‹ Considérations sur la phase prodromique des délires aigusChapitre 31 sur 33 · C... Germaine-Joséphine, 27 ans, célibataire, domes · texte numérisé non relu

C... Germaine-Joséphine, 27 ans, célibataire, domes

tique, entre à Sainte-Anne le 25 janvier 1926, après passage à l’Infirmerie spéciale. Les troubles ont débuté trois jours auparavant par une écriture automatique dictée par Dieu. La température a monté légèrement, la malade s'enfuit de la place de ses patrons, part sur la voie publique poursuivie par des hallucinations qui lui enjoiguent de tuer tout ce qui est possédé par Dieu. Est arrêtée alors qu'elle brise des jouets mécaniques à l’éventaire d'un démonstrateur forain. |

Après des alternatives d’agitation extrême et de stupeur avec fièvre élevée, turbulence, refus d'aliments, activité hallucinatoire intense, la malade meurt le 40 février 1936. | |

D'après les renseignements de la famille, on note : dans. les antécédents familiaux un cousin-germain interné depuis. plusieurs années. |

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Dans les antécédents personnels, deux phases d'excilation transitoire à 14 ans, à la puberté : accès d’excita- -tion pendant deux ou trois jours ; à 18 ans, à la mort du père, accès d’excitation durant huit jours avec idées mystiques.

Depuis quelques semaines, la malade « était plus nerveuse », la famille attribuant ce changement à divers accidents survenus aux parents. Au début de janvier, dans sa chambre, elle aurait eu à deux reprises des apparitions divines,

OsservarTion XX VIEIL.

L... Paulette, femme M..., 31 ans, entre dans le Ser- “vice pour la troisième fois, le 10 septembre 1936, à la suite d’une fugue accomplie au cours d’un épisode d’excitation. Après une courte phase d’obnubilation la malade présente un état mental absolument normal si bien que sa sortie est demandée : le 16 octobre, on note une subexcitation, le 47, l'agitation est désordonnée, accompagnée -de cris et de chants ; parallèlement la température croît -êt le 22, la malade meurt en hyperthermie : 4107.

Les antécédents familiaux apprennent peu de chose : la mère de la malade est encore vivante et bien portante. Le père est mort de diabète à l’âge de 56 ans. Deux frères décédés en nourrice.

Mariée en 1926, la malade a deux enfants : une fille de ‘$ ans et un garçon de 5 ans. Le mari est en bonne santé

On note seulement que le grand-père paternel « tombait du haut mal ».

L’histoire de la malade est plus intéressante à retracer. Après une enfance normale, sans aucun retard de déve-

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loppement, Sans énurésie, sans crise convulsive. Fut une élève docile, intelligente, obtint son certificat d’études à 12 ans. À 13 ans, en 1918, elle présente un épisode d’excitation débutant par une hallucination visuelle. Voyait -« sous la voûte un homme et une femme ». Puis courte période de dépression avec fièvre. Le tout dura deux semaines et les phénomènes disparurent à l'installation des règles.

L'année suivante, nouvel accès d'excitation, plus court, soigné, lui aussi, à domicile.

En 1924, à 19 ans, un accès identique fut traité à la Salpêtrière ; il s’agit d’une crise d'excitation simple qui dure quelques jours, nécessitant un traitement de courte durée n'ayant pas dépassé un mois.

Quatrième accès en 1925, à 20 ans, nécessitant celui-là,

l’internement à Vaucluse.

C'est après cette crise, en 1926, que la malade se marie et a un enfant dix mois après. Ne présente jusqu’en 1998, le moindre épisode d'agitation. |

Cinquième accès du 13 juin au 12 juillet 1998, soigné dans le Service alors qu’elle s’occupait de sa fille, âgée de 9 mois, elle la laisse tomber, s’excite, casse tout dans la maison, gifle son père et son mari. En même temps, la température s'élève aux environs de 390, A l'arrivée, on note un herpès labial, dés contusions multiples et une tuméfaction du coude qui se révèle dû à un phlegmon. Après injection de propidon le phlégmon doit être incisé. L’agitation tombe rapidement et le 5 juillet la malade est calme, lucide; elle sort le 43. |

Le sixième accès est soigné à Ville-Evrard, en 4932, pour la seconde fois ; l’agitation est suivie d’une courte phase dépressive. Mais on note encore aü début de l'excitation

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un épisode fébrile grave. L'accès de courte durée est ter: miné en un mois.

Septième accès du 47 mars au 15 avril 1934, soigné dans le Service : même physionomie que les précédents ; agitation avec fièvre élevée. L'amélioration est extrêmement rapide.

Le dernier internement est du 10 septembre 1936. La: malade en pleine agitation part de Sainte-Anne, où elle était venue consulter sentant s'approcher une crise, elle: est retrouvée par des agents dans le Bois de Vincennes le. lendemain matin, excitée, se dénudant, chantant et criant à tue-tête. À l’arrivée dans le Service elle est déjà beaucoup plus calme et au bout d’une semaine, tous les trou-bles ont disparu. La sortie est demandée et une nouvelle crise avec fièvre élevée enlève cette fois la malade,

L'interrogatoire systématique de Mme L.. et de sa famille mettait en relief une série de détails intéressants quant à l’allure des crises. Tout d’abord les crises étaient plus fréquentes que les internements, et seuls les épisodes d’agitation confusionnelle ou ceux ayant provoqué de graves réactions antisociales étaient traités à l'Asile. C'est ainsi que de 1934 et 1936 la famille a pu noter trois accès.

Généralement, la malade sentait très nettement venir l'accès. Aucun phénomène sensoriel moteur ou psychique caractérisé, mais une impression vague et qui ne la trompait jamais. Elle restait ainsi pendant quelques heures. Nous avons assisté à cette courte phase précédant la dernière crise. Mme L... était inquiète et nous disait tristement : « Je ne suis pas bien, je crois bien que cela va revenir. »

Ses crises elles-mêmes étaient presque toujours dw

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