‹ Considérations sur la nature et le traitement du choléra-morbusChapitre 19 sur 41 · e cas y guéri · texte numérisé non relu

e cas y guéri

Marie Van Sprenger , âgée de i5 ans , d'une constitution assez forte , allée des cygnes , fille de Thérèse qui fait le sujet de la 16e observation 9 commence à ressentir, dans la nuit du i3 au 14 septembre 1882, de vives douleurs abdominales, des vomissemens et des selles liquides , ressemblant à une décoction d'avoine y des spasmes dans les membres ,

une grande soif , etc. Sa mère vient me prier , vers les huit heures du matin , de donner mes soins à sa fille, chez laquelle je remarque les symptômes suivans : figure très-décomposée , yeux enfoncés et entourés d'un cercle violacé , couleur terreuse de la peau , refroidissement de la tête et des extrémités, augmentation de la chaleur du bas ventre , pouls petit , faible et irrégulier , langue pâle et froide (a) , voix faible et enrouée, angoisses, déjections cholériques, etc. Je fais frotter à sec la colonne vertébrale et les membres 7 appliquer un cataplasme chaud de farine de lin sur le ventre 9 des cataplasmes chauds et sinapisés aux jambes et couvrir chaudement la malade ; je lui prescris une potion d'une infusion de fleurs de sureau avec deux onces de rob de sureau et une once et demie d'esprit de Mindererus , préparée à la pharmacie des pauvres ; diète absolue 9 eau d'orge pour boisson. À midi , je la trouve en pleine réaction 5 les douleurs abdominales, les vomissemens et les spasmes n'existent plus ; les évacuations alvines vont en diminuant : l'état de la malade s'améliore sensiblement ; je lui recommande de ne prendre que de la décoction d'orge. Vers le soir , une douce moiteur se montre à toute la surface du corps.

Le 1 5 , à ma visite de six heures du matin , 1 amélioration est remarquable : les déjections ont cessé; il ny a presque plus d'altération des traits de la face , qui est animée $ la peau reprend sa couleur naturelle 5 la voix est plus forte , la soif très-faible et le pouls > ■ ■ " . " M. »

(a) Il est à remarquer que, dans le développement d'une atteinte de choléra , la langue et le nez se refroidissent avant les autres parties , et dès que la réaction commence à s'opérer , la langue se réchauffe d'abord.

plein , mais un peu accéléré ; je prescris le decoctum pétri foresti en boisson. L'évacuation urinaire se fait très-bien dans la journée.

Le 16, la malade est exempte de tous les symptômes; elle ne prend que le decoctum pétri foresti.

Le 17 et le 18 , elle est en pleine convalescence : les fonctions reprennent tout-à-fait leur état normal ; on lui donne alternativement du bouillon de veau et de la bouillie en petite quantité , et les jours suivans on augmente peu à peu ses alimens.

Le 24, étant parfaitement rétablie , elle est rendue à ses occupations ordinaires. Le traitement suivi chez Marie Van Sprenger prouve de nouveau que le médecin fait très-bien de se tenir à lexpectation , dès que la réaction est bien établie et qu elle ne se complique d'aucun accident grave.

-> ôl

Marie Franssen , âgée de huit ans, d'une constitution faible, fille de Henri, ouvrier, courte rue de S.te Anne n° .1991, après s'être plainte , pendant deux jours, d'un malaise et de maux de tête , est prise , dans la nuit du 16 au 17 septembre i832 , de vives coliques, de crampes dans les membres , et rend par haut et par bas une matière aqueuse, trouble et blanchâtre. Appelé auprès de l'enfant vers les huit heures du matin , je m'y rends aussitôt 5 la face est profondément altérée et grippée , les yeux , très-retirés dans les orbites , sont environnés d'un cercle plombé ; la douleur abdominale et les crampes lui font tour-à-tour , pousser , des cris

