e cas , choléra sec . guéri
Madame van Houten , épouse d'un marchand-épicier , âgée d'environ 35 ans , dune constitution assez forte , à la porte de Borgerîiout n° 2o85 , est prise inopinément, dans la nuit du 12 au i3 août i832, d'un accablement extrême , d'un resserrement spasmodique à la région précordiale , de coliques et d'envies continuelles de vomir. Mes soins sont immédiatement réclamés. Je la visite vers les deux heures du matin ; elle présente les symptômes suivans : altération profonde des traits de la face , yeux enfoncés et entourés d'un cercle bleuâtre , voix rauque et faible , peau dune pâleur mortelle , paume des mains ridée et comme macérée , tête et extrémités froides , abdomen gonflé et tendu , respiration difficile et accélérée , pouls filiforme et presque nul , langue couverte d'un enduit muqueux blanchâtre , grande agitation , angoisses terribles , sentiment d'ardeur interne ? soif inextinguible , spasmes dans les mollets et les doigts par intervalles , efforts de vomir , mais ne rendant que des flatuosités inodores , éructation presque sans relâche , excrétion urinaire supprimée , etc. Voici les moyens que je mets en usage : frictions camphrées ammoniacales , cataplasmes chauds de farine de lin sur le ventre et sinapisés aux jambes, potion de quatre onces d'infusion de fleurs de sureau avec du rob et une once et demie d'esprit de Mindererus , préparée chez M. le pharmacien Schewyck , lavement irritant , diète absolue 5 eau d'orge en boisson , et la malade est couverte chaudement. Je la trouve à
sept heures du matin dans une forte réaction : chaleur universelle , face rouge et animée, cessation des coliques et du resserrement à l'epigastre , plus d'apparence de spasmes ni d'émission de vents par la bouche , la voix plus forte et distincte , etc, ; potion mucilagineuse.
Le i3 , à midi 9 elle est dans une sueur des plus abondantes et dans un état d'amélioration remarquable : la physionomie reprend son expression habituelle-, le pouls est relevé \ la respiration bonne 5 la soif ne se fait presque plus sentir , la malade me témoigne le plus vif contentement du changement favorable qu'elle éprouve. L'excrétion urinaire a lieu dans l'après-midi.
Le i4 5 elle va de mieux en mieux ; continuation de la potion mucilagineuse.
Le 1 5 , l'appétit est revenu ; elle a deux selles verdâtres et fétides; la réaction ayant cessé9 l'exaltation des propriétés vitales est remplacée par une certaine faiblesse, la chaleur de la peau étant à peu près naturelle et le pouls ne présentant plus qu'environ ^5 pulsations par minute , je crois pouvoir sans crainte permettre à la malade de faire usage de temps en temps d'un peu de bouillon de veau au sagou avec quelques cuillerées de vin «, et je lui prescris une potion tonique.
Le 16 , convalescence assurée ; le 17 et le 18, les forces reviennent à vue d'œiL Un régime analeptique, augmenté graduellement, a bientôt ramené la malade à la santé.