TRANS
le rôle principal à la dyspepsie quand ils obtiennent la disparition simultanée des troubles organiques et des troubles psychiques, grâce au traitement de la maladie causale. | Fi
b). — De leur côté les neurologistes ont le plus souvent affaire à des malades qui présentent des troubles nerveux très accusés et qui sont devenus neurasthéniques à la suite d’un choc moral plus ou moins intense ; ils souffrent peu ou prou de l’estomac, mais il semble bien que chez eux les troubles organiques sont secon-
daires aux troubles psychiques. Les neurologistes ad-
. mettent cependant la possibilité de troubles organiques
vrais à côté de troubles similaires psychiques. ‘À ce propos il nous a paru intéressant de citer ici
le passage d’un article publié par Déjerine et Gauckler,
. dans la Presse medicale, sous le titre « Les Fausses
gastropathies ».
« Quelle est la genèse des pseudo-gastropathies fonctionnelles ? Il s’agit de troubles gastriques vrais à l’origine, mais prolongés. Ce sont des femmes ayant eu à l’occasion d’une grossesse les troubles digestifs d'observation courante que l’on connait, ce sont des gens ayant présenté à l’occasion d’excès d’ordre éthylique les troubles que l’on sonçoit qui, alors que la cause pathologique a depuis longtemps disparu, continuent à souffrir psychiquement Jà où les éléments organiques de l’affection n'existent plus.
Dans d’autres circonstances, étape par étape, la gastropathie s'est créée de toutes pièces.
Ailleurs, et c’est le cas le plus fréquent, les médecins
sont responsables qui par un examen trop prolongé, par la recherche de symptômes trop définis ont pro-
duit au bout d’un temps plus ou moins long chez des
névropathes les phénomènes qu'ils avaient tout d’abord
vainement mais trop obstinément recherchés. »
Ces auteurs admettent done comme on le voit la réalité des troubles digestifs dans certains cas, au début, mais d’après eux ces troubles sont la plupart du temps « pathogéniquement ét thérapeutiquement d’origine purement psychopathique », au moins à une période avancée. |
Un point reste encore à éclaircir ; il s’agit de savoir à quoi l'on pourra reconnaître que l’affection dont la réalité a été admise au début est devenue psychique.
Nous pensons qu’il n’y a pas lieu d’opposer les théories stomacales à la théorie psychique et que chacune est susceptible de s'appliquer à certains cas déterminés.
Si les gastrothérapeutes ont raison de s'occuper des troubles dyspeptiques chez les neurasthéniques, ils ont tort, croyons-nous, quand ils affirment que la neurasthénie est toujours sous la dépendance d’une lésion primitive de l'estomac. ;
D'autre part les neurologistes, partisans de la théorie psychique, ne prêtent peut-être pas assez d'attention aux troubles organiques. -
Une autre question se pose. Pourquoiles neurologis-
tes partant d’un mème principe, àsavoir que les troubles
nerveux sont primitifs, n’arrivent-ils pas à s'entendre
sur la pathogénie de la neurasthénie ? Les uns, et ce
sont les plus nombreux, considèrent l'épuisement du système nerveux comme réel.
Les autres pensent que le neurasthénique crée de toutes pièces toute sa symptomatologie.
De cette divergence d'opinions il résulte deux here peutiques bien différentes. ù
Nous examinerons successivement ces deux thérapeu-
tiques et nous verrons s’il est possible de trouver dans
les résultats obtenus par le traitement la confirmation de l’une ou l’autre des théories pathogéniques nerveuses.
a). — Les partisans de la théorie nerveuse pure sont d'avis qu'il y a lieu de tenir compte chezles neurasthéniques de la tension artérielle, aussi les ont-ils groupés en deux grandes classes : !
1e Les hypotendus qui sont de véritables épuisés du système nerveux. La dépression tant physique que psychique s’établit chez eux soit à la suite d’une émotion vive, soit après du surmenage, soit au cours ou pendant la convalescence d’une maladie débilitante (tuberculose, grippe, etc..….).
Ces déprimés seront stimulés par tous les moyens physiques (hydrothérapie, massage, électrothérapie, injections salines...) et même médicamenteux (strychnine, acide phosphorique...).
9 Les hypertendus qui sont avant tout des intoxiqués, des arthritiques. Certains auteurs les considèrent comme des faux neurasthéniques.
Ces malades seront désintoxiqués par les moyens habituels ( lait, diurétiques, laxatifs, iodure, trinitrine.…)
Les neurologistes qui préconisent l’emploi des moyens physiques et médicamenteux pour tonifier ou désintoxiquer le système nerveux tout entier ne repoussent pas l’usage de la psychothérapie. — Bien au contraire, mais comme ils sont persuadés de l’objectivité des symptômes neurasthéniques, ils trouvent que le fait de remonter le moral du malade est tout à fait insuffisant. Voici d’ailleurs ce que pense de Fleury, l’un des auteurs qui s'est le plus occupé de cette question dans ces dernières années : |
« Certes par la fermeté de votre attitude, par la sympathie que vous saurez extérioriser, par l'affirmation catégorique d’une guérison sûre, vous procurerez à VOtre sujet pour quelques minutes bien brèves certain réconfort.
