'était un certain délire inexplicable, une impétuosité aveugle, un mépris scandaleux de tout ce qu'il y à de respectable parmi les hom^ mes; une atrocité d'un nouveau genre, qui plaisantait de ses forfaits; surtout une prostitu* tion impudente du raisonnement et de tous les mots faits pour exprimer des idées de jos-^ tice et de vertu.
Si Ton s'arrête en particulier sur les actes de la Convention nationale, il est difficile de rendre ce qu'on éprouve. Lorsque j'assiste par là pensée à Tépoque de son rassemblement, je me sens transporté, comme le Barde sublime de l'Angleterre, dans un monde intellectuel; je vois l'ennemi du genre biimain séant dans qn manège et convoquant lous les esprits manmis dans ce nouveau Pandœmonium; j'entends distinctement il rauco suon délie tartaree trombe; je vois tous les vices de la France accourir à l'appel, et je ne sais si j'écris une allégorie.
. Et ipainteoaul encore, voyez cominent le ci'îiii^ sert de base à tout cet échafaudage repu* blicaîn;. ce mot de citoyen qu'ils ont substitué aux formes antiques de la politesse^ ils le tien-, neqt des plus vils des humains; ce fut dans une de. Imirs orgies législatrices que des brigands, inventèrent ce nouveau titre. Le calendrier de larépublique, qui ne doit point seulement être envisagé par son côté ridicule, fut une conjura-, lion contre leçulte ; leur ère date des plus grands forfaits qui aient déshonoré l'humanité : ils ne. peuirent dater un actesans se couvrir de honte^' en rappelant la flétrissante origine d'un gouver-. utm&nl dont les fêtes mêmes font'pâlir.
c Est-ce donc dç cette fange sanglante que doit sortir un gouveroeiqentdqrable? Qu'on ne qous objecte point les mœurs féroces et licencieuses des peuples barbares^ qui sont cependant devenus . ce que nous voyons. L'ignorance barbare a présidé, sans doute^ à. nombre d'établisscm^ots politiques \ mais la barbarie savsqste « i'btrocité systématique, la corruption calculée , el surtout l'irréligion , n'ont jamais rien produit. La verdeur mène à la maturité; la pQurri*f ture ne mène à rien.
Â<^-oii vu> d'ailleurs, un gouvernement, et surtout une constitution libre, commencer mal* gré les membres de Fétat , et se passer de leur assentiment? C'fst cependan tle phénomène que
nous préseateitiit ce météore qu'on appelle ré^ publique française, s'il pouvait durer. On croit ce gouvernement fort , parce qu'il est violent ; mais la force diffère de la violence autant que de la faiblesse^ et la manière étonnante dont il opère dans ce moment^ fournit peut-être seule la démonstration qu'il ne peut opérer long* temps. La nation française ne veut point ce gouvernement; elle le souffre ^ elle y demeure soumise^ ou parce qu'elle ne peut le secouer^ ou parce qu'elle craint quelque chose de pire. La république ne repose que sur ces deux colonnes, qui n'ont rien de réel ; on peut dire qu'elle porte en entier sur deux négations. Aussi , il est bien remarquable que les écrivains amis de la république ne s'attachent point à montrer la bonté de ce gouvernement : ils sentent bien que c'est le faible de la cuirasse : ils disent seulement, aussi hardiment qu'ils peuvent, qu'il est possible ; et , passant légèrement sur cette thèse comme sur des charbons ardents, ils s'attachent uniquement à prouver aux Français qu'ils s'exposeraient aux plus grands maux,s'ilr) revenaient à leur ancien gouvernement Ces! :
sur ce chapitre qu^ils sont diserts; ils ne tarissent pas sur les inconvénients des révolutions. Si vous les pressiez, ils seraient gens à vous accorder que celle qui a créé le gouvernement actuel, fut un crime^ pourvu qu'on leur accorde
SUR LA J?RA.NCEv 65
qu^il n^en faut pas faire une nouvelle. Us se mettent à genoux devant la nation française ; ils la supplient de garder la république. On sent, dans tout ce qu'ils disent sur la stabilité du gouvernement, non la conviction de la rai« son, maïs le rêve du désir.
Passons au grand anathème qui pèse sur la république.
t>G coNsioj^nATroirs