‹ Considérations sur la paralysie générale et la guerreChapitre 9 sur 21 · TOUS · texte numérisé non relu

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Hérédilé. — On a assimilé pendant longtemps, la paralysie générale à une forme de folie et on a pensé à mettre en cause e rôle de l’hérédité, dans l’étiologie de cette maladie. À vrai dire, l’on rencontre parmi les paralytiques une grande majo-

- rité d’héréditaires, mais dans ces cas, la syphilis doit jouer

le rôle prépondérant à côté de l’hérédité qui est pour le moins négligeable en tant que facteur déterminant.

Traumalisme. — Autrefois également, on incriminait les traumatismes et plus particulièrement les blessures graves de la tête, puis ce facteur a perdu beaucoup de sa valeur depuis que, grâce aux progrès du diagnostic, on est arrivé à distinguer de la méningo-encéphalite paralytique, des formes morbides qui ne la rappellent que de très loin. Cependant dans l’état actuel des choses, on ne peut affirmer qu’un traumatisme quelconque et surtout un traumatisme crânien, n’a pas eu une action, soit aggravante, soit favorisante, sur une paralysie générale déjà prééxistante ou à l’état latent chez un syphilitique, tout en n’affirmant pas, qu’un trauma puisse créer de toutes pièces chez un individu non taré, une paralysie progressive et typique.

Elals infeclieux, aulo-inloxicalions. — Jusqu'ici, l’on n’a pas encore pu prouver qu’à l’origine de la paralysie générale, on pouvait trouver un état infectieux ou une autre intoxication quelconque. Ce qu’on peut pourtant affirmer, c’est que les états infectieux ont souvent pu déterminer une confusion mentale, rappelant assez les symptômes de la para- Iysie générale, symptômes passagers qui ont d’ailleurs tendance à la guérison. Il n’est pas possible non plus, de nier qu’une paralysie, en évolution, ne puisse recevoir un coup de fouet ou n’éclate brusquement, du fait d’un de ces états. On a longtemps fait jouer un rôle important à la tuberculose, dans l’étiologie de la paralysie générale, mais il semble plus logique, de l’admettre comme cause secondaire, en remarquant que la tuberculose et la paralysie générale, se mani-

Loge

festent ie plus souvent dans des conditions d'âge, de milieu, de profession et de castes différentes-ou même opposées.

Syphilis. — La syphilis au contraire, explique tout et répond à tout, dans la paralysie générale, tant par son apparition vers l’âge moyen de la vie, sa plus grande fréquence chez l’homme dans les classes élevées de la société ainsi que dans les villes, la fréquence — sans qu'elle soit absolue — du signe, d’Argyll-Robertson, la présence de lymphocytose et d’un serodiagnostic positif dans le liquide céphalo-rachidien, que par les données des statistiques, qui comptent à la syphilis, un pourcentage élevé dans la genèse de la paralysie générale.

Causes morales, civilisation, fatigue, surmenage. La querre ? — En ce qui concerne la valeur étiologique des causes morales et des causes de surmenage, tant intellectuel que physique, les auteurs sont en complet désaccord. Est-ce à dire que les commotions ou les émotions peuvent engendrer la paralysie générale ? Non, à proprement parler, puisque l’on attribue à la paralysie, une origine essentiellement syphilitique. Mais ne sont-elles pas capables d’aider l'apparition de la maladie ou d’en faciliter une aggravation ? « La paralysie générale n’est certainement pas uniquement due à la syphilis : c’est de la syphilis plus quelque chose qui nous est inconnu... » s’écriait M. Lépine à la Société de Neurologie en 1916; et c’est là que se pose le problème que nous nous efforcerons de résoudre plus loin, en essayant d'établir une relation de cause à effet entre la guerre et la paralysie générale.

GÉNÉRALITÉS MÉDICO-LÉGALES, AVANT 1914. — Avant:la , guerre, la question de la paralysie générale, au point de vue médico-légal, avait déjà été étudiée à propos des accidents de travail. C’est une des questions qui ont été les plus débattues, entre médecins, soit devant les tribunaux,.soit devant les grandes administrations, toujours à cause des indemnités à

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