Mais si en même temps vous ne savez pas supprimer ses troubles digestifs, redonner le tonus à ses muscles relâchés, si vous ne faites pas sa circulation plus active et sa nutrition plus intense, tout ce réconfort sera vain.
La sensation de fatigue ne cède pas par la suggestion, elle cède au contraire chez les intoxiqués aux différents procédés d'élimination des toxines et chez les véritables déprimés aux stimulations mécaniques méthodiquement pratiquées du système nerveux central. »
Maintenant que nous avons exposé dans ses grandes lignes le traitement actuellement appliqué par les partisans de l’objectivité de l’épuisement nerveux, nous allons examiner le traitement employé par les neurologistes qui croient à la nature psychique de tous les
symptômes neurasthéniques.
sage pu b). — Ce traitement comprend quatre éléments. Le principal est la psychothérapie qui consiste à re-
lever par des raisonnements le moral du malade, à lui
expliquer que les douleurs dont il se plaint n'existent
pas en réalité, qu’elles dépendent directement de son manque d'énergie et qu’elles disparaîtront entièrement le jour où il aura retrouvé assez de volonté pour pouvoir les mépriser. ; à
L’isolement, qui permet au médecin de pratiquer avec fruit la psychothérapie, a été préconisé dès 1882 par Weir-Mitcheli dans le traitement de la neurasthénie et de l’hystérie ; il constitue un procédé de traitement de premier ordre. Il offre en effet le grand avantage de soustraire le neurasthénique à l'influence toujours nuisible des parents et des amis qui sont continuellement à le plaindre ou à le traiter de malade imaginaire.
Le repos au lit et la suralimentation, qui sont considérés comme des moyens accessoires, paraissent bien avoir dans beaucoup de cas une importance considérable.
Tous les neurasthéniques se trouvent bien du repos au lit, exception faite pour les intoxiqués qui ne retirent aucun avantage d’un repos trop prolongé.
La suralimentation, telle qu’elle doit ètre appliquée, ne peut donner que d'excellents résultats.
Le régime lacté absolu est prescrit pendant un cer-
tain temps, les malades doivent arriver à prendre 4 à
5 litres de lait dans les vingt-quatre heures. Ils se sou-
mettent en général très facilement à ce genre de régime
qui convient aussi bien aux neurasthéniques hypoten- |
dus qu'aux hypertendus : les uns reprennent rapide-
LIN TRES en
3 ment es forces, ju autres arrivent peu à peu à se Abe:
« barrasser Al leurs toxines.
j à ” nl
Nous pensons que c’est à l' ensemble de ces procédés
bien plutôt qu'à la psychothérapie seule que sont dusles
succès obtenus par ce traitement.
Nous en trouvons la preuve dans L observation sui
vante de Camus el Pagniez tirée de leur très intéres-
sant ouvrage sur l’Isolement et la Psychothérapie.
"7 © est un cas de neurasthénie consécutive à La éUpDS, et. TER { À Ne
au HALnenABes EAN
rœ < HTVA 4 } À | DEAN Y Et 5s AA
| 201 Ù "2 y » 4 2 4 x 1 s’agit d’une malade de 25 ans entrée le 12 février à la salle \ f 4 “
Pinel, ‘sortie le 25 mars 42% ln à t NT taie \
| Antécédents héréditaires et familiaux. — Pré bien portant,
mère morte. à la suite de couches. Frère bien POFIAN,
‘Antécédents personnels, . Convulsions dans l’ fpfances maux
de tot fréquents pendant son adolescence.
Elle eut ses premières FÉES à. 16 ans et a toujours été bien :
LE
| rés depuis cette époque.
Début des accidents actuels. — En décembre 1902 la malade ! a Ja grippe. . ie | ne ce Le 31 décembre elle ressent une violente douleur vers la partie moyenne du sternum, Gette douleur a duré, dit-elle, environ trois à quatre minutes et a été précédée d’une sorte d’ éblouis” Ha sement, de sensation visuelle assez difficile à définir. |
Elle Que le même jour un point de côté siégeant à la partie gau- LU che de, la poitrine et une douleur derrière l'épaule gauche. Il est
difficile de savoir si ces symptômes étaient d’origine nérveuse
- ousi l'on doit les attribuer à des lésions pulmonaires ou pleurales
V2 ù consécutives à la grippe. | Foy
Le AU
a ‘ : 52 : BUT 4 D nn J + Î £ k ( à l = À
Quelques jours plus tard apparurent des maux de tête très tenaces et à prédominance frontale. |
En même temps insomnie. “4
Elle perdit l’appétit, éprouva une lassitude générale, de la faiblesse dans les jambes, de la fatigue très marquée le matin au à moment du lever. | :
Malgré ces symptômes elle essayait de continuer son métier pénible. Elle travaille dix heures par jour dans une raffinerie où elle est parfois obligée de prolonger son travail pendant la nuit.
