‹ Considérations sur la nature et le traitement du choléra-morbusChapitre 24 sur 41 · e cas , guéri · texte numérisé non relu

e cas , guéri

Marie de Nape , âgëe de 24 ans , d'une constitution faible et nerveuse , place de meir , maison de M. Van Delft , de Bruxelles, après avoir été tourmentée, pendant deux jours , d'une céphalalgie intense , accompagnée d'étourdissemens , de bourdonnemens d'oreille, de perte d'appétit, d'une douleur sourde au creux de l'estomac et de quelques selles liquides 5 est prise , dans la nuit du 21 au 22 septembre i832, de coliques, dune soif inextinguible ? de vomissemens aqueux et de crampes dans les membres. Je visite la malade vers les trois heures après midi $ elle est dans la période algide avec cyanose 5 j'ai recours aux moyens habituels : frictions camphrées ammoniacales , cataplasme chaud de farine de lin sur le ventre , cataplasmes chauds et sinapisés aux extrémités , application de la chaleur au corps par des couvertures de laine et par des cruches d'eau chaude , potion de quatre onces d'infusion de fleurs de sureau avec deux onces de rob et une once et demie d'esprit de Mindererus , préparée chez M. le pharmacien Van Hoebroeck. Elle prend du thé pour boisson. Mais en la revoyant vers les huit heures du soir , je la trouve dans le même état 5 je suis informé qu'elle ne supporte pas la potion et qu'elle rend chaque cuillerée qu'elle en avale ; je lui fais administrer l'esprit de Mindererus en lavement. M, Van Hoebroeck lui prépare plusieurs lavemens , chacun d'une once de cette préparation ammoniacale et de quatre onces de mucilage de salep , pour être appliqués , l'un après l'autre ? à une heure

d'intervalle , jusqu'à ce que le corps se rechauffe complètement.

Le 23 , à six heures clu matin , je retourne chez la malade ; elle est dans une assez forte réaction , qui , suivant le rapport de la garde-malade , a commence' à se manifester vers minuit ; mais il n'y a nulle apparence de sueur. La face est moins livide et moins abattue que la veille 5 les traits de la physionomie sont beaucoup moins altérés , les yeux ne sont plus aussi enfoncés dans les orbites $ la voix entièrement éteinte à ma dernière visite est distincte , quoique faible et un peu enrouée ; la langue , de froide et de pâle qu'elle était , est devenue chaude et rouge à ses bords ; la paume des mains n'est plus froncée 5 la peau ne garde plus les plis causés par le serrement 5 le pouls radial , tout-à-fait effacé le jour précédent , bat avec force : il est fréquent , mais régulier ; les propriétés vitales , qui étaient comme anéanties, sont ranimées ; depuis une heure du matin , la malade n'a plus eu que deux selles et deux vomissemens , semblables à une décoction d'avoine , et les spasmes ont cessé. Je ne lui prescris que le decoctum pétri foresti en boisson. Les urines reprennent leur cours ordinaire dans la journée. Vers le soir , une douce moiteur commence à couvrir la surface du corps.

Le 24 , dans la journéee, état entièrement satisfaisant, mais grande mobilité nerveuse ; la malade prend , toutes les heures, une cuillerée de mucilage de gomme arabique avec du sirop de tridace. Dans la soirée , légère congestion cérébrale 5 application de cataplasmes chauds aux jambes et du froid sur la tête.

Le 25 , amélioration dans la journée ; retour de la

congestion cérébrale vers le soir ; mêmes remèdes que la veille.

Le 26 , son état semble ne plus laisser rien à désirer ; elle éprouve un grand appétit ; mais je remarque que ses discours annoncent un dérangement dans ses facultés intellectuelles , causé par la maladie. Je lui permets de prendre , de temps en temps , un peu de bouillon de veau.

Le 27 , il n'existe plus d'autre trace de la maladie , que l'égarement de la raison. On donne à la malade souvent et alternativement du bouillon de veau et du sagou au lait en petite quantité, avec une cuillerée de vin de muscat dans de l'eau d'orge. Son alimenta lion est peu à peu augmentée les jours suivans. Elle est restée, près d'un mois , dans un état d'aliénation mentale et se porte très-bien depuis.

56e cas 5 guéri,

Jean Baptiste Roelants, ouvrier, âgé de 5i ans, d'une constitution usée , montagne des corneilles , est saisi tout-à-coup , le 22 septembre i832, vers les deux heures après midi, de fortes coliques, associées à des tiraillemens dans les membres et à de nombreuses selles liquides, troubles, blanchâtres et floconneuses. Gomme le choléra a déjà enlevé plusieurs de ses voisins et de ses parens 9 le malade réclame sur-le-champ mes soins. Outre les phénomènes dont je viens de parler, il présente , quand je le vois , une altération du visage qui dénote la nature du mal ; il éprouve des envies

continuelles de vomir, une grande soif, un resserrement au centre épigastrique ; le pouls est petit , faible et intermittent , la langue froide et légèrement chargée d'un enduit muqueux blanchâtre, la peau de la tête et des extrémités pâle et refroidie , etc. Je prescris de prendre un bain de pieds , pendant une demi-heure , dans de l'eau très-chaude et contenant beaucoup de moutarde 5 de frotter en même temps le dos et les bras avec de la laine fortement chauffée 5 d'envelopper ensuite le ventre d'un cataplasme chaud de farine de lin et le corps de plusieurs couvertures de laine ; d'administrer au malade, toutes les demi-heures, une cuillerée à bouche d'une potion de quatre onces d'infusion de fleurs de camomille avec une once et demie d'esprit de Mindererus et deux onces de robde sureau, préparée à la pharmacie des pauvres 5 de lui faire observer la diète absolue et de lui donner de la décoction d'orge en petite quantité pour boisson. Dans la soirée , la réaction est complète , et la sueur coule copieusement toute la nuit.

Le 23 , il est exempt des symptômes morbifiques : amélioration étonnante 5 potion mucilagineuse.

Le 24 j convalescence , et le 26 , guérison parfaite.

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