e cas , guéri
Jean Simons, âgé de seize ans, d'une constitution
(a) La décoction de riz , d'orge ou de sagou , que l'on donne comme boisson aux cholériques , ne doit pas être épaisse , afin que le malade ne s'en dégoûte pas et que l'estomac s'en accommode bien.
très-débile, fils de Jean , ouvrier, rue du paradis n° 1880, après avoir ressenti, dans la journe'e du 20 septembre i832 , un malaise vague avec des tournoiemens de tête , est pris , dans la nuit , de coliques , d'anxiétés et de déjections séreuses par haut et par bas. Je le vois vers les huit heures du matin (21) ; il est déjà dans la seconde période : aspect cadavérique, altération profonde de la face , refroidissement de la tête et des extrémités , lividité de la peau , absence du pouls radial , douleurs épi gastriques , angoisses, raucité de la voix , soif ardente , crampes dans les membres , peau des mains froncée et conservant les plis causéspar le serrement avec les doigts, suppression des urines, selles et vomissemens aqueux , blanchâtres et floconneux , voilà le concours des principaux symptômes qu'il offre. Je lui fais d'abord frotter le dos et les membres avec un morceau de flanelle chauffé et imbibé d'esprit de vin ; ensuite on l'enveloppe de couvertures de laine en l'entourant , comme d'ordinaire , de cruches d'eau chaude ; on lui applique un cataplasme émollient sur l'abdomen et de larges sinapismes aux jambes et aux bras 5 il prend , chaque quart d'heure , une cuillerée d'une potion d'une once et demie d'esprit de Mindererus avec deux onces de rob de sureau et quelques onces d'infusion de fleurs de sureau , préparée à la pharmacie des pauvres , et ne reçoit que de l'eau d'orge pour boisson. Sa potion est prise vers midi.
Je le trouve , à une heure après midi , en pleine réaction : le corps est universellement chaud , la figure animée 5 il n'existe plus ni douleurs , ni crampes ni déjections ; la langue très-pâle quelques heures
auparavant , est devenue naturelle , le pouls développé et la voix plus forte et plus distincte. Je fais ôter les sinapismes et les cataplasmes 5 je recommande de ne donner au malade que de la décoction d orge.
Le 22 , amélioration de plus en plus manifeste ; rétablissement de la sécrétion urinaire ; je ne prescris que le decoctum pétri foresti en boisson.
Le 23 , le 24 et le 25 9 la convalescence s'affermit de jour en jour davantage. Un régime analeptique et dirigé avec soin a bientôt surmonté la faiblesse de Jean Simons , occasionnée par la maladie , et fait revenir sa santé ; mais il a gardé ? pendant quelques semaines \ une surdité et des bourdonnemens d'oreille.
54 e cas , guéri.
C. J. de Braekelere , chaudronnier , âgé de 48 ans \ d'une constitution maigre et sèche , rue dite : klapdorp n° 33 1 (quartier affligé par le choléra) , ressent, le 19 septembre i832 , des lassitudes dans les membres, un violent mal de tête , des vertiges , des tintemens d'oreille et une forte soif. Le lendemain , il est pris d un sentiment de vide dans le ventre 9 d'envies de vomir , de borborygmes et d'une diarrhée légère , qui reste au même point jusque dans la nuit du 21 au 22 5 alors la diarrhée augmente fortement et des douleurs abdominales se déclarent. Appelé vers les huit heures du matin , je remarque chez le malade les phénomènes suivans : figure décomposée , blême et abattue , enfoncement des yeux , abaissement sensible dans la température de la
peau , qui est humide et extraordinai rement flasque , pouls ralenti , irrégulier et à peine sensible , langue blanchâtre et froide , voix éteinte , tiraillemens spasmodiques dans les jambes , anxiétés ; les urines sont supprimées , les forces vitales fortement atteintes , les évacuations alvines aqueuses et analogues à une décoction d'avoine ; etc. Frictions sèches , cataplasme chaud de farine delinsurle ventre, cataplasmes chauds et enduits de moutarde aux jambes , application de la chaleur au corps , potion de quatre onces d'infusion de fleurs de sureau avec une once et demie desprit de Mindererus et deux onces de rob de sureau 9 préparée chez M. le pharmacien Vrancken , diète absolue , eau de riz pour boisson. Ces moyens provoquent promptement une réaction complète , suivie d'une transpiration trèscopieuse. Vers les six heures du soir , je trouve la situation du malade tellement améliorée qu'il n'est plus à reconnaître : retour de 1 énergie, vitale, chaleur universelle , sueur salutaire 9 développement du pouls , plus de douleurs , plus de déjections, enfin presque plus de traces de la maladie. L'excrétion urinaire a lieu dans la nuit.
Le 23 , il ne reste qu'une légère irritation gastrointestinale ; potion mucilagineuse -y continuation de la diète absolue.
Le 24 , convalescence assurée 3 l'appétit revient ; le malade prend, de temps en temps , quelques cuillerées de sagou au lait. Son alimentation est peu à peu renforcée les jours suivans.
Le 28 , la guérison est parfaite.