‹ Considérations sur la méningite cérébro-spinale et particulièrement sur les récentes épidémies de BayonneChapitre 26 sur 33 · STE · texte numérisé non relu

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plus prononcée sur les membres supérieurs et aux mollets; douleur très vive à la pression des paupières supérieures; pupilles normales, sauf une légère dilatation à droite ; langue chargée, sale ; miction facile, constipation. Traitement habituel.

14 février. — Cet état'persiste sans grande variation jusqu’au 1#; la nuit du 13 au 1% a été agitée; le matin, B..., après des efforts violents, vomit deux lombrics de 15 cm. de long; céphalalgie, raideur de la nuque, violente douleur au poignet droit sans gonflement articulaire, soif intense, miction impossible, 600 gr. d'urine par le cathétérisme.

Diaphorèse abondante dans l'après-midi; respiration précipitée et irrégulière : 40 mouvements. Pouls à 60, lent, faible; bruits du cœur assourdis; plaintes de temps en temps sans délire vrai; nouveaux vomissements le soir avec expulsion de deux lombrics.

15 février. — Etat à peu prèsstationnaire, h ypéresthésie générale plus accentuée sur la moitié gauche du corps; gonflement et rougeur du poignet. Nouvelle expulsion d’un lombric par vomissement. Pouls à 50, faible. Respiration précipitée : 54 mouvements; rien dans la poitrine.

Dans l’après-midi, sueur très abondante de la face; affaissement marqué, céphalalgie, plaintes, décubitus dorsal, yeux fermés, déviation de la bouche à gauche, raideur excessive de la nuque, 300 gr. d'urine par le cathétérisme. Injection de sérum portée à 1800 gr.

16 février. — Décubitus dorsal; visage inondé de sueur; yeux vitreux avec pupilles très étroites ; plaintes quand on appuiesur les paupières. Respiration très irrégulière : 62 mouvements. 'Pouls à 60, très faible, presque imperceptble; cependant le cœur bondit fortement, bruits sourds à l’auscultation.

Sensibilité au pincement disparue; poignet droit toujours douloureux ; 600 gr. d'urine par le cathétérisme. Ventouses sèches sur la poitrine, injection d'éther.

Dans l’après midi, légère amélioration de l’état général, le malade revient à lui et semble reconnaître sa mère et son frère: il retombe dans la prostration vers le soir : injections de caféine et d’éther.

17 février. — Etat général mauvais. T. 41,3 matin. Pouls petit à 120. Respiration précipitée : 54 mouvements. Yeux vitreux. Insensibilité générale presque complète. Dans l'après-midi, la respiration bruyante prend le type costal supérieur; paralysie du diaphragme; pouls incomptable, irrégulier. Vers 6 heures, début des

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phénomènes asphyxiques. T. 42°,1. Meurt sans réaction à 7 heures.

Autopsie. — Sujet vigoureux et très musclé.

Cerveau. —Exsudats purulents abondants disséminés sur toute la surface externe des deux hémisphères cérébraux, mais collectés en quantité plus considérable sur la partie latérale de l'hémisphère droit au niveau de la troisième circonvolution frontale et à la partie moyenne de la frontale ascendante ainsi qu’au niveau des lobes occipitaux, suivant particulièrement le trajet des grosses veines.

Le bulbe sur ses faces antéro latérales est tapissé d’une couche puruwlente épaisse; les ventricules sont remplis d’un pus mal lié, couleur chocolat.

Moëlle baigaant dansle pus gris jaunâtre ; placards adhérents dans la région lombaire.

Rien d’autre à signaler dans les autres organes, si ce n’est un foie très volumineux et très congestionné.

OBsERVATION xxv (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Guérison

Ü... Pierre, soldat au 49° régiment d'infanterie, originaire des Basses-P yrénées, 21 ans; 3 mois de service. Entré à l'Hôpital le 10 Février.

Début remonte à 18 heures.

A son entrée, abattement marqué; U... ne répond pas aux questions posées. Yeux fermés, paupières très sensibles à la pression, pupille droite très dilatée; mouvements des membres faciles; rai-deur très marquée de la nuque ; langue chargée, sale; rien à la gorge, ventre rétracté ; constipation; miction volontaire impossible. Pouls à 80°. Respiration lente. T. 39,7; vomissements bilieux dans la soirée. Traitement habituel ; le cathétérisme évacue 500 gr. d’urine. |

11 Février. — Nuit assez agitée; délire, plaintes, cris; maux de tête violents, rachialgie; douleurs aux coudes et aux genoux; À deux reprises vomissements bilieux. Hypéresthésie générale assez marquée; apparition de quelques vésicules d’herpès aux commissions labiales ; raideur de la nuque avec renversement; intervalles

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de délire et de lucidité parfaite. U... a pris un peu de bouillon et de lait.

12 Février. — Nuit mauvaise, matinée plus calme; parle facilement ; état général sensiblement amélioré; urine seul 450 gr., l'herpès s'étend à toute la lèvre supérieure,

13 Février. — Nuit très agitée; délire intermittent; face congestionnée; l'herpès gagne la lèvre inférieure; U... continue à uriner seul et va à la selle, prend beaucoup de lait.

Même état les jours suivants ; le 17, la température remonte à 38°,5 malin et 39°,4 soir; à partir de ce moment, la fièvre devient continue jusqu’au 23 février ; elle prend alors letype franchement intermittent, avec frisson violent précédant l'accès, pendant six jours, puis retombe à la normale pour subir de nouvelles oscillations pendant 5 jours vers le 15 mars : (Ceci est tout à fait particulier au cas présent).

17 Février. — U... se sent fatigué; céphalalgie intense. Pouls 88. Respiration régulière : 24 mouvements. Raideur de la nuque accentuée.

