‹ Considérations sur la phase prodromique des délires aigusChapitre 33 sur 33 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Considérations générales.

Porot étudiant les conditions d'apparition du Délire aigu décrivait un délire aiguisé : forme de terminaison des diverses psychoses, nos diverses observations ont particulièrement mis en lumière l'importance de ce mode de début. |

Notre court rappel historique nous a montré combien, après avoir été décrit et mis en lumière par Calmeil, cette variété avait été négligée. Nous croyons cependant que son importance est capitale si l’on veut essayer de tracer une théorie générale capable d'expliquer la pathogénie du Délire aigu. | On saït combien est grave le cortège physique du syndrome, si grave que beaucoup d’auteurs l’ont placé au premier plan et comme Georget sont prêts à maintenir que le délire est un épiphénomène sans importance. Au premier rang dans ce syndrome, on doit décrire les perturbations métaboliques ; Marchand et ses élèves ont insisté sur l’urémie. Klippel sur l’insuffisance hépatique et depuis toujours l’amaigrissement considérable, la fonte des malades ont été signalés. Il n’est pas jusqu'à la température élevée ou

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l'insomnie rebelle qui ne méritent de figurer dans cette énumération.

Nous savons que les lésions même très discrètes, nous devrions plutôt dire : les perturbations dans le fonctionnement de la région du plancher du IILe ventricule de la région tubérienne. et hypothalamique, sont susceptibles de provoquer des troubles analogues. |

Récemment, des auteurs de divers pays signalaient les altérations de la région hypophyso-tubérienne, plus particulièrement du corps mamillaire et du ganglion accessoire dans les cerveaux de Délires aigus alcooliques, mais l’absence même de toute altération visible ne suffirait pas à écarter tout trouble fonctionnel dans cette région. Et l’on sait l’étroite similitude symptomatique entre le délirium-tremens et le Délire aigu.

Un autre fait nous paraît aussi particulièrement important : dans un article sur les psychoses puerpérales, Guiraud montrait tout dernièrement qu'on trouve intriqué dans la symptomatologie des éléments qui, à eux seuls, isolés, font penser à des processus mélancoliques, maniaques, catatoniques, etc... Il en est exactement de même dans les autres sortes de Délires aigus. Notre observation n° 28, met en lumière une de ces intrications symptomatiques qu'il est facile à un observateur attentif de découvrir dans chaque cas.

Nous pensons avoir démontré la relative fréquence

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-des processus rapides qui aggravent des psychoses diverses et prennent l'allure classique d’un Délire aigu. Insistons cependant sur le fait que nous n'avons jamais constaté de tel syndrome dans les asiles de banlieue où sont envoyésles malades chroniques. Nous avons demandé à nos Maîtres ou à nos Camarades Chefs de Service de Chroniques avérés: tous nous ont dit l'extrême rareté du Délire aigu chez les vieux vésaniques. Cette notion vient donc combattre l’opinion de Calmeil qui s’appuyait cependant sur une expérience clinique indiscutable. pe

À plusieurs reprises, dans nos observations, nous avons signalé les transferts multiples d’une formation hospitalière à l’autre. On sait la détestable influence que de telles pratiques peuvent exercer sur l'évolution de la maladie: retard de l’administration de la thérapeutique appropriée, traumatismes de toutes sortes infligés au malade, etc..., etc.

La cause, ou les causes des maladies mentales ordinaires celles que Georget opposaient aux « délires » sous le nom de « folies », nous sontinconnues.... Ne pouvons-nous cependant supposer qu'elles sont les mêmes qui provoquent le Délire aigu lorsque leur localisation s'établit dans la région des centres végétatifs du IIIe ventricule par exemple ? Cette hypothèse expliquerait à merveille ces cas de psychose

maniaque dépressive où chaque accès ramène un

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. Nous croyons que d’autres sauront la démontre avec des arguments plus lourds que les nôtres.

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Conclusions.

Il semble que le «Délire aigu » puisse survenir :

— soit primitivement, par un début brusque, mais extrêmement polymorphe dans son expression clinique, tantôt maniaque, tantôt mélancolique, tantôt confusionnel, tantôt catatonique, tantôt à type de bouffée délirante, tantôt encore par un mélange de ces divers éléments intriqués ;

— soit secondairement à une phase plus ou moins insidieuse et assez longue ; le plus souvent, il s’agit de troubles du caratère, mais souvent encore on voit évoluer pendant des semaines, des états psychopathiques divers parmi lesquels on trouve plus fréquemment les préoccupations hypochondriaques ;

— soitenfin comme un affection intercurrente survenant dans l’évolution d’une Psychose chronique et en particulier au cours des Psychoses

périodiques.

Vu : le Doyen, Vu : le Président de la thèse, ROUSSY. LAIGNEL-LAVASTINE.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris,

S. CHARLÉTY.

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