déchirans ; la tête et les extrémités sont froides au toucher et d'une grande pâleur, la peau des mains ridée et comme bouillie , la langue blanchâtre et refroidie , le pouls ralenti, petit , inégal et presque insensible , la voix affaissée et rauque , la respiration profonde et entre-coupée , les urines supprimées , les vomissemens et les selles très-fréquens et d'une nature cholérique, la soif ardente, etc. Je fais employer avec la plus grande promptitude les moyens suivans : frictions alcoholiques sur le dos et sur les extrémités , cataplasme chaud de farine de lin sur le ventre , cataplasmes chauds et sinapisés aux jambes ; la petite malade est enveloppée de couvertures de laine et entourée de cruches d'eau chaude 5 elle prend par cuillerées une potion d'une infusion de fleurs de sureau avec du rob de sureau et une once d'esprit de Mindererus , préparée chez M. le pharmacien Schewyck ; diète absolue, eau d'orge pour boisson. Je revois l'enfant à midi ; la figure est animée , la chaleur de la peau universelle et un peu plus forte que dans l'état normal , la langue chaude , le pouls légèrement accéléré 5 les vomissemens et les crampes cessent ; les évacuations alvines sont devenues plus rares. Vers le soir , le changement en mieux se déclare de plus en plus ; mais il ne se manifeste aucune sueur. Je ferai observer ici en passant que j'ai rarement vu n dans le choléra , survenir la sueur chez les enfans à la suite de la réaction , quelque forte qu'elle fût.

Le 18 et le 19, continuation du mieux 5 la sécrétion urinaire se rétablit ; decoctam pétri foresti en boisson.

Le 20 , l'appétit se fait vivement sentir ; l'état de l'enfant est tellement satisfaisant que je crois pouvoir

lui accorder un peu de bouillie 5 mais elle en gagne une indigestion dans la nuit et rend tout ce quelle a pris pendant la journée.

Le 2 1 et le 22 , diète se'vère 3 rien que de l'eau d'orge en boisson.

Le 20 , convalescence assurée ; l'enfant prend de temps en temps un peu de gelée de veau et du lait coupé d'eau d'orge. Les jours suivans, ses alimenssont augmentés avec beaucoup de prudence. Le 3o , sa guérison est parfaite.

46e cas , guéri.

Catherine de Jonghe, ouvrière, âgée de 23 ans , d'une constitution assez forte , rue des prunes, après avoir ressenti , le 1 7 septembre i832, Une céphalalgie intense, accompagnée de manque d'appétit, de soif, de nausées, de fréquentes défaillances , d'éblouissemens , d'un grand mouvement borborygmatique dans le ventre et d'une disposition à la diarrhée , est affectée , dans la matinée du lendemain , de coliques , de quelques vomissemens et de nombreuses évacuations alvines , séreuses et semblables à une décoction d'avoine. Elle réclame aussitôt mes soins. L'altération seule de sa figure , qui exprime une grande anxiété , me fait reconnaître l'existence d'une atteinte de choléra : le pouls est petit et serré , la peau sèche et d'une chaleur à peu près naturelle ; elle me dit d'une voix affaissée qu'elle croit que ses entrailles sont en feu , qu'elle éprouve une soif très-vive et une forte douleur vers le nombril , laquelle est très- peu augmentée par la pression ; l'évacuation

urinaire n'a pas lieu 5 les voinissemens ont cesse'; mais les selles continuent , etc. Je lui fais prendre un bain de pieds sinapisé , pendant lequel on lui frotte avec un morceau de flanelle chauffé la surface dorsale et les bras ; ensuite on la couvre chaudement 5 on lui enveloppe l'abdomen d'un cataplasme émollient ; on lui administre une potion d'une infusion de fleurs de sureau avec deux onces de rob de sureau et une once et demie d esprit de Mindererus ? préparée à la pharmacie des pauvres ; elle est tenue à la diète absolue et prend de la décoction d'orge pour boisson. Vers le soir, elle est dans une sueur chaude des plus abondantes 5 calme parfait : les syptômesmorbifiques, la soif exceptée, sont disparus. L'excrétion urinaire se fait largement dans la nuit.

Le 19, le mieux continue, la soif est devenue faible ; decoctum pétri fores tl en boisson.

Le 20 , la convalescence est assurée } l'appétit renaît 5 la malade prend un peu de riz au bouillon de veau. Les jours suivans , son alimentation est renforcée peu à peu.

Le 24 5 elle est tout-à-fait rétablie et reprend ses occupations ordinaires.

Page 1