AGREE
‘4 mars. — Délire, raideur de la nuque augmentée, cyanose du visage.
Ô mars. — Mort. Pas d’autopsie.
OBSERVATION x1 (DELVAILLE).
Méningite cérébro-spinale. Guérison.
D..,, frèredu précédent ; avait couché dans le même litque celuici et le soigna pendant sa maladie jusqu’à sa mort (le malade avait mordu son frère à la lèvre).
12 mars. — T.38. Violente céphalalgie. Le soir, céphalalgie augmentée, vomissements, raideur de la nuque.
13 mars. — Raideur de la nuquo plus prononcée; pouls lent, irrégulier, constipation. Les vomissements ont cessé.
14 mars. — Raideur de la nuque diminuée, amélioration du pouls. Deux selles à la suite.d’un purgatif.
15 mars. — Aggravation, cri hydrencéphalique.
16 mars. — Légère amélioration; cri persiste, mais plus faible.
17 murs. — Nouvelle aggravation.
À partir du 18, amélioration progressive. Guérison le 24. On a employé les injectionsbi-quotidiennes de sérum artificiel, 3 gr.d’icdure par jour, chloral, antipyrine.
OBSERVATION XII (DELVAILLE).
Méningite cérébro-spinale. Guérison.
D..., maçon, 20 ans, travaillait jusqu'au troisième jour avant le début de sa maladie, à un bâtiment attenant à l'Hôpital militaire.
Pris brusquement, le 17 mai, de phénomènes méningitiques avec hyperthermie, il fut envoyé à l'Hôpital où il présenta tous les symptômes de la méningite cérébro-spinale, y compris les éruptions herpétiques de la lèvre supérieure, du sillon naso-labial et de la paupière supérieure droite. Il eut une surdité complète à droite. Guérison après deux mois de soins : traitement par les injections de sérum (500 em. c. par jour environ).
CAMIADE
Ce malade serait mort plusieurs mois après cette apparence de guérison. (?)
OBSERVATION xIII (inédite).
Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort.
D..., Jean-Baptiste, soldat au 49° régiment d'Infanterie, originaire des Landes, 21 ans, un mois de service, entré à l'Hôpital le 14 décembre 1897.
Pas d’antécédents morbides. Ne présente au moment de son entrée qu’une courbature générale assez intense. Dans la soirée, il est pris de vomissements bilieux abondants, et, dans la nuit, d'une diarrhée assez violente accompagnée d'une agitation extrême. 1l avait, du reste, pris une bouteille d’eau de Sedlitz dans la journée. T. 38,4 le soir.
15 décembre. — Agitation encore très marquée; vomissements et diarrhée ont cessé, mais il existe de la céphalalgie, un peu de gêne dans les mouvements du cou, de l’inappétence, sans autre signe pouvant attirer plus particulièrement l'attention. T. 37°8 matin; 390,2 soir. Traitement : 2 bains chauds, bromure de potassium, sulfate de quinine, 2 injections de morphine.
16 décembre. — La maladie se caractérise de plus en plus, et le diagnostic de méningite cérébro-spinale est posé.
L’agitation du malade a été très grande dans la nuit; l’intelligence est obnubilée. Subdélirium, cependant les réponses aux questions posées sont justes. Céphalalgie violente, cou raide avec opisthotonos-décubitus latéral ou dorsal — membres souples, noncontracturés — Yeux ouverts avec rougeur intense des conjonctives bulbaires ; à gauche, la chambre antérieure et la cornée sont troubles — langue sale, recouverte d’un enduit jaunâtre , épais; rougeur et sécheresse du voile du palais, rien aux amygdales. Ventre rétracté ; rien dans la poitrine. Pouls, 80. Mouvements respiratoires : 32. Pas de de miction depuis la veille au soir, 600 gr. d’urine par le cathétérisme. Traitement : 3 bains chauds à 40° dans la journée; injections de morphine et d’un litre de sérum artificiel. (Eau : 1000; Nacl 10); instillations d’ésérine dans l'œil gauche. Prises nasales de poudre salolée-boriquée. Diaphorèse abondante
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vers midi, 2 heures après l’injection de sérum ; 400 gr. d'urine par le cathétérisme à 5 heures et 300 gr. à 10 heures du soir. T : 38°,7 matin ; 39°,6 soir. (T. descend à 36°,8 après le dernier bain).