Les jours suivants : céphalalgie, raideur de la nuque qui s’est convertie en opisthotonos très accentué pendant 4 jours ; courbature généraleet fatigue extrème surtout marquée le soir ; diaphorèse très abondante toutes les après-midi —3 litres de lait par jour, injection quotidienne de 1000 à 1206 gr. de sérum.. Urine très abondante, miction volontaire facile.

Le 2 mars, les phénomènes nerveux ont reparu : agitation extréme, plaintes continuelles, céphalalgie violente, délire ; parésie des membres inférieurs ; amélioration les jours suivants; réapparition de phénomènes d’excitation le7 et le 8 mars, les 12, 13 et 14 mars: l'excitation était de peu de durée et faisait rapidement place à des phénomènes d’affaissement et de torpeur avec rêvasseries, divagationset plaintes.

Début de la convalescence le 17 mars. Sortie de l'Hôpital le 15 avril.

À noter ici la longue durée de l'affection, 5 semaines environ, la marche dela température avec le violent frisson qui précédait l’accès et la diaphorèse ahondante qui le terminait. Il est probable qu’il y a eu translormation purulente des exsudats méningitiques, et sans doute, faut-il attribuer la résistance présentée par le malade aux injections quotidiennes de sérum et à l’ingestion de grandes quantités de lait.

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OBSERVATION XXVI (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Guérison

G... Jules, soldat au 49° régiment d’infanterie, originaire de la Charente-Inférieure, 21 ans; 3 mois de service. Entré à l'hôpital le 12 février 1898.

Début la veille par céphalalgie, courbature générale et vomissements; la température,;au momentde l'envoi à l'hôpital, était de 39°. À son entrée, G..., d'une constitution très robuste, est dans un état de torpeur presque absolue d’où il est impossible de le tirer; décubitus dorsal; yeux à demi-fermés, pupilles très dilatées, ne réagissant pas à la lumière. Raideur très prononcée de la nuque, impossibilité de fléchir la tète; membres inférieurs souples; contracture des membres supérieurs, particulièrement du coude droit; hyperesthésie du tronc peu accentuée. — Langue sale, rien à la gorge, respiration normale. Pouls irrégulier à 72. T 39°, 5. 600 gr. d'urine par le cathétérisme. Traitement habituel.

Dans l'après-midi, quelques phénomènes d’excitation : cris, plaintes, sauts dans le lit.

13 février. — Nuit agitée, G... fait des efforts violents pour sau-

ter de son lit; torpeur dans la journée avec perte absolue de toute connaissance.

14 février. — Nuit mauvaise; agitation, mutité; yeux ouverts, regard exprimant la fureur ; G... a uriné abondamment dans son lit; respiration fréquente et courte ; battements violents du cœur, pouls précipité et irrégulier. Apparition de vésicules d’herpès aux deux commissures labiales. Dans l'après-midi, paralysie faciale droite nettement marquée. Injection de sérum : 2 litres.

Dans la soirée, les phénomènes s’accentuent; respiration bruyante et pénible : 30 mouvements. Pouls petit, irrégulier, filiforme à 120. Yeux révulsés, peau sèche et chaude. L’agitation tombe, G... s’affaiblit sensiblement, reste immobile dans son litet urine à plusieurs reprises dans ses draps; il semble que la mort doive survenir à brève échéance.

15 février. — Nuit agitée ; le matin, pupilles très dilatées, opisthotonos, paralysie faciale droite complète. Respiration à 40. Pouls

petit à 100. T. 37°,5, Injection de 1500 gr. de sérum. Pour la première fois depuis son entrée, G... a pu prendre quelques cuillerées de lait. Constipation. G... urine constamment dans son lit.

1 6 février. — Nuit meilleure ; le matin, G... a repris connaissance, paraît comprendre et entendre, mais ne peut articuler la moindre parole. Pupilles toujours dilatées, nuque raide; persistance de l’hypéresthésie générale et de la paralysie faciale. Lavement purgatif amène une selle peu abondante ;le malade éprouve le besoin d’uriner.

47 février. — Etat stationnaire; G... calme, prend un peu de lait; nuque toujours raide ; respiration bruyante : 30 mouvements, rien dans la poitrine. On est toujours obligé de sonder le malade.

18 février, — Même état; paralysie faciale persiste; la parole n'est qu'un bredouillement inintelligible. T. 40°, 2, matin. Pouls petit à 116. Dans l'après midi, agitation avec irrégularité et fréquence de la respiration. T 38:, 2 soir.

19 février. — Amélioration; atténuation des phénomènes de paralysie faciale; la flaccidité de la joue est moindre, le malade peut, bien que difficilement, articuler quelques mots.

L'amélioration progresse à partir de ce moment avec quelques retours d’excitation ou d’affaissement ; vers le 25, la paralysie faciale avait disparu et les mictions étaient redevenues volontaires ; la raideur de la nuque n’a disparu quele 28. Les injections de sérum faites tous les jours jusqu’au 1° mars étaient de 1000 à 1200 grammes. Une légère alimentation a été prescrite à partir du 26 février, et la convalescence franche s’est déclarée le 2 mars.)

Parti en congé le 10 mai seulement; le maintien à l'hôpital avait été nécessité par l’apparition aux deux jambes de pustules,d’ecthyma dont la cicatrisation fut très longue.

OBSERVATION XXVII (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort.

R... Eutrope, soldat au 49e Régiment d'Infanterie, originaire de la Charente, 21 ans;3 mois de service. Entré à l’hôpitalle 17 février 1898. Sujet très robuste n’ayant jamais été malade jusqu’à ceite date. Pris tout à coup, la veille de son entrée, de vomissements jaunâtres qui s’accompagnaient de courbature. 1 39°, 5.

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