‹ Considérations sur la naissance des sectes, dans les divers âges de la médecine, et sur la nécessité de créer une chaire d'HippocrateChapitre 1 sur 2 · SUR · texte numérisé non relu

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Dans les divers âges de la Médecine , et sur la nécessité de créer une chaire d’ Hippocrate.

L i Science médicale , après un long veuvage , redemande son illustre soutien : il vit et respire ; et que dis-je , les siècles accumulés n’ont fait qu’ajouter à sa vie immortelle; les ouvrages d’Hippocrate , échappés comme par miracle au naufrage du temps , aux élémens et à la rouille de l'envie , après avoir franchi l'immensité des mers , sont de toute antiquité, les seules colonnes restées debout au milieu des ruines (i) du temple d Esculape. Mais quel génie destructeur passa tant de fois sur ce riche domaine , et souilla de son souffle impur le champ fertile de l’expérience, cul-

( i ) Les découvertes modernes ont fait d’immenses progrès ; il n’est question ici, que de l’historique de la science , pour constater les vices des systèmes , l’origine des sectes , et l’importante lacune qui existe encore dans renseignement 7 par le défaut d’une chaire d’Hippocrate,

tîve par la main du grand -homme qui laissa à ses héritiers une si belle moisson ? L’hydre re* dou table des sectes, comme un torrent dévastateur , renversa le superbe monument élevé par Hippocrate. Pour la seconde fois, nous avons en la douleur , et on nous a fait 1 affront d effacer des registres de la science, celui qui en est le fondateur. Le moment de la restauration est enfin venu ; et nons avons droit de voir honorer dans nos écoles, le piince des Médecins. La Commission nommée par Sa Majesté , pour faire un examen appiofondi des améliorations qu il conv ient d apporter dans 1 enseignement de fart médical, legardera sans doute comme un de ses devons les plus sacrés de contribuer à 1 illustration et au perfectionnement de nos écoles de médecine , en proposant à Sa Majesté, de sanctionner par un acte de sa munificence, les anciennes dispositions du programme de la Faculté , qui avaient consacré une chairespécialement destinée à l'explication des ouvrages d Hippocrate. A Dieu ne plaise que je Veuille faire rétrograder les progrès de la science , mais du moins, qu’il me soit permis d opposer une barrière aux vices des systèmes, et de transmettre, si je le puis, à nos derniers neveux, l’héritage d Hippocrate..

Souffrirons-nous dans le siècle des lumières J de nous laisser accuser par l’histoire qui cherchera vainement dans nos fastes , le rang honorable que doivent tenir dans l’enseignement médical, les chefs-d’œuvre du père de la médecine: et comment soutiendrons nous devant la postérité, le reproche de n avoir pas apprécié ses ouvrages; tandis qu'il est de fait que l’enseignement spécial d Hippocrate , est adopté de tous nos contemporains, particulièrement dans le Nord. ( un Ukase de S. M. l’empereur de Russie ordonne à tous les médecins de savoir expliquer Hippocrate.) Avons-nous moins besoin que nos ancêtres de connaître les sublimes vérités tracées avec tant de candeur dans les écrits du philosophe de Gos? Et n’est-il pas, au contraire, démontré d’a- / près le meilleur ouvrage moderne, la Nosographie de M. le professeur Pinel, qu’il faut initier les jeunes gens à la connaissance particulière des chefs - d’œuvre du père de la médecine } dont notre illustre professeur fait une assez longue énumération ? Sans doute * on ne doit pas se borner à indiquer ces ouvrages; car autrement une telle réticence semblerait plutôt devoir éloigner les jeunes gens de l’étude d Hippocrate , que de leur en inspirer /e goût. Il faut commenter et

expliquer Hippocrate, particulièrement .ses aphôrhmeSy dont L'inscription sur le programme des cours de la Faculté , est à ment avis le plus bel éloge que Ion puisse la ire de la science médicale. Pendant quarante ans, ils ont fait partie des cours du Collège Royal; et la perte récente de M. Bosquiilon , rend aujourd hui cette lacune d autant plus sensible qifelle est pins difficile à réparer; il est urgent d’y remédier. A la vérité la doctrine d Hippocrate est. généralement enseignée dans \ les cours de la Faculté, puisqu’il est impossible, sans cela, de concevoir F existence do la médecine ; mais la coutume d’ajouter des aphorismes à toutes les thèses, donne une faible idée du génie observateur d Hippocrate ; d’ailleurs, puisqu’on s’est affranchi do l’usage de citer le grec , les jeunes gens ne se croient nullement obligés de cultiver la littérature médicale , et bientôt , ils perdront entièrement le fruit de leurs premières études puisées à grands frais dans les universités. Cette circonstance me paraît de la plus haute importance.

Si nous invoquons le témoignage de l hisioire , nous verrons l’oubli ou l’entière négligence des écrits d’Hippocrate , suivi do Conséquences désastreuses dans la pratiq.no

rùédioale , donner naissance aux vices des systèmes et à l'odieuse origine des sectes. En effet, tant qif Hippocrate fut respecté, on n’osa mettre en doute les vrais principes de la st i nce ; mais des esprits frondeurs refusèrent de se laisser guider par cet illustre maître ; et les vérités qu’il avait empruntées de ses ancêtres , furent considérées comme des proverbes populaires, peu dignes d être remarqués. On s abandonna à des raisonnemens frivoles ; on inventa des systèmes; des divisions s établirent; et insensiblement 1‘ esprit de secte remplaça le génie de l’observation. Cela eut lieu également dans tous les âges de la médecine, notamment par les philosophes. On bâtit sur les débris de leurs systèmes des théories dont on n abusa que trop pour le malheur de l'humanité : nous allons en indiquer sommairement l'origine.

Pjdhagore créa la doctrine des nombres ; Empédocle posa les fondemens de la doctrine des élémens ; Heraclite reconnaît en principe le feu, comme l’élément universel; Tbalès veut que ce soit leau; Democrite adopte les atomes ÿ Epicure les admet invisibles; enfin jusqu'à Hippocrate, les devins, les sophistes , les psylles , et les cirenlateurs obstruaient de toute part ie temple dEsculape.

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