17 Décembre. — Nuit très agitée avec un délire loquace intense; l'agitation se continue à la visite du matin; hypéresthésie générale plus accentuée aux membres inférieurs dont l'attouchement paraît très pénible; pas de contracture véritable des membres, mais les mouvements qu'on leur imprime amènent des plaintes et déterminent des résistances de la part du malade; opisthotonos accentué; subdélirium avec réponses asseznettes aux questions posées; pupilles très étroites avec accentuation du trouble de la cornée gauche et dépôt semi-purulent dans la chambre antérieure, abolition de la vision dece côté; paralysie pharyngée. Pouls : 80. 250 gr, d'urine par le cathétérisme à 8 heures du matin, 200 gr, à L heure, 500 gr. à 7 heures. T. 380,2 matin, 39° à midi, 38,6 soir : Même traitement. L’après-midi est très calme.
18 Décembre. — Nuit mauvaise : périodes d’excitation extrême alternant avec des temps d’affaissement complet; hypéresthésie plus marquée à gauche, sans contractures; accentuation de l’opisthotonos; réponses incohérentes aux questions posées ; hypopion véritable à gauche. Un litre d'urine par divers cathétérismes dans la journée, T : 39° matin, 400,9 soir. Même traitement, prend un peu de lait dans la journée.
19 Décembre. —- Mort le matin dans le coma.
Autopsie. — Congestion intense des hémisphères cérébraux. — Collection purulente, de la largeur d’une pièce de 2 francs, de quelques millimètres d'épaisseur, de couleur vert-gris, siégeant à la partie supéro-externe de l’hémisphère gauche, sur la circonvolution frontale ascendante, en avant de la scissure de Rolando. — Couche mince de pus tapissant la cavité des deux ventricules latéraux, s’épaississant en arrière, — Exsudat purulent tapissant la grande scissure médiane du cervelet en se prolongeant versla partie moyenne des hémisphères cérébelleux (face inférieure.) Trouble du liquide céphalo-rachidien. Exsudats à la partie inférieure de la moëlle.
Rien de particulier dans les autres organes.
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OBSERVATION x1v (inédite)
Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort
B... ConsrTanr, soldat au 49° Régiment d'Infanterie, originaire de la Charente-Inférieure, 21 ans, un mois deservice, entré à l'Hôpital le 15 décembre 1897.
Rien de particulier à noter dans les antécédents; il est, du reste, difficile, vu l’hébétude du malade, d'obtenir des renseignements précis.
L’affection a débuté par un abattement très prononcé, des maux de tête, des vomissements bilieux, sans diarrhée; actuellement, B... se plaint fortement de la nuque et de la région lombaire; la gorge est sensible, mais ne présente qu’un peu de rougeur sur les amygdales, les piliers et lepharynx.
16 Décembre. — La situation s'aggrave: affaissement prononcé: le malade ne répond pas aux questions qu'on lui pose ; céphalalgie fronto-pariétale ; les mouvements imprimés à la tête déterminent des contractions spasmodiques des muscles cervicaux ; pas d’opisthotonos vrai ; yeux fermés avec pupilles normales ; membres souples, ventre rétracté; langue sale, étalée, épaisse; constipation. Miction impossible; le cathétérisme ramène 800 grammesd’urine. Mouvements respiratoires irréguliers, des inspirations fortes succédant à une série d’inspirations superficielles; nombre : 28- Pouls petit, à 120 : Traitement : Bains chauds à 40° ; 3 par jour. Morphine.-Injection sous-cutanée de 1 litre de sérum. Lavement purgatif.
