e cas 3 guéri
Jean Baptiste Van den Velden , ouvrier , âge' de 5o ans , d'une constitution sèche et use'e , rue de la boutique n° 870, s'adonnant à la boisson et habitant une allée où le choléra ravage, ressent, le 28 septembre i832, des tranchées dans le ventre , suivies de plusieurs selles liquides , qui cessent le lendemain. En sortant du lit le 3o au matin , il est saisi d'éblouissemens , d'un malaise indéterminé et de nausées ; nonobstant cette disposition morbifique , il déjeune comme à son ordinaire , mais sans appétit. Deux heures après , il vomît tout ce qu'il a pris ; puis il éprouve plusieurs vomissemens successifs d'une matière aqueuse, analogue à du petit lait , auxquels se joignent des coliques , de la soif, des crampes aux mollets et des évacuations alvines liquides , blanchâtres et floconneuses. Je ne suis appelé que sur les six heures du soir , lorsque le malade est tombé dans un affaissement extrême. Je le vois aussitôt. Il est en proie à d'horribles angoisses ; les yeux sont éteints, retirés dans les orbites et entourés d'un cercle noirâtre , la figure fort décomposée et offrant un aspect hideux , la tête et les mains refroidies , d'une teinte violacée et d'une moiteur visqueuse , la paume des mains froncée et comme bouillie , le pouls radial presque insensible , la voix sépulcrale , la langue pâle et froide , la soif ardente , les urines supprimées ? etc. J'ai sur-le-champ recours aux moyens ordinaires : frictions ammoniacales camphrées, cataplasme chaud de farine de lin sur le ventre 8 cataplasmes chauds et
enduits de moutarde aux jambes, application de la chaleur au corps , potion d'une infusion de fleurs de sureau avec deux onces de rob et une once et demie d'esprit de Mindererus 9 préparée à la pharmacie des pauvres , diète absolue , eau d'orge pour boisson.
Vers les dix heures, le corps commence à se réchauffer faiblement 5 je fais répéter la même potion.
Le 1 octobre , à sept heures ' du matin 9 je trouve le malade dans une forte réaction : la face est rouge et animée, la peau sèche et brûlante, le pouls vif, la langue rouge à ses bords 9 mais plate et large , etc. ; les déjections ont cessé ; le malade n'éprouve plus ni coliques ni crampes 5 mais il est assoupi, et les yeux sont légèrement injectés de sang ; je fais enlever les cataplasmes et appliquer le froid sur la tête , au moyen de serviettes trempées dans de l'eau et du vinaigre , en me proposant de faire pratiquer une évacuation sanguine si l'assoupissement ne cède pas de suite à cette application.
À midi , je revois le malade ; amélioration notable : il est dans une sueur copieuse 5 plus aucun indice de congestion cérébrale 5 je fais supprimer les serviettes froides , et recommande de ne lui donner que de la décoction d'orge. Dans l'après-midi , il a plusieurs selles verdâtres et fétides.
Le 1 , l'amélioration se prononce de plus en plus 5 les urines reprennent leur cours naturel 5 le malade ne prend que le decoctum pétri fores ti en boisson.
Le 3 , état tout-à-fait favorable ; trois selles liquides et jaunâtres ; prescription de quelques onces de mucilage de gomme arabique avec une once et demie de sirop de diacode , à cause de la tendance à la diarrhée 5 eau de riz pour boisson.
Le 4 r convalescence certaine 5 l'appetil se fait vivement sentir; je permets au malade de prendre de temps en temps quelques cuillerées de sagou au bouillon de veau et un peu de lait coupé d'eau de riz.
Le 5 , le 6 et le 7 , la convalescence se consolide chaque jour davantage.
Le 10, la guérison est parfaite.