LES GAZ COMPRIMÉS
L’augmentation de pression de l’air respiré met en équilibre la tension de l’organisme en plongée avec la pression ambiante. Rappelons brièvement les lois physiques qui ont trait à l’augmentation de pression des gaz
1° À mesure que l'air est comprimé, sa densité s’accroit et ses propriétés se modifient. Son brassage devient plus difficile; il faut un effort respiratoire intense et la respiration doit se faire bouche ouverte; siffler et murmurer deviennent impossible en caisson à 4 kg. de pression; la voix retentit lointaine et nasillarde.
2° La tension partielle des constituants de lair augmente de facon proportionnelle à l’élévation de pression de l’air (loi de DALTON). Ainsi, la tension partielle de l'oxygène qui est de 0,2 kg. dans l’air à la pression atmosphérique, devient égale à 1 kg. à 40 mètres de- profondeur
HS ETOU LE
dans l’eau (pression de l’air respiré à cette profondeur : 5 kilogs). Et, comme l’action physiologique des gaz dépend de leur tension partielle, respirer de l’air à 40 mètres sous l’eau, équivaut à respirer de l'oxygène pur à la
pression atmosphérique.
3° La dissolution des gaz de l'air dans le sang et les tissus obéit à la loi de HENRY : la quantité de gaz dissous est proportionnelle à la tension partielle de ces gaz. Par exemple : cinq fois plus d’oxygène sont dissous dans l’organisme à 5 kgs de pression. La dissolution maxima correspondante à la nouvelle tension partielle des gaz dans les alvéoles pulmonaires est atteinte au bout d’un certain temps : on dit alors qu’il y a saturation.
Quand la tension partielle décroît, avant que l’excès de gaz dissous s’élimine jusqu’à une saturation inférieure, il y a un certain délai pendant lequel l'organisme est sursaturé. Les gaz dissous en excès sont dans un état très instable : ils risquent de reprendre leur forme gazeuse sur
place.
4 Les solubilités de l'oxygène, du gaz carbonique et de lazote sont différentes. À la température du corps (37°), elles dépendent de leur nature chimique et des substances dans lesquelles ils se dissolvent. L’azote, par exemple, se dissout dans le plasma deux fois moins abondamment que l’oxygène, — pour une même tension partielle d’O? et de N? —; le coefficient de solubilité de l’azote dans ce liquide organique étant égal à 0,012, tandis que celui de lPoxygène est égal à 0,024. Mais du plasma
dans les lipoïdes de l’organisme, l’azote se dissoudra cinq