Sueurs abondantes une heure et demie après l’injection. Agitation et plaintes dans l’après midi et la nuit. 500 grammes d'urine par deux cathétérismes.
17 Décembre. — Même état d’agitation ; plaintes et cris continuels. Le malade veut à tout instant sortir de son lit, Yeux ouverts, égarés, pupilles très étroites ; hypéresthésie des membres plus marquée à gauche; nuque raide, avec difficulté de la flexion ; par intermittences, secousses tétaniformes généralisées ; obnubilation intellectuelle à peu près absolue ; pouls petit à 198. Constipation absolue — 400 grammes d’urine par le cathétérisme. Même traitement : l’injection de sérum est portée à 1500 grammes.
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18 Décembre. — Agitation extrême toute la nuit; perte de connaissance absolue. Pouls très faible à 140. Respiration irrégulière, le malade restant de temps en temps plusieurs secondes (4 à 5)sans faire la moindre inspiration.
Mort dans l'après-midi.
Autopsie — Cerveau. —Fortement hyperémié,recou vert sur toute sa surface externe d’une couche mince de pus verdâtre; à la partie supérieure de la scissuro de Rolando, en avant et en arrière d’elle, sur les parties correspondantes des circonvolutions frontales et pariétales ascendantes, à droite et à gauche, le pus collecté forme un abcès de la grosseur d’une noisette à droite et presque du volume d’une noix à gauche — à la base du cerveau, quelques exsudats purulents très minces au niveau du chiasma et dans son voisinage. Une mince couche de pus qu’on peut enlever facilement avec le doigt tapissse la cavité postérieure des ventricules latéraux. Liquide trouble purulent dans le quatrième ventricule et exsudats grisâtres à la face inférieure du cervelet. Liquide céphalo-rachidien trouble. Moëlle diffluente baignant dans le pus collecté en quantité considérable dans la portion lombaire.
Gros intestin ballonné ; estomac rétracté ; reins sains ; demi-litre d'urine normale dans la vessie.
Poumons sains avec adhérences peu solides du poumon droit à la plèvre pariétale sur la partie postéro-latérale. Rien au cœur.
OBSERVATION XV (inédite)
Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort
D... Martin, soldat au 49° régiment d'infanterie, originaire des Basses-Pyrénées. 21 ans, un mois de service, entré à l’hôpital le 23 décembre 1897.
Rien de particulier à noter dans les antécédents héréditaires ou personnels. A été pris la veille de son entrée à l’hôpital,dès le matin, de maux de reins accompagnés de vomissements alimentaires. Actuellement, D... accuse une céphalalgie orbito-frontale sans grande intensité, dés maux de reins et une douleur assez vive dans le coude droit dont les mouvements sont pénibles; il reste couché sur le côté, tourné du côté du mur pour éviter la lumière et répond lentement,
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avec difficulté, aux questions qu’on lui pose... pupilles normales ; langue sale, ventre rétracté, constipation. Urine seul, pas d’albumine. Rien à la gorge, rien dans la poitrine. Pouls bon à 80. T. 37°,8. Prescription : 3 bains chauds à 40° : lavement purgatif. Chlo” ral. Bromure.
25 décembre. — Nomissements dans la soirée; nuit, mauvaise; agitation continuelle, le malade ne peut rester un instant en place dans son lit. Ce matin, il répond nettement aux questions posées, mais commence à se plaindre. Hypéresthésic généralisée avec prédominance des douleurs dans la tête, à la nuque et dans la région des reins. Cou raide, respiration normale, pouls irrégulier à 72. Yeux sensibles à la pression avec pupilles normales réagissant bien à la lumière. La douleur du coude s’est accentuée et l'articulation est le siège d’un léger épanchement. Il existe aussi de la rougeur et un épanchement dans la bourse séreuse de l’extenseur commun des doigts de la main gauche. Constipation persiste; miction devenue impossible et nécessitant le cathétérisme. Même traitement.