Depuis le mois de décembre elle ne se nourrit que de lait et souffre cependant de l'estomac.
Elle a souvent des sueurs nocturnes.
Elle est admise le 12 février 1903.
Examen.— Elle se plaint de douleurs d’estomac, de céphalée, de fatigue générale, de douleurs de reins, d’insomnie.
Réflexes tendineux exagérés. /
Sensibilité cutanée à peu près normale,
[existe un,peu de tremblements de mains, de l'hyperesthésie de la région sous-mammaire gauche,
Réflexes plantaires abolis.
Le champ visuel n’est pas rétréci,
Réflexe pharyngien normal.
Urines normales. : (
Elle a l'habitude de prendre chaque soir des médicaments pour provoquer le sommeil. Elle est soumise au traitement habituel, La psychothérapie a consisté surtout en affirmation de guérison et évocation d'images attrayantes de guérison : la malade est peu intelligente, assez craintive et renfermée en elle-
même et la psychothérapie fut forcément par cela même rudi-
mentaire,
Elle fut laissée trois semaines au régime lacté.
Le 24:mars la malade, très triste à son entrée, est devenue plus gaie, elle est revenue à l'alimentation ordinaire et digère bien ; l'appétit est revenu, le sommeil est régulier.
Elle conserve seulement un peu de douleur à la pression dans la région sous-mammaire Puce Elle nous quitte en bon état de santé ayant engraissé de 4 kilogrammes.
Dans ce cas le rôle de la psychothérapie a été manifestement secondaire.
Il semble bien évident que la fatigue dont se plaignait la malade n’était pas subjective, mais bien réelle étque le repos au litet la suralimentation ont été absolument indispensables pour redonner des forces à cette femme doublement déprimée par une maladie infectieuse, puis par un travail au-dessus de ses forces. |
Nous basant sur des faits cliniques de ce genre qui sont loin d’être rares, nous ne pouvons admettre avec Dubois, de Berne, qu'il existe chez tous les neurasthéniques « autour d’un noyau de fatigue vraie, une gangue d’auto-suggestion de la fatigue ». Nous ne nions pas l'existence de cette auto-suggestion, mais nous croyons qu’il ne faut pas en exagérer l'importance.
Les partisans de la théorie psychique font observer qu’une bonne nouvelle a souvent pour résultat de
faire disparaître les symptômes neurasthéniques, ce
‘qui prouve bien leur origine psychique.
qu P 8
L'évolution de la neurasthénie traumatique confirme cette manière de voir.« Nous savons, dit Brissaud, que
dans le plus grand nombre des cas elle guérit comme
JD yo CE
par enchantement, lorsque le « sinistré » touche les dommages-intérèts que le tribunal lui alloue sur ie certificat d'incurabilité délivré par le médecin expert. La” jurisprudence établie depuis quelques années a contribué fortement à simplifier les difficultés théoriques et pratiques que la question soulève. » s
Ces neurologisies ne reconnaissent donc aucune utilité aux moyens physiques employés généralement peur relever le système nerveux déprimé et ‘ils prétendent que ces moyens, quand ils réussissent n’agissent que par suggestion.
De Fleury qui traite ses neurasthéniques hypotendus par des injections salines s’est élevé avec énergie contre cette affirmation : il a fait observer qu’il suffisait de 3 grammes de sérum pour donner de la fièvre à un tuberculeux et pour provoquer chez un paralytique général une forte poussée d’excitation mentale. Il reconnaît à tous les agents physiques une valeur réelle ;
il suffit, dit-il, d’une stimulation purement mécanique
du système nerveux pour changer l’hypotonus en hy-
pertonus, la faiblesse en force musculaire et morale, ce qui prouve bien que l’état moral et mental du neurasthénique est inséparable de son état physique.
En présence de ces divers arguments qui reposent tous sur des constatations cliniques indiscutables, il est bien difficile de se rallier exclusivement et l’une ou à l’autre des théories nerveuses. La difficulté est d’autant plus grande que le traitement qui découle de chacune de ces théories ne vient pas ici éclairer la pathogénie.
Quelle que soit en effet la théorie que l’on adopte
nm —
ne thérapeutique est. au fond sensiblement la moe
- Les uns relèvent le système nerveux par des toniques
\ de toute nature où désintoxiquent l'organisme suivant
1 ; qu ‘ils. ont affaire à des hypo- ou à des hypertendus : sf TUNIS
ve en même temps ils s'occupent sérieusement de l’état : men AE LE (NON RTS NUE |
“À Les autres attachent une grande importance à ja
| psychothérapie, ce qui ne les empêche pas d’avoir
recours dans la plupart des cas au repos et à la surali-
* mentation lactée qui constituent (ee moyens adjuvants
de premier ordre.
ne emploi de l'isolement est le seul Dotnt sur lequel |
2À diffèrent les neurologistes, les uns le trouvant indis-
— pensable pour appliquer la psychothérapie dans de bon-
nes conditions, les autres ne s’en Servant que très
à exceptionnellement dans les cas de neurasthénie grave. f 4 # 4 \ y