‹ Considérations sur la Physio-Pathologie de la Plongée en Scaphandre Autonome: A Circuit OuvertChapitre 35 sur 62 · AAA · texte numérisé non relu

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2 Dégagement des bulles d'azote :

La quantité d’azote dissous dans l’organisme en plongée dépend du temps écoulé et de la pression subie. Quanä cette quantité est faible, l’azote ne se dégage pas brutalement sur place lors d’une remontée rapide. Ce fait a permis d'établir une courbe de sécurité en fonction du temps passé . et de la profondeur atteinte, courbe au-dessus de laquelle les accidents de décompression ne risquent pas de se produire après une remontée rapide. Au-dessous de cette courbe, la saturation de l’organisme dépasse un point critique au-delà duquel l’état de sursaturation à la remontée est très instable et aboutit au dégagement gazeux d’azote dans les vaisseaux.

Mécanisme du dégagement des bulles d'azote :

Un liquide peut rester sursaturé sans qu’un dégagement gazeux apparent se fasse. Les bulles se forment quand on soumet ce liquide à des à-coups de tension ou quand on favorise la formation de bulles microscopiques.

a) Dans l'organisme sursaturé en azote, les mouvements du sang, les contractions musculaires produisent des variations de tension qui favorisent le dégagement gazeux. [27] Aïünsi, les courbatures douloureuses (bends) siègent dans le système structural où s’effectuent les mouvements musculaires et articulaires. On trouve des bulles dans les veines provenant des muscles excités électriquement chez les animaux anesthésiés et soumis à la décompression. [43]

b) La formation de bulles microscopiques, de « gas nuclei> amène la formation de bulles microscopiques dans l'organisme sursaturé. Le gaz carbonique joue un rôle très important dans la genèse de ces « gas nuclei ». Par suite

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de l'effort en plongée, la tension partielle du CO? est légèrement élevée; [30] or, ce gaz a une vitesse de diffusion très grande; il se dégage alors sous forme de microbulles quand la pression s’abaisse. Mais, très rapidement, l’élimination du CO? dans les alvéoles fait baisser la tension du CO? qui se redissout des bulles dans le plasma. [27] Au contact de ces microbulles éphémères, les molécules d'azote dissoutes en sursaturation reprennent leur état gazeux et forment des macrobulles irréversibles : l’azote diffusant lentement sa tension reste élevée et il ne peut se redissoudre des bulles dans le sang. [27] Ainsi, au début de leur formation, les bulles contiennent davantage de CO? que de N?; puis les proportions de CO2, N? et O2? dans les bulles s’ajustent de façon à refléter les tensions partielles de ces gaz dans l’organisme : c’est dire que les bulles seront alors presque uniquement constituées d’azote.

Une décompréssion rapide aboutit à un état de sursaturation de l’organisme en azote : ce gaz n’a pas eu le temps de se dégager progressivement des tissus dans le sang, et du sang dans l’alvéole, lors de la remontée. L’oxygène ne risque pas de sursaturer le corps humain puisque les cellules consomment immédiatement lO?; le gaz carbonique non plus, puisque sa tension n’est que très légèrement élevée et qu’il diffuse aussitôt.

Une activité violente avant la décompression, en produisant beaucoup de CO?, favorise la formation de bulles lors de la remontée; nous avons vu le rôle important du CO? dans la genèse des « gas nuclei > éphémère au contact desquels l’azote se dégage et forme des macrobulles irréversibles. Une activité violente pendant la remortée risque également de favoriser les accidents de décompression en ajoutant au facteur CO? le facteur mécanique des à-coups tensionnels.

La présence de bulles gazeuses dans les vaisseaux détermine une obstruction mécanique à laquelle se surajoute

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un spasme vasculaire, Il en résulte d’abord une ischémie, puis, si les bulles persistent, des ruptures capillaires irréversibles. Ces lésions sont responsables des accidents de décompression qui se produisent chez les plongeurs n’observant pas les tables de remontée progressive.

Les accidents de décompression du plongeur sont identiques à ceux de l’aviateur, mais ils sont plus intenses et plus probables. [33] En effet, PICCARD a montré que, quand on décomprime de l’eau de 5 kgs. à 1 kg., on observe une effervescence brutale ; de 1 kg. à 0 kg. 200 (1/5 de kg.), un’ dégagement lent. Dans le premier cas, une bulle s’est formée quand 27.600.000 molécules gazeuses dissoutes se sont rassemblées ; dans le deuxième cas, quand 690.000.000 molécules gazeuses dissoutes se sont rassemblées. De là, une probabilité plus grande de formation de bulles chez le plongeur que chez l’aviateur.

3° Tables de remontée a) Remontée sans paliers.

Quand le plongeur fait un court séjour dans l’eau à une profondeur moyenne, la quantité d’azote qui se dissout dans son organisme est trop faible pour donner lieu à un dégagement gazeux sur place après une remontée rapide : état de sursaturation en azote du sang et des tissus est au-dessous d’un certain point critique au-delà duquel les accidents de décompression peuvent se produire.

On a pu établir, d’après ces données, une courbe de sécurité au-dessus de laquelle le plongeur peut remonter rapidement sans avoir à faire d’arrêts à des paliers de plus en plus rapprochés de la surface. 1 |

Ainsi le plongeur peut plonger à 40 mètres de profondeur, y rester douze minutes, puis remonter rapidement sans avoir à craindre d’accidents de décompression.

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b) Remontée avec paliers.

HALDANE avait remarqué que les accidents de décompression ne se produisent jamais chez les plongeurs qui remontent rapidement à la surface après avoir passé un très long séjour à 12 mètres de profondeur. [19] Leur organisme était saturé pour une pression de 1 kg. 760 d'azote (12 mètres). A la surface l’état de sursaturation de l'azote était stable puisqu’aucun accident n’a jamais pu être constaté : l’excès d’azote correspondant à cette sursaturation se dégageant lentement et progressivement par les poumons, la peau, les urines et non brutalement sur DIace:

Mathématiquement, on démontre que le volume d’azote dissous en excès est le même quand la pression ambiante

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