26 Décembre. — Nuittrès agitée; connaissance parfaite. Douleurs de la tête et des reins; gémissements ininterrompus ; mouvements de déflexion du crâne très difficiles etdouloureux. Pupillesrétrécies. Hypéresthésie générale toujours très accentuée. Le coude, siège de l'épanchement, reste en demi-flexion. Apparition de quelques vésicules d’'herpès à la commissure labiale gauche. Une petite selle après un lavement huileux. La miction ne s’opère que par le cathétérisme. Même traitement, plus injection sous-cutanée de 800 gr. de sérum.
27 Décembre. — Soirée et nuit assez tranquilles ; D... a uriné seul le soir à deux reprises : environ 400 gr. d'urine. Début d’opisthotonos ; dans la journée, D... a pu prendre un peu de lait, du chocolat et du bouillon.
28 Décembre. — Conjonctivite bulbo-palpébraledel’œil droit assez intense; rougeur en piqueté du voile du palais et des piliers antérieurs; tendance à l'amélioration. Prend quelques aliments légers. Injection de 1500 gr.
29. 30 Décembre. — Pas de changement notable : la conjonctivite a rétrocédé; l’arthrite du coude est en décroissance.
Les jours suivants, le mieux persiste et va progressant ; la constipation disparaît, la miction volontaire revient; connaissance à peu près complète : il y a toujours un certain degré d'hypéresthésie, de
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de la difficulté des mouvements et de la douleur avec raideur à la nuque. Traitement : calmants, bains chauds et injection de sérum : 800 à 1000 gr. par jour. Le malade commence à s’alimenter légèrement, il orend du chocolat, du lait, du bouillon, un œuf à la coque et des pruneaux.
4 Janvier. — Dans la nuit du 3 ou 4 janvier, l'agitation reparaît; D...,le matin, recommence à se plaindre d’un retour des douleurs dans la nuque et les reins; il est affaissé, présente de la surdité et un léger embarras de la parole ; il a vomi son chocolat une heure après l’avoir pris et n’a pas uriné depuis 42 heures ; remis au bouillon et au lait ; injection de sérum : 1800 gr.
5-6 Janvier. — L'agitation des premiers jours reprend avec plus d'intensité, vomissements de matières jaune-vert dans la journée du 5; nuit sans sommeil; plaintes et cris avec subdélirium; douleurs violentes dans la tête et la nuque, cou raide; inégalité des pupilles dilatées; anxiété de la face; mictions en partie volontaires, en partie opérées par le cathétérisme; constipation. Respiration régulière. Traitement : bains chauds, injections de morphine, nie tions de sérum à haute dose, lavement purgatif.
7 Janvier. — Amélioration apparente; a été à la selle, nuit calme.
8-9 Janvier. — Affaissement et hébétude manifestes dans la matinée du 9: dans l'après-midi, D... recommence à se plaindre bruyamment et la température monte brusquement à 390,3. Même traitement, plus 0,80 centigr. de sulfate de quinine.
10 Janvier. — Journée mauvaise, plaintes et cris continuels ; délire avec agitation; urine à deux reprises dans son lit; transpiration continue toute la nuit,
Les jours suivants, même état avec tendance à l’aggravation : respiration irrégulière ; surdité assez accentuée ; phénomènes généraux successifs de coma et d’excitation.
15 Janvier. — Apparition d’un bruit de râpe dans la région précordiale avec prédominance à la pointe: ce bruit est intense. L'abattement s’accentue, le malade refuse tout aliment; transpiration continue.
16 Janvier. — L’irrégularité des mouvements respiratoires devient des plus manifestes ; inspiration tantôt précipitée, tantôt lente et insensible, le malade reste parfois plusieurs secondes sans faire la moindre inspiration. Battements cardiaques précipités et tumultueux.