‹ Considérations sur la France (volume 5)Chapitre 24 sur 33 · T9^ CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

T9^ CONSIDÉRATIONS

un pouvoir illimité et tyrannique sur les mines de la liberté*

Après la lecture de Pacte, le président dit au roi qd il pouv'ait -parler. Charles montra dans ses réponses beaucoup de présence d'esprit et de force d*ame, pag. 12 5. Et tout le monde est d'accord que sa conduite, dans cette dernière scène de sa vie, honore sa mémoire, pag. 127. Ferme et intrépide, il mit dans toutes ses réponses la plus grande clarté et la plus grande justesse de pensée et d'expression, pag. 128. Toujours doux , toujours égal , le pouvoir injuste qu'on exerçait sur lui, ne put le faire sortir des bornes de la modération. Son âme , sans effort et sans affectation , semblait être dans son assiette ordinaire, et contempler avec mépris les efforts de l'injustice et de la méchanceté des hommes, pag. 128.

Le peuple , en général, demeura dans ce silence qui est le résultat des grandes passions comprimées; mais les soldats, travaillés par tous les genres de séductions, parvinrent enfin jusqu'à une espèce de rage , et regardaient comme un litre de gloire le crime affreux dont ils se souillaient, pag. i3o.

On accorda trois jours de sursis au roi; il passa ce temps tranquillement, et l'employa en grande partie à la lecture et à des exercices de piété : il lui fut permis de voir sa famille , q^ui

SUR LA FRANCE. ir)'5

reçut de lui d'excellents avis et de grandes marques de tendresse, pag. i3o. 11 dormit paisiblement, à son ordinaire, pendant les nuits qui précédèrent son supplice. Le matin du jour fatal, il se leva de très-bonne heure, et donna des soins particuliers à son habillement. Un ministre de la religion , qui possédait ce caractère doux et ces vertus solides qui distinguaient le roi, l'assista dans ses derniers moments, pag. i32.

L'échafaud fut placé , à dessein , en face du palais, pour montrer d'une manière plus frappante la victoire remportée par la justice du peuple sur la majesté royale. Lorsque le roi fut monté sur l'échafaud, il le trouva environné d'une force armée si considérable , qu'il ne p'it se flatter d'être entendu par le peuple, de manière qu'il fut obligé d'adresser ses dernières paroles au petit nombre de personnes qui se trouvaient auprès de lui. 11 pardonna à ses ennemis; il n'accusa personne; il fit des vœux pour son peuple. SIRE, lui dit le prélat qui l'assistait , encore un pas ! Il est difficile, mais il est court , et il doit vous conduire au ciel. — Je vais, répondit le roi, changer une couronne périssable contre une couronne incorruptible et un bonheur inaltérable.

Un seul coup sépara la tête du corps. Le bourreau la montra au peuple , toute dégoût-

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