OBSERVATION XIV
. femme M..., 60 ans, sans profession, entre à Sainte- Anne le 27 décembre 1935, après un séjour de quarante-huit heures à Henri Rousseile où elle avait été transférée par l'Hôpital Broussais. Le certificat d’internement mentionne : «Confusion mentale. Désorientation. Dysmnésie. Excitation psychique. Incohérence. Agitation motrice avec opposition. Gâtisme. Mauvais état général. Fièvre ».
L'examen physique permet de constater de nombreuses extra-systoles et quelques signes discrets de congestion pulmonaire. Malgré la médication anti-infectieuse et tonicardiaque utilisée, la malade meurt le 5 janvier 1936. Le dosage d’urée indiquait 2 gr. 20, B.-W., Meinicke, Kahn positifs dans le sang. |
Entrée à l'Hôpital Broussais au début de décembre pour faire traiter une cardiopathie ancienne, Mme S... y a été calme et normale durant deux jours puis, est intervenue une agitation, une turbulence qui l'on fait placer dans une salle spéciale, et, enfin transférée À Henri Rousselle.
Le mari indique que la malade présentait depuis quelques mois des préoccupations de santé exagérées : cardiopathe depuis une vingtaine d'années, elle avait jusque-là fort bien supporté cette infirmité. Ces derniers
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temps, elle parlait constamment de sa mort prochaine et de l’inutilité des efforts thérapeutiques. À signaler encore quelques troubles de la mémoire portant surtout sur des faits récents. A plusieurs reprises, oubliant des achats à peine antérieurs, Mme S... avait derechef acquis des provisions dont elle n’avait nul besoin. |
Mais les syndromes d'ordre mélancolique purs avec délire d’attente ne sont pas non plus exceptionnels.
OBsERvATION XV.
G... Andrée, femme Le N..., 39 ans, ménagère, entre à T'Admission le 15 juillet 1936. Le certificat de l'Infirmerie spéciale présente la malade de façon assez exacte :
« Excitation. Logorrhée incohérente. Agitation. Anxiété: son mari est mort, on l’a condamné, ou encore on va le condamner pour un vol qu'il n’a pas commis. Désorientation avec éclairs d'orientation fugace. Zoopsie.
Congestion faciale. Réflexes tendineux vifs. Hyperalgésie musculaire. Pas de dysarthrie, pupilles normales. Probabilité d'intoxication éthylique ; aurait en outre, présenté il y a trois ans des crises comitiales. Pas de traces de morsures de la langue » (Michaux).
Avec des alternatives d’agitation et de torpeur, le tableau ne varie guère durant six semaines. Sur la foi des renseignements signalant l'éthylisme, une thérapeutique styrchninée est instituée mais on doit l'arrêter, la malade très sensible présentant quelques accidents à des doses moyennes. Le gardénal est sans actiou sur un état qui ne présente que des analogies très éloignées sur l’état du
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mal. Soupçonnant la P. G. nous pratiquons une ponction lombaire : le L. C. R. est normal. La température reste aux environs de 880, l’onirisme terrifiant cède à peine, l'agitation désordonnée est la règle. La thérapeutique antiinfectieuse est sans effet ; l’urée sanguine est à 0 gr. 50.
Au début de septembre, l'agitation augmente, l'anxiété croit parallèlement, sitiophobie absolue, fonte musculaire rapide; la température reste en plateau à 400 pendant quatre jours, puis monte à 440 et la malade meurt le 12 septembre.
Nous avons signalé les soupçons d’éthylisme, les commémoratifs convulsifs : ajoutons les antécédents bacillaires de la famille. Le mari signale que depuis trois ou quatre mois le caractère de la malade, jadis enjouée, était complètement modifié : irritable, prompte à interpréter le moindre geste de l'entourage, elle se querellait avec tous les voisins et s'était même battue avec eux quelques semaines avant le début de la maladie. Depuis juin, elle extériorisait un délire à thème anxieux persuadée qu elle mourrait le 14 juillet. Elle avait mis en ordre toutes ses affaires et se lamentait à tout venant, sans cependant ralentir son activité ménagère habituelle .
Nous rapporterons encore deux observations de Délire aigu typique survenant à la suite de troubles certains qui dépassaient, et de beaucoup, le cadre des troubles du caractère, mais que nous ne pouvons
ranger dans telle ou telle affection étant donnés les renseignements restreints dont nous disposons, et.
aussi la réticence antérieure